‹ L'espèce et la race en biologie généraleChapitre 23 sur 66 · Isidore (iKoPt'KuY Saint-Hilamk, op. cit., t II, p · texte numérisé non relu

Isidore (iKoPt'KuY Saint-Hilamk, op. cit., t II, p

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mérinos, le cheval anglais, le bœuf de Durham ; races assez récentes, assez bien connues dans leurs origines, pour qu'on puisse en faire l'histoire, et, pour ainsi dire, en dresser la généalogie», à partir des races, encore subsistantes, donl elles sont dérivées. »

Sur plusieurs points, ce passage aurait eu besoin d'être commenté par son auteur. Il est clair, toutefois, qu'il ne connaissait que de réputation les groupes d'animaux dont il a parlé. On ne saisit pas bien ce qu'il a voulu dire en présentant le mouton mérinos comme étant aujourd'hui séparé de la lignée commune. Qu'est-ce qu'il entendait, dans le cas, par lignée commune? Est-ce qu'il pensait que le mérinos est d'une race récente, bien connue dans ses origines ? S'il en est ainsi, il ignorait apparemment que son existence a été signalée en Lybie et dans la Péninsule Ibérique par les auteurs grecs et latins, ce qui est bien étonnant de la part d'un auteur qui a fait preuve d'une érudition si étendue. S'il a voulu seulement parler du mérinos français, venu d'Espagne à des époques connues, il ne savait pas, apparemment, que ce mérinos présente chez nous plusieurs variétés, dont aucun zootechniste, ni même aucun éleveur, n'a eu cependant l'idée de faire des races particulières. Tout cet ensemble de variétés zootechniques forme pour tous les hommes compétents l'unique race mérinos.

Pour ce qui regarde le cheval anglais, qui est sans doute le cheval de course, dit pur sang, à moins que ce ne soit le lilack Horse ou cheval noir anglais du

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comte de Norfolk, dont les autours du même genre parlent aussi volontiers, à l'appui de leur idée sur la formation des races, la chose est moins obscure. Si l'auteur a voulu désigner le pur sang, nul de ceux qui s'en occupent n'ignore que ses caractères spéciaux ne se maintiennent qu'à la condition d'une sélection sévère et de l'application indiscontinue des pratiques de l'entraînement. Sans cela l'hérédité resterait lettre morte ou à peu près. L'entraînement l'a fait ce qu'il est, l'entraînement seul peut le maintenir. L'hérédité ne transmettrait que l'excitabilité du système nerveux, appelée sang dans le langage courant. Le pur sang anglais n'est donc qu'une variété de la race asiatique, métissée d'ailleurs, ainsi qu'on l'a vu précédemment. Il en est de môme pour le cheval noir anglais, qui se produit accidentellement avec sa robe caractéristique, dans la variété du Norfolk de la race britannique.

Le bœuf de Durham n'était pas un meilleur exemple à citer. 11 en a été parlé en détail, dans le chapitre précédent, ainsi que des autres animaux comestibles anglais, pour montrer comment ont été formées les variétés qu'ils présentent. Il est à peine besoin de dire que les caractères distinetifs des variétés de ces animaux ne se maintiennent pas plus, par la seule hérédité, chez les durhams que chez les autres améliorés dans le même sens. Les faits, bien connus des gens du métier, sont trop nombreux, qui prouvent que ces caractères ont disparu toutes les fois que, méconnaissant les principes fondamentaux de la zootechnie, on a voulu

élever des courtes cornes de Durham dans un milieu agricole qui notait point propice à la conservation de leur aptitude acquise. Pour ne pas savoir que leur variété ne se maintient, elle aussi, qu'à la condition d'une sélection des plus attentives, combinée avec une alimentation des plus riches depuis la naissance des jeunes jusqu'au complet achèvement de leur squelette, il faut être tout à fait étranger aux choses de la zootechnie. En l'absence de cette condition, les individus reviennent aussitôt à l'état des sujets communs de la race des Pays-Bas, à laquelle ils appartiennent, si ce n'est même à un état inférieur. Les éleveurs d'animaux de cette variété, qu'ils appellent la race d'élite, la race u fasbionable », et qui est surtout pour eux un objet de sport, se recrutent principalement parmi les gentilshommes. Ils attachent la plus grande importance à ce que les Anglais ont nommé le Pedigree et les Performances, c'est-à-dire à la généalogie et aux qualités individuelles des reproducteurs attestées par les succes de concours.

