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nes contre l’expression : « Espérances messianiques » (1).
Il écrit à ce sujet: « À en croire la manière dont les locutions courantes sont formées, les espérances d’avenir
sont entièrement subordonnées à la personne du roi futur;
mais c’est dire, à l’avance, que la promesse du Messie est tout, ou du moins la principale chose, dans l'avenir qu’on espère. Or, nous verrons qu’à l’épreuve la chose se trouve bien différente. Nous aurions donc pu remplacer le terme espérances messianiques par espérances relatives à un royaume à venir, à une restauration future; tout bien considéré, nous avons choisi ce titre : Les espérances du peuple d'Israël relatives à son avenir. »
Il est étrange qu’un théologien, après avoir bien considéré tout, passe l’éponge sur le problème qu’il s’est chargé d’élucider. Le Messie se transforme en un royaume, puis le royaume en avenir, et l’avenir enfin... en nuages. L'histoire la plus colorée, la plus cohérente qui fût Jamais, se dissout dans un pâle délayage de vagues pressentiments ou d’ambitions niaises, et l’Ancien Testament lui-même, avec sa longue lignée de héros et de voyants, et ses arches monu-
mentales jetées, siècle après siècle, par dessus l’abîime de.
(1) Un penseur comme Rothe aurait été bien étonné de ces griefs. Cf.
ses belles pages sur la prophétie : « Die Weissagung (Offenbarungs
wort) geht der Manifestation (Offenbarungsthat) zur Seite, und ist daher auch, wie diese, was die altkirchliche Theologie übersehen hat, ein sich organisch in sich entwickelndes geschichtliches Continuum... Das teleologische Verständniss eines historischen Details ist der allein richtige Verständniss desselben. » Or, « die Offenbarung ist das vorbereitende Mittel zur endlichen Bewirkung einer wirklichen’ Erlüsung. » De là : « AIS Voraussagung künftiger Erlüsung ist die Weissagung Wesentlich
Verheissung, also Heilsverheissung oder messianische Weissagung »-
(Zur Dogmatik, 112, 113).
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l'inconnu, se résume finalement dans ce truisme fade : « Les espérances que les Israélites, à différentes époques, ont fondées sur un avenir glorieux, promis à leur nation, ont joué un rôle important dans l’histoire du peuple Juif. » Et encore le mot « promis » est-il trop fort ; voici la pensée définitive de l’auteur : « Les espérances des Israélites relatives à leur avenir, se fondent sur le rapport qu’ils ont conçu entre eux et lâvé, leur dieu. Toutes les bénédictions du présent et de l’avenir étaient acquises à sa nation, à la seule condition qu’elle se conformât aux exigences de son souverain. — Voilà la thèse excessivement simple que nous trouvons presque à chaque page des documents qui nous sont restés de l’histoire religieuse des Israélites. » Excessivement simple! en effet; le critique s’est jugé luimême.
En définitive, que reste-t-il dans la Bible excessivement simplifiée? (1) Avec le Messie disparait le Royaume de Dieu ; avec le Royaume de Dieu tombe Israël. Celui-ci n’est plus qu’un peuple sans mandat, dont l’orgueil insensé fait la pitié des penseurs. « L’idée messianique n’est point la conviction abstraite que la justice finira par prévaloir. Le phénomène que nous présentent les idées d’avenir chez les
Israélites est un phénomène local, temporaire et renfermé
(4) Le processus de simplification excessive est lié à l’inévitable évocation de l’Interpolateur. Exemple : « Esaïe 2 : beaucoup de nations diront: Montons à la montagne d'Idvé. Tout bien considéré, ce passage fameux nous semble donner prise au doute. Il arrive d’une façon assez abrupte, et dépasse le cercle des idées familières au prophète. Il pourrait donc être une addition postérieure, » Une fois de plus, nous nous étonnons de la marchandise que recouvre le pavillon : « Tout bien considéré, »
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dans des limites précises. Les espérances d’avenir n’appartiennent ni à l’ensemble de la population, ni à la masse des hommes cultivés, ni au corps des prophètes; elles sont le lot d’un parti religieux déterminé, une fraction du parti iâviste, le parti iâviste-puritain..… Et nous réduisons les espérances d'avenir des prophètes iâvistes-puritains pendant les VIIIe, VITe et VIe siècles à ce seul point: Restauration religieuse et politique d'Israël, après un sévère châtiment. Tout le reste est détail. » |
Tout le reste, c’est-à-dire Dieu dans l’histoire. En vérité, une pareille reductio ad absurdum de la thèse que nous combattons, et cela par ceux-mêmes qui la défendent, suffit à notre projet. Il est démontré que les notions du Messie et du Royaume de Dieu sont solidaires; celle-ci est la fin dont la première est le moyen. Elle en est’ non seulement le moyen, mais le gage. En effet, écrit Orelli : « Gette perfection que la prophétie fait briller devant nous, elle s’est déjà réalisée dans un être humain, dans la personne de celui quiétait, à la fois, Fils de l’homme et Fils de Dieu. Dans ce fait merveilleux, nous lisons déjà la domination du
Seigneur sur la terre. Et voilà pourquoiles saintes voix des
prophètes ne répondent pas seulement aux besoins de leur peuple ou de leur temps, mais aux aspirations les plus nobles du cœur humain. Car ces voix, à l’envi, répètent le nom du Christ, et montrent encore aujourd’hui au monde ce qu'il pourrait trouver dans le Messie, De plus, elles rappellent au chrétien que les étoiles du matin s’allumèrent une à une, et brillèrent durant de longs siècles, avant l'apparition du soleil promis. De la sorte, elles continuent
à diriger nos regards, par delà l’époque actuelle, jusqu’à la consommation du Royaume de Dieu » (Orelli, op. cit...
Prophétisme, c’est le Messianisme, explicite ou implicite ; le Messianisme, c’est la vision surnaturelle, la proclamation a , £ obéissante, et l'attente inébranlable du Royaume de Dieu (1).
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