‹ L'espèce humaineChapitre 59 sur 160 · INFLUENCE DU MILIEU ET DE LA RAGE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU MILIEU ET DE LA RAGE

t est possible de les combattre. L'homme peut donc, où qu'il aille, ' Intter contre la nature et améliorer au moins ses conditions d'acclimatation. Il était impossible jusqu'ici d'assainir rapidement une contrée entière. C'était là un de ces travaux que le temps semblait seul pouvoir accomplir, trop souvent au prix d'hécatombes humaines. L'introduction de 1 eucalyptus parait devoir au moins diminuer ces sacrifices dans une large proportion.

Pourtant, dût l'arbre amené d'Australie par M. Ramel justifier toutes nos espérances, on n'en devrait pas moins apporter quelque soin dans le choix de la station. Je montrerai tout à Fbenre comment, dans les contrées les plus dangereuses en apparence, il existe souvent des points circonscrits où l'acclimatation se fait presque d'emblée. Il est clair que les nouveaux airivants devraient rechercher avec soin ces localités privilégiées ety planter leur tente. C'est presque toujours le contraire qui s'est fasse, qui se passe encore. On s'est laissé séduire avant tout par tt beauté, par la fertilité des terres d^alluvion situées à l'emboudmre de quelque cours d'eau, sur les rives de quelque baie propre à faciliter le commerce, sans songer à leur insalubrité. On s'y est installé, on y a bâti, sans s'inquiéter des pertes que comblaient de aonyeaux arrivages ; et l'on est resté ainsi sur des plages pestilentielles comme celles de Batavia.

T. — Je ne pourrais parler ici avec quelcjue détail des actions dn milieu sur les races humaines sans anticiper sur des considérations qui seront mieux à leur place dans un autre chapitre. Je me borne à indicjuer un fait très-général et qui intéresse au phs haut degré le problème de l'acclmiatation.

On sait que les races animales et végétales d'une même espèce, tont en restant au fond accessibles aux mêmes influences, ont hors aptitudes propres; et qu'en particulier, telle afiTection trèsli^ente chez l'une sera au contraire rare chez l'autre. Il en est exactement de même pour les races humaines.

Les miasmes paludéens agissent de la même manière sur tous les hommes. Le Nègre souffre et meurt de la fièvre sur les bords dn Niger, mais beaucoup moins que le Blanc. Il y a plus : les deox races transportées dans llnde conservent à cet égard presque le même rapport. Comparé aux races locales, le Nègre

Pie encore la supériorité ; il est partout le moins atteint par émanations paludéennes. Né dans une contrée où on les res- ^ à peu près partout et toujours, descendant d'ancêtres qui oèsles temps préhistoriques ont vécu dans cet air empoisonné, fl est plus que tout autre homme acclimaté à ce milieu ; par cela même il prospérera sans peine là où le Blanc souffrira longtemps.

Kl revanche, le Nègre a la poitrine délicate ; et aucune race i^^est aussi sujette à la phthisie, tandis que le Blanc européen ^ le Malais meurent bien plus rarement de cette maladie.

^ différences extrêmes présentées par le Nègre et le Blanc

166 ACCLIMATATION DB L'ESPÈCE HimAIIII

d'Europe fl résulte qae Ie&con<fifioB6 générale» de l^cclimatation sont opposées pour ces deux races. Un air raoyennement chaud mais imprégné d'émanations paludéennes est dangereux poai l'Européen; un froid himiide même modéré tve le Ifègre.

Ges quelques Ikits suffisent pour fiûre confnrendbre que les con^Btîons de Faed^atation yarient de race à race ; que l€ même milieii ne saurait exereer le même genre d'action sardes races différentes et que l'acclimatation complète, la naturalisatvm^ ne peut résulter que de l*barmome de ces deux termes : la race el leimliea

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