Gela ne signifie point, à coup sur, que les qualités du durham sont devenues constantes et qu'elles se maintiennent par la seule force de l'hérédité, comme c'est le cas pour les caractères spécifiques ou typiques des véritables races. Ces caractères-là se retrouvent invariablement chez les sorthorns, si bas qu'ils puissent être tombés quant à ceux de leur variété, si défectueuse que puisse être devenue leur conformation. Je me souviens d'en avoir vu un groupe

en Bretagne, au voisinage «le la haie du Mont-Saint- Michel, qui le montrait de la manière la plus frappante. De même en Hollande, dans la province de Groninguc, près des côtes de la mer du Nord, et ailleurs aussi, dans des conditions analogues. Là, les courtes cornes introduits, qui étaient en triste état, ne se distinguaient des animaux hollandais, au milieu desquels ils vivaient, que par la couleur de leur pelage et par leur conformation inférieure. Ceux de Bretagne étaient au-dessous de tout ce qu'on pourrait imaginer. Minces de corps, hauts surjamhes, ils faisaient vraiment pitié.

Les hovidés anglais autres que les sorthorns, améliorés comme eux et par les mêmes procédés, les herefords, les devons, lesangus, ne montrent point uue plus grandeconstance, quanta leurs caractères zootechniques. On le comprend aisément, car il n'y a aucun motif pour qu'ils en diffèrent sous ce rapport. 11 serait dès lors surahondant d'examiner en détail les faits qui leur sont propres. Parlons plutôt de ceux qui nous ont été fournis pari observation des ovidésde môme origine. A leur sujet l'expérience s'est encore plus largement prononcée qu'à l'égard des premiers.

On a vu comment a été créée, il y a maintenant environ un siècle et demi, la variété des moutons southdowns. A la suite de l'Exposition universelle de 18,V), où tigurèrenl pour la première fois, en France, des représentants de celte variété poussés au dernier degré d'amélioration possihle par l'éleveur Jonas Wehh, ils furent chez nous l'objet d'un véritable engouement.

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Ces premiers représentants d'une variété tout à fait inconnue de nos éleveurs avaient, à juste titre, vivement attiré leur attention par la perfection des formes corporelles qu'ils ollraient aux regards. En vérité, dans l'aspect de ces moutons southdowns, tout est séduisant. Jusqu'alors on n'avait connu chez nous que les leicesters et les new-kent, introduits par l'Administration de l'agriculture. La supériorité des southdowns frappa immédiatement tout le monde, et, chose assez singulière d'ailleurs, on vanta partout la sobriété qui leur était attribuée. La raison de cette attribution était sans doute qu'au lieu de vivre en Angleterre, comme les leicesters. sur les plantureux herbages des comtés du Centre et sur les champs de turneps, ils étaient entretenus, dans les comtés du Sud, sur les dunes calcaires. Il en fut bientôt formé des troupeaux sur divers points de la France, notamment en Bretagne à l'École régionale d'agriculture de Grandjouan, en Berri et à la ferme impériale de Vincennes, ainsi nommée apparemment parce qu elle était située au voisinage de la plaine de Saint-Maur, sur le territoire de la commune de Joinville-le-Pont, prés de la redoute de la Faisanderie. Nous négligeons de mentionner les tentatives qui furent faites pour les introduire dans plusieurs régions du Midi.

Ce qu'il advint de toutes ces introductions, il n'est pas besoin de le signaler en détail. Bornons-nous à celles qui ont eu le plus de notoriété, en remarquant seulement, au sujet de celles qui furent faites en Berri, où

il semblait qu'elles dussent le mieux réussir, que depuis longtemps il n'y a plus, dans la région, aucun troupeau de southdowns.

