CARACTÈRES OSTÉOLOGIQUES — ANGLE FACIAL
>ii les envisage dans leurs, rapports réciproques, on voit apparaître de nouveaux traits fournissant autant de caractères parmi esquels il en est de réellement importants.
Rappelons d'abord qu'il peut y avoir harmonie ou dysharmonie între ces deux grandes régions. La tête est harmonique chez le ^ègre dont le crâne et la face sont également allongés, chez le Mongol qui réunit les deux caractères contraires ; elle est dysharnonique, avons-nous vu, chez le vieillard de Gro-Magnon et chez liomme de la Truchère, mais par des raisons inverses.
Cuvier a cherché le rapport du crâne et de la face en sciant la ;éte d'avant en arrière et mesurant directement les surfaces de A section. 11 a trouvé que chez le Blanc la face représente enriron les 0,25 du crâne, les 0,30 chez le jaune, et les 0,40 chez le noir. Ces résultats concordent pleinement avec ceux qu'a ronmis l'étude du prognathisme.
Cette différence relative du développement de la face conduisit Camper à la conception de son célèbre angle facial. Frappé de voir les peintres représenter les Nègres comme des Blancs peints en noir, il rechercha les caractères anatomiques de la tête dans ks trois types humains, et signala comme propre à les distinguer l'angle formé par deux lignes : l'une allant du conduit auoitif à la racine du nez, l'autre tangente au front et à l'os du nez^ tontes deux étant tracées sur une projection verticale du modèle. Camper se servit de sa méthode pour distinguer les produits de l'art grec de l'art romain. Il traça ainsi une échelle décroissante ^chefs-d'œuvre de la statuaire aux singes non adultes. Je la «produis, non pour sa valeur réelle, mais à raison de l'importance qu'on lui a attribuée. Voici d'après Camper les variations 4e Tangle facial.
Statues grecques iOO*
Statues romaines 95
Race blanche 80
Race jaune 75
Race noire 70
Singes supérieurs jeunes.* 65
Geoffroy Saint - Hilaire et Cuvier, M. Jules Cloquet, Jacîuard ont adopté diverses manières de déterminer l'angle facial; Morton, Jacquard, M. Broca ont imaginé des instruments pour le mesurer directement. M. Topinard, après avoir examiné les diverses méthodes, se prononce avec raison pour celle de ÏÏoquet, q li place le sommet de l'angle au bord alvéolaire, '^cquard avait choisi l'épine nasale, tout en faisant remarier que la différence des deux angles ainsi obtenus pouvait servir à mesurer le prognathisme.
Camper, ou plutôt ceux qui sont venus après lui, ont voulu l^oir dans la grandeur de l'angle facial un signe de supériorité intellectuelle. Son échelle graduée a évidemment entraîné dans (^e fausse voie. Les faits pathologiques auraient dû suffire pour
montrer combien on s'égarait. Le travail de Jacquart a mis du reste ce fait hors de doute. L'auteur a constaté dans la population blanche et intelligente de Paris une différence de 16», c'està-dire G" de plus que la distance admise depuis Camper comme séparant le Nègre du Blanc. Jacquart a de plus constaté ches nous l'existence de l'angle facial de 90o, angle que Camper croyait appartenir seulement aux représentations idéalisées de la forme humaine. Or cette supériorité angulaire remarquable n'était nullement accompagnée d'une intelligence réellement exceptionnelle.
Si de la signification psychologique nous passons à la signification anatomique, j'aurai à faire des remarques analogaes. On a beaucoup discuté pour savoir par quel point devait passer en haut la ligne faciale qui, avec la ligne horizontale, forme Tangle de Camper. On a voulu éviter les sinus frontaux et chercher dans l'angle facial des indications relatives aux dimensions de l'encéphale et non celles de tel ou tel os. Je pense au contraire qu'il faut se contenter de ces dernières et ne pas aller au deli Il est évident que les dimensions de l'encéphale sont indépendantes de la position du point frontal, et qu'il peut être pins ou moins étendu à droite, à gauche et en arrière de ce point, sans que l'angle facial en soit affecté d'une manière quelconque.
La détermination exacte des moyennes de l'angle facial n'en aurait pas moins sa valeur, comme toutes celles qu'on peut relever sur le corps humain, s'il y avait entre ces moyennes une distance suffisante. Mais M. Topinard a montré que cette différence n'atteint pas trois degrés. Sans renoncer d'une manière absolue aux idées de Camper, on voit que la science possède aujourd'hui des caractères préférables à celui qu'il avait découvert.
Un angle plus important est Vangle pariétal antérieur^ formé par deux lignes tangentes de chaque côté de la tête au point le plus saillant de 1 arcade zygomatique et à la suture frontopariétale. En prenant le second point de repère sur le point le plus saillant des bosses pariétales, on obtient Vangle pariétd postérieur, Prichard avait donné le nom de têtes pyramidaki à celles chez lesquelles ces lignes convergent. J'ai cherché à le mesurer directement avec un instrument de mon invention et mes premières recherches me conduisirent à des résultats que je crois intéressants. Cet angle a son sommet tantôt en haut, tantôt en bas et peut aussi être nul, quand les deux tangentes sont parallèles. 11 est donc tantôt positif, tantôt négatif. Ce dernier cas se présente toujours chez des fœtus et enfants nouveaux-nés de toute race. L'angle négatif se retrouve aussi chc^ les adultes. Ce trait parait avoir été très-prononcé chez Cuvier, à en juger par un beau portrait du grand naturaliste encore jeune. Je l'ai trouvé de — 18° et de — 22® chez deux personnes vivantes, toutes deux remarquables par leur intelligence. Le maximum positif que j'ai observé sur un crâne d'Esquimau était