I. Pellkgrino Sthobel, op. cit
se soit ainsi mépris au simple aspect de ces porcs. Leurs soies de couleur brune ou noire, rendues longues et hirsutes par le genre d'existence auquel ils étaient soumis, leur sauvagerie qui ne permettait sans doute guère de les approcher, rendent parfaitement compte de sa méprise. L'observation n'a pu être que très superliciclle et n'a point permis de comparer la direction du profil de la tête, en admettant que l'auteur fût édifié à cet égard, ce qui est au moins douteux. À ma connaissance, il est arrivé au roi Humbert d'Italie de tuer dans une de ses chasses un porc marron de la même race, l'ayant pris pour un sanglier. On sait d'ailleurs que ces porcs marrons errants, dans les forêts de l'Italie centrale, sont nombreux, et qu'ils ne diffèrent guère, par leurs mœurs, non plus que par leur couleur, des sangliers de ce pays. Cela soit dit à la décharge du royal chasseur.
Arrivons enfin à la fameuse question des pigeons. En vue de donner à la doctrine de l'évolution des espèces une tournure expérimentale, il en a été souvent parlé par des auteurs qui ne semblent pas en avoir pris une connaissance détaillée. Quel est l'homme tant soit peu lettré qui ignore l'existence des « célèbres expériences » de Darwin sur les pigeons? Combien de fois ont-elles été citées comme absolument démonstratives de la transformation de ces espèces? En vérité, pour leur accorder une telle importance, il faut ne pas en connaître les résultats, ou bien se montrer, dans le cas contraire, peu difficile sur la valeur des preuves
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scientifiques. Nous n'avons à en retenir ici que ce qui se rapporte aux formes essentielles du squelette, les seules qui appartiennent à notre sujet. Le reste n'a rien de commun avec les caractères spécifiques.
On sait qu'il existe de très nombreuses variétés de pigeons, les éleveurs amateurs de ces volatiles s'étant appliqués à en créer des nouvelles. C'est un genre de sport, comme on dit en Angleterre. Darwin les a toutes décrites et en a donné dos figures, mais il les ramène à quatre types crâniens seulement, qu'il a de même représentés, et dont il indique les caractères différentiels de la manière suivante :
« Les os pris individuellement, dit-il', et surtout ceux de la base, ne diffèrent pas dans la forme. Mais le crâne entier, par son contour, ses proportions et les rapports réciproques des os, diffère beaucoup dans quelques races, comme le montre la comparaison des ligures du Bizct, du Gulbtant courte-face, du Messager anglais et du Messager bagadotten (de Neumeister). Dans le Messager, outre l'allongement des os de la face, l'espace in terorlfi taire est proportionnellement plus étroit que dans le Bizet. La mandibule supérieure du Bagadotten est fortement arquée, et les maxillaires supérieurs sont proportionnellement plus larges. Le crâne est plus globuleux cbez le Culbutant courte-face; tous les os de la face sont raccourcis, le devant du crâne et les os naseaux sont presque perpendiculaires; l'arcade