Celui de Grandjouan, après avoir mené une vie misérable, tant que vécut son introducteur, M. Rielîel, propriétaire du domaine et directeur de l'École, a dû être supprimé après sa mort. Celui de Vincennes, lorsque survint la chute de l'empire, après avoir été soustrait, durant la guerre, aux entreprises de l'ennemi, fut affecté à l'Ecole de Grignon, où j'ai pu l'observer de près. Ses premières souches avaient toutes été prises dans le troupeau même de Jonas Webb. Ce qu'étaient devenus, au régime de la plaine de Saint-Maur, les descendants de ces magnifiques souches, on s'en ferait difficilement une idée sans les avoir vus. Au lieu de ces animaux au cou très court, tout juste assez étendu pour rattacher la tôte au tronc, à la poitrine haute et ample, au dos large, aux hanches écartées, au squelette réduit, il n'y avait plus que des longs cous, des poitrines étroites, des dos et des lombes rétrécis, des grands flancs et des squelettes grossiers. J'ai assisté à la restauration du troupeau, qui a exigé plusieurs années d'efforts suivis et éclairés. Elle fut due à l'habileté spéciale du directeur Dutcrtre, neveu d'Yvart, qui s'enorgueillissait à juste titre d'être comme lui un grand moutonnier. Il fit venir pour cela d'Angleterre des béliers aniéliorateurs, et il soumit, comme il convenait, les agneaux à un riche régime alimentaire, en réformant, à mesure qu'elles pouvaient être remplacées,

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les mères qui avaient périclité dans leur ancienne condition.

On pensera bien, sans doute, que ces faits ne sont pas une preuve que la variélé anglaise des soulhdowns est devenue une race se soutenant par la seule transmission héréditaire constante de ses caractères. Ils montrent clairement, eux aussi, que ces caractères se transmettent ou plutôt se maintiennent seulement à la condition de la continuité des soins qui les ont fait développer. 11 y a maintenant en France un certain nombre de troupeaux de cette variété qui ne le cèdent en rien aux meilleurs de l'Angleterre. Us le doivent à l'attention soutenue de leurs habiles éleveurs, qui savent fort bien, pratiquement, ce qu'il faut faire pour qu'il en soit ainsi. Ils n'ignorent point, comme leurs devanciers, que ce n'est pas en les abandonnant au régime commun des troupeaux ordinaires, se fiant seulement a l'hérédité, qu'ils peuvent conserver leur état d'amélioration. 11 en est de même pour les quelques petits troupeaux de leicesters que nous possédons. En Angleterre, dans les comtés du Sud, on ne s'en tient point aux ressources que peut fournir le pâturage pour alimenter les moutons améliorés. Sur les champs où ils vivent durant la plus grande partie de l'année, on dispose des râteliers mobiles où leur sont distribués des aliments importés. J'ai vu cela notamment dans le Hampshire.

Il me parait suffisamment établi, par ce qui précède, que les caractères de variété ne sont point susceptibles

d'être fixés, de devenir héréditaires dans la mesure indiquée, de devenir par conséquent constants dans le sens attribué au mot par les auteurs. Ces caractères ne jouissent point, comme ils le prétendent, d'une constance absolue', ils ne se maintiennent que par l'action de conditions extrinsèques. Cette action venant à cesser, ils disparaissent infailliblement. Par cela même qu'ils résultent de variations, ils doivent de toute nécessité être soumis à la variation. Et c'est ce que les faits, méconnus ou ignorés par ceux qui ont soutenu et ceux qui soutiennent encore le contraire, mettent en pleine évidence. Dès lors, si la caractéristique de la notion de race devait être celle qui a été donnée par nos auteurs, si la qualité de race ne pouvait appartenir qu'aux variétés devenues constantes et héréditaires, il est bien certain qu'aucune des variétés animales connues ne mériterait celte qualité.

