‹ L'espèce humaineChapitre 19 sur 160 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

On voit que la variation de race à race chez le cheval est deux fois plus considérable que chez l'homme, presque trois fois chez le mouton et le lapin, et quatre fois chez le chien. La différence est peut-être plus marquée encore chez la chèvre et le bœuf, à en juger par les termes de comparaison qu'emploient quelques voyageurs.

Si, après nous être occupés des dimensions çénérales du corps, nous comparions les différences de proportion que présentent d'un côté les races animales, de l'autre les groupes humains, nous arriverions à des résultats analogues. Mais sans entrer ici dans les détails il suffit de rappeler au lecteur le chien lévrier et le basset. .

V* — Un des caractères extérieurs les plus singuliers et sur lesquels on a insisté souvent comme ne pouvant être qu'un caractère d'espèce est celui que présentent les femmes boschismânes. On sait qu'elles porient au bas des reins une masse graisseuse dont la saillie est souvent considérable, comme on peut le

voir dans la Véntts hottentote dont le moule est ati Muséum. €ette stéatopygie se retrouve du reste chez certaines tribus nègres placées fart au nord de la race Houzouana. Bien plus livingstone aous apprend que certaines femmes de Boërs, d'origine hollandaise mcontestable, commencent à en être atteintes. Ce développement local exagéré du tissu adipeux perd par cela seul la valeur au'on a voulu lui attribuer.

Mais la stéatopygie existât-elle seulement chez les Houzouanas, on ne pourrait pas pour cela la regarder comme un caraetère d'espèce, car on la constate chez les animaux où elle n*est qu*un caractère de race. Pallas a constaté ce fait chez certains moutons de TAsie centrale. Chez ces animaux la queue disparaît et se réduit à un simple coccyx, à droite et à gauche duquel sont placées deux masses graisseuses hémisphériques pesant de trente à quarante livres. — Ici encore la variation est proportionnellement plus forte que chez la femme boschismane.

Dira- 1- on que ces moutons constituent une espèce à part? Non ; car lorsque les Russes amènent ces mêmes moutons hors des contrées où ils sont nés, la stéatopygie disparait en quelques générations. Ce n'est donc qu'un caractère de race, lequel ne peut se conserver que là où il a pris naissance, comme on l'observe dans une foule d'autres cas.

YI. — Il est évident que le caractère précédent est tout autant interne qu'extérieur ; il est évident aussi que la taMle, les proportions du tronc et des membres, ne peuvent varier sans que le squelette et les muscles qui s'y attachent éprouvent des modifications correspondantes. Les caractères anatomiques changent donc de race à race chez les animaux, aussi" bien que les caractères extérieurs. Il est pourtant un certain nombre de faits qui relèvent plus directement de l'anatomie; j'en citerai quelques cas.

Chez le chien il existe normalement aux pieds de devant cinq doigts bien formés, aux pieds de derrière quatre doigts complets et un cinquième rudimentaire. Ce dernier disparait chez certaines races presque toutes de petite taille. Dans certaines grandes races au contraire il se développe et devient égal aux quatre autres. Il y a alors formation d'os correspondants au tarse et au métatarse.

Quelque chose d'analogue à ce que nous venons de voir chez le chien se montre aussi chez le porc, mais compliqué d'un phénomène nouveau. Ici le pied normal porte deux petits doigts latéraux rudimentaires et deux doigts médians ayant chacun leur «abot. Or dans certaines races déjà connues des anciens, il se dé veloppe un troisième doigt médian et le tout est enveloppé dans un seul sabot. De fissipède^qii'esi le type normal de Vespèce, la race devient aolipède.

Rien de pareil ne se voit jamais chez l'homme. Dans toutes le« races les pieds gardent leur composition ordinaire aussi bien •diez le Boschisman que chez le Patagon. Toutefois quelques ex«

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