‹ L'espèce humaineChapitre 37 sur 160 · THÉORIES DE DARWIN ET DE HAEGREL · texte numérisé non relu

THÉORIES DE DARWIN ET DE HAEGREL

qneae. — Un animal marcheur ne peut pas descendre d'un uàmû grimpeur. C'est ce qu'a très-bien comçris Vogt. Tout en plaçant l'homme au nombre des primates^ il n'hésite pas à déclarer que les singes les plus inférieurs ont dépassé le jalon (ancêtre commun) d'où sont sortis en divergeant les différents types de cette famille.

Il faut donc rejeter l'origine de l'homme au-delà du dernier ange, si l'on veut conserver une des lois les plus impérieusement nécessaires à l'édifice doctrinal darwiniste. On arrive ainsi aux fmimiens de Haeckel, les loris, les indris, etc. Mais ces animaux sont aussi des grimpeurs ; il faut donc aller chercher encore plus knn notre premier ancêtre direct. Mais au-delà, la généalogie tracée par Haeckel nous présente les didelphes.

De l'homme au Kangourou la distance est grande, on en contiendra. Or, ni la nature vivante ni les reste fossiles des animaux éteints ne présentent les types intermédiaires qui devraient au moins la jalonner. Cette difficulté embarrasse fort peu Darwin ; wms savons qu'il y répond en disant que l'absence de rensei-

Cments sur de pareilles questions est une preuve en sa faveur, ckel sera sans doute tout aussi peu embarrassé. Nous l'avons TU admettre un homme pithécoïde absolument théorique et ce n'est pas la seule fois où il use de ce procédé en dressant son tableau généalogique. Voici entre autres ce qu'il dit des sozoures (14' degré), amphibies également inconnus à la science : « La preuve de leur existence ressort de la nécessité de ce type intermédiaire entre le IS© et le 15^ degré. »

Eh bien, comme il est maintenant démontré que, de par le darwinisme même, il faut renvoyer les origines humaines audelà du 18* degré i comme il devient par conséquent nécessaire de combler la lacune des marsupiaux à l'homme, Haeckel admettra-t-il quatre groupes intermédiaires inconnus au lieu d^un? Complètera-t-il ainsi sa généalogie? — Ce n'est pas à moi de répondre.

V. — Darwin et Haeckel trouveront à coup sûr fort étrange <pi'nn représentant des vieilles écoles, qu'un homme qui croit à «réalité de l'espèce ait la prétention de connaître mieux qu'eux 'a portée réelle des lois du darwinisme et de signaler de graves ^lis dans les applications qu'ils en ont faites. Plaçons-nous A)nc sur le terrain des faits. Là nous allons trouver d'abord la preuve que toute cette généalogie pèche par la base et repose sirune erreur anatomique matérielle.

Darwin et Haeckel rattachent tous deux la série simienne à ^type qui serait représenté aujourd'hui par les lémuriens que Ifi savant allemand désigne sous le nom de prosimiens, Darwin ûe motive guère cette opinion que sur quelques caractères tirés «^particulier de la dentition. Haeckel remonte à l'embryogénie.

On sait que chez tous les mammifères à l'exception des marsupiaux (Kangourou, sarrigue) et des monotrèmes (ornitho- 'yique, échidné), il existe un placenta, organe essentiellement

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composé par un lacis de vaisseaux sanguins qui unit la mère an fœtus et sert à la nutrition de ce dernier. Gnez les ongulés, les édentés et les cétacés, ce placenta est simple et diffus^ c'est-àdire que les villosités sanguines naissent sur toute la surface des enveloppes du fœtus et sont en rapport direct avec la surface interne de la matrice. Chez tous les autres mammifères et chez l'homme, le placenta est double; la mère et le fœtus ou mieux l'enveloppe externe de celui-ci en fournissent chacun la moitié. Une memnrane spéciale appelée la caduque tapisse l'intérieur de la matrice et relie les placentas. Haeekel, attachant avec raison une grande importance à ces différences anatomiques, partage les mammifères en deux grands groupes : les ïndécïauates, qui manquent de caduque, et les déciauates, qui en ont une.

Chez ces derniers le placenta peut entourer l'œuf maramalogique comme une ceinture (zonoplacentatres) ou bien former une sorte de gâteau circulaire plus ou moins développé [discoplacen-taïres). Lliomme, les singes, les chauves-souris, les insectivore» et les rongeurs présentent cette dernière disposition et forment ainsi un groupe naturel auquel ne peut se rattacher aucum. mammifère zonoplacentaïre et, à plus forte raison, aucun indéci-^ duate.

Haeekel ajoute sans la moindre hésitation ses prosïmtens auac groupes que je viens d'énumérer, c'est-à-dire qu il leur attribua une caduque et un placenta discoïdal. Or les recherches anatomiques de MM. Alphonse Milne Edwards et Grandidier, faites sur des animaux rapportés de Madagascar par ce dernier, ont mis hors de doute que les prosimiens du savant allemand manquent de caduque et ont un placenta diffus. — Ce sont des tndécïduates. Loin de pouvoir être les ancêtres des singes, d'après les principes posés par Haeekel lui-même, ils ne peuvent pas même être regardés comme les ancêtres des mammifères zonoplacentaires, des carnassiers par exemple, et doivent être rattachés aux ongulés, aux édentés ou aux cétacés.

Darwin et Haeekel répondront peut-être que lorsqu'ils ont dressé leurs généalogies, l'embryogénie des prosimiens n'était pas connue. Soit. Mais alors pourquoi les faire figurer dans le tableau comme un de ces intermédiaires auxquels on attache tant d'importance? N'est-ce pas toujours le même procédé, consistant à considérer fînconnu comme une preuve en faveur de la théorie? On voit quelle est la valeur de cette sorte de preuve.

VI. — La nécessité bien démontrée, je pense, d'aller chercher ailleurs que chez les prosimiens l'intermédiaire obligé entre les marsupiaux et les singes n'infirmerait pas la parenté entre ces derniers et l'homme. Mais il est d'autres faits inconciliables avec cette hypothèse.

M. Pruner-Bey résumant les travaux descriptifs et anatomiques faits jusqu'à ces dernières années, a montré que la comparaison âe l'homme aux anthropomorphes met en lumière un fait général, sujet à fort peu d'exceptions, savoir : l'existence d'w«

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