Les anthropologistes se sont sur le sujet affranchis de l'erreur. Aujourd'hui, il ne semble plus qu'aucun d'eux considère, à l'exemple de de Quatrefages, les races humaines comme des variétés d'une espèce unique, devenues constantes et héréditaires. S'ils tiennent compte, dans leurs descriptions de ces races, des caractères secondaires sur lesquels on vient de s'expliquer, ils ne les distinguent réellement entre elles que par ceux tirés des formes crâniennes. Autre crAne, autre race, a dit dans le temps l'un deux à la Société d'Anthropologie de Paris. Le soin qu'on prend partout de viser avant tout la cràniologie et la crûiiiométric

montre bien que tel est l'avis unanime. Les formes crâniennes, elles, sont bien en effet constantes, ainsi que nous l'avons prouvé par tous les faits connus. Elles se transmettent infailliblement invariables dans la suite des générations, depuis le nombre incalculable de siècles que les observations peuvent embrasser. C'est une loi incontestable cbez tous les êtres de rembranchement des vertébrés.

Mais, si telle est l'habitude de langage usilée en anthropologie, autrement dit dans le domaine scientifique, le terme de race appliqué aux populations humaines n'en est pas moins pour cela employé abusivement par les littérateurs et les publicistes, et même par les historiens. A chaque instant ils nous parlent de la race française, des races latines, confondant ainsi la notion de race avec celle de nation ou de peuple. L'histoire bien connue de la formation de notre national ité aurait dû cependant apprendre à quiconque est quelque peu lettré que, s'il y a un peuple français et une patrie française, caractérisée par l'unité de sentiments et d'aspirations, par la mentalité de ses nationaux, par ses traditions glorieuses entre toutes, il ne peut point y avoir de race française. La raison en est que ce peuple s'est formé par de nombreux mélanges de races, qui ne pouvaient manquer de se croiser entre elles et de se métisser, par le fait même de la fusion que le temps a opérée sous le rapport de la mentalité. Si cette fusion là n'est pas douteuse, et c'est elle qui fait la force de notre nation, il est démontré que celle

des caractères physiques différentiels est impossible. L'un de nos chapitres précédents l'a établi irréfutablement.

L'ayant constaté par ses études spéciales, un auteur a cru pouvoir en conclure que la notion de race n'était point applicable en anthropologie. H s'est, a coup sûr, grossièrement trompé. Il se fût sans doute aperçu de son erreur s'il avait seulement songé à la race juive, dont les caractères, si bien tranchés, ont persisté à travers les siècles, pour des raisons faciles à saisir. Cette race, après sa dispersion, s'est répandue parmi tous ou presque tous les peuples de l'Europe, sans s'y mêler en aucune façon, étant l'objet d'une réprobation qui ne s'est pas encore complètement effacée. Et ce n'est pas la seule qui se soit conservée; intacte. Mais de ce que d'autres races se sont mélangées, ce n'est pas à dire pour cela que leurs caractères aient disparu. La réversion les fait à tout moment réapparaître à nos yeux. On reconnaît maintenant parfaitement, chez nous et ailleurs, la race celtique, par exemple, qui même s'y montre à l'état de pureté dans certaines localités, comme en Savoie, en Auvergne, en Morvan, en Brctagne, en Irlande et en Ecosse, ainsi que Paul Droca, Hovelacque et Hervé Font établi dans des mémoires bien documentés.

Mais c'est précisément parce que le peuple français est composé de plusieurs races, les unes autochtones, les autres venues du dehors par immigration ou par invasion, comme l'histoire nous l'apprend, c'est pour

cela qu'il ne peut pas être question d'une race française, à quelque point de vue qu'on se place.

L'expression de races latines est-elle mieux fondée? En aucune façon. On entend par là désigner les peuples du Midi de l'Europe, les Italiens, les Roumains, les Espagnols et les Français. L'influence latine sur la mentalité de ces peuples n'est pas à contester. Les uns s'en réjouissent, les autres le déplorent. Nous n'avons pas ici à prendre parti. S'il en était autrement, nous nous rangerions peut-être plutôt du côté des derniers. Mais la raison donnée plus haut, à rencontre de l'existence d'une race française, vaut également pour les autres populations dites latines. Il n'y a pas plus de race italienne, de race roumaine, de race espagnole, que de race française. Conséquemment, il n'y a point de races latines, mais seulement, si l'on veut, en se plaçant au point de vue de la mentalité, des peuples latins. Le terme, ni dans le sens qui a été démontré faux, ni dans le vrai sens, n'est nullement applicable dans le cas.

Quel est ce vrai sens? c'est ce que nous allons voir maintenant.

La notion de race ne s'applique qu'aux êtres organisés qui se multiplient par génération sexuelle. Sa signification essentielle se tire donc avant tout de la succession des générations dans le temps. Son application à ceux qui, comme les infusoires et les êtres appelés maintenant microbes, se multiplient par scissiparité, est dés lors un abus. Lorsqu'on constate, dans

les dérivés d'un de ces êtres microscopiques, une propriété ou des propriétés particulières différentes de la sienne ou des siennes, ces dérivés ne constituent point une race, mais une simple variété, encore bien que leur caractère se montrerait permanent. Le même fait se présente dans les espèces minérales, et personne n'a songé à admettre des races de minéraux. 11 s'est trouvé un auteur pour parler de races de mulets, dont l'infécondité est notoire ; mais une telle absurdité est restée absolument personnelle à cet auteur.

En outre, de l'avis unanime, la notion de race comporte la reproduction intégrale, constante, des caractères des ascendants. Ainsi qu'on l'a vu au début de ce chapitre, il n'en a pas toujours été de la sorte. Durant longtemps, le seul fait de la filiation des individus, abstraction faite de leur ressemblance, suffisait à caractériser la race. Kn réalité, du fait des lois de l'hérédité, cette ressemblance se trouvait nécessairement impliquée dans la délinition. En eflct, il ne s'agissait alors que de reproduction entre individus de même origine et, par conséquent, semblables. Or les semblables engendrent leurs semblables, comme Linné l'a dit le premier. 11 paraissait donc superllu de mentionner ce qui allait de soi. Et, quoi qu'en ait pu dire Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, au siècle de Voltaire et de BulTon, la notion de race, pour tout le monde, et pour ces deux grands hommes en particulier, n'était corrélative que de celle d'espèce. Il est facile de s'en assurer en consultant leurs ouvrages. Voici, par

exemple, un passage de Voltaire où le sens est clair, à son ordinaire, par la propriété des termes. « Le fait est, dit-il 1 , que la race d'Ismaêl a été infiniment plus favorisée de Dieu que la race de Jacob. L'une et l'autre race a produit à la vérité des voleurs, mais les voleurs arabes ont été prodigieusement supérieurs aux voleurs juifs. Les descendants de Jacob ne conquirent qu'un très petit pays, qu'ils ont perdu ; et les descendants d'Ismaêl ont conquis une partie de l'Asie, de l'Europe et de l'Afrique, ont établi un empire plus vaste que celui des Romains, et ont chassé les Juifs de leurs cavernes, qu'ils appelaient la terre de promission.» N'est-il pas évident que, dans ce passage, le terme de race ne correspond qu'à l'idée de descendance ?

Mais ButTon a été encore plus explicite dans la phrase suivante - : « L'espèce de l'aigle commun est moins pure, et la race en paraît moins noble que celle du grand aigle. » N'est-il pasd'uneévidence manifeste que dans cette phrase BufTon applique aux mêmes objets, qui sont l'aigle commun et le grand aigle, les deux termes d'espèce et de race ? Pour l'un et pour l'autre, il distingue la forme, qui est l'espèce, et la race, qui est la descendance ou l'ensemble des individus passés, présents et futurs de celte espèce. On ne comprend pas, d'après cela, qu'une autre conception du sens de ces deux termes ait pu lui être prêtée. Pour lui comme pour Voltaire, et aussi pour tout le monde de leur

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