‹ L'espérance chrétienne (volume 2)Chapitre 17 sur 72 · UE A · texte numérisé non relu

UE A

rénovation intellectuelle et morale, et dans sa beauté : resplendissante. Mais de là à endosser les erreurs courantes, il ya loin. Naturellement, il fut un temps où le torrent 12 nous emportait, nous aussi ; comment résister aux témoi- & | gnages accumulés des théologiens contemporains? Ils ne : sont pas d'accord sur le Christ; mais sur cette ques- 3 tion-là, l’unanimité tend à s'établir. Nous aurions donc joint nos suffrages aux leurs. Mais nous ouvrimes, un matin, les Actes des Apôtres, avec cette idée bien légitime : examinons comment parlaient et vivaient des gens qui se levaient, Eu chaque jour, avec l’idée qu'ils pourraient bien ne pas se = ÿ coucher le soir... vu l’imminence de la catastrophe suprême. |

Le résultat de notre enquête confirma nos soupçons : il M ne reste plus qu’à souffler sur une légende. À qui fera-t-on croire que Pierre, par exemple, escomptait la fin du monde pour le lendemain, lorsqu'il disait : « La promesse est pour vous, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur les appellera? » (Actes 2/39). Ailleurs encore, il dit : « Pour vous les premiers, Dieua suscité son Serviteur » (3/26); l'Évangile obtiendra donc d’autres victoires. Le même apôtre raisonne ainsi avec L Ananias : « Si tu n’avais pas vendu ton champ, nete seraitil pas resté? » (5/4) I] n’est donc pas vrai qu’une panique universelle se fût emparée des propriétaires, et qu'ils ü vendissent leurs biens parce qu’il ne valait plus la peine de posséder. Au chapitre 6, l'Église est si loin de croire à son enlèvement dans les nues, qu’elle s’organise, crée dans son sein des charges régulières, et institue le. Diaconat. Si la prédication de Philippe en Samarie, «annonçant la bonne nouvelle du Royaume » (8/12) était la répétition lugubre d’un message à la Jonas : « Encore

PA, Cor

| Hp 09 AR) 0 e ;

ST PI PS OU PO yAP si

au dat ne de 2 de

quarante jours et cette ville sera détruite, » on ne comprend pas bien la trainée de joie que l’évangéliste laissa derrière lui (v.8) ni la délégation apostolique, dépêchée de Jérusalem, pour intercéder en faveur des nouveaux chrétiens, déjà croyants et baptisés, mais qui n'avaient pas reçu le Saint-Esprit. À quoi bon les préparer à la vie, puisque la fin est 1à? Au chapitre 9, le Seigneur dit à

Ananas : € Saul est un instrument que je me suis choisi

pour porter mon nom devant les païiens » (1). Au chapitre 11, un prophète « annonce par l’Esprit, » non pas que la fabrique du monde va crouler, mais € qu’une grande famine règnera sur toute la terre. » Au chapitre 13, l'Église organise à loisir une expédition missionnaire, et pendant ce voyage, Paul affirme en ces termes la réalité de son mandat : Voici ce que le Seigneur nous à commandé : Je t'ai établi pour être la lumière des nations, afin de répandre le salut jusqu'au bout de la terre. » Certes, ce n’est pas là de l’Adventisme!

Dans une seconde tournée missionnaire, après la vision du Macédonien, les évangélistes s’embarquent pour l'Europe : « Nous comprenions que le Seigneur nous appelait à y annoncer la bonne nouvelle » (16/10). Encore une fois, est-ce le joyeux message que la Macédoine va

. brûler d’un jour à l’autre? Lors de son troisième voyage,

Paul se fixe à Éphèse, pendant deux années entières, annonçant, comme à l’ordinaire, «le Royaume de Dieu » (19/8 à 10 — 20/95.) On ne supposera pas que l’apôtre ait consacré deux ou même trois années consécutives (20/31)

(4) Cf. 26/16, 17 : « Je te suis apparu pour l’élire témoin... des choses pour lesquelles je l'apparaitrai, en te délivrant du peuple et des nations vers lesquelles je l'envoie. »

er.

VE

ER, ile ser" AR TE Dee ia The SE SRE ANNE D ÉRT LL AN ETAD ARRETE TES ee 2 LS F ML bte. ÿ sa U + pi FRAME 2 RL M TL A RUE PAS Las h Eee 2 + 7 CNET RS CE ENT TERRA R Tia t CON ae PAS TARN NE TS x { nn OT 1% PURE : VERS PES

140 j CHAPITRE CINQUIÈME

à prédire la fin du monde pour le lendemain; on à même 5 lieu de croire que l'opposition haineuse des Juifs se fût montrée moins intransigeante, si l’eschatologie chrétienne eût offert autant de ressemblance avec l’eschatologie rabbinique; on se rappelle, en effet, qu’en plein sanhédrin, les pharisiens ne craignirent pas de prendre fait et cause pour Paul sur le sujet de la résurrection (Actes 22). Enfin, à la #0 veille de sa captivité, quand il se sépare solennellement 7. des disciples, l’apôtre s’exprime-t-il autrement qu’on ne s’exprimerait à l'heure actuelle? Y a-t-il, dans ses adieux, À un seul mot qui laisse percer l’idée que la chaine des événements va être brusquement brisée, et qu’elle ne se déroulera pas jusqu’au bout? S'il refuse de s'arrêter à Éphèse, est-ce pour arriver à Jérusalem avant Ja Parousie? Non, « c’est pour y être, si possible, le jour de la Pentecôte; » il y a donc pour Paul, comme pour nous, des points | fixes dans l'avenir. Et s’il consent, néanmoins, à entretenir Ê les anciens d’Éphèse, est-ce pour faire briller à leurs yeux l’imminence d’une rencontre possible avec lui dans les airs? Nullement : (Je sais que vous ne verrez plus mon visage... Paissez donc l’Église de Dieu: car, après mon départ, des. loups se glisseront parmi vous. »

En résumé, le livre des Actes des apôtres, classique en la matière, n'apporte aucun argument en faveur d’une hypothèse controuvée (1). Nous serions donc bien étonné

(1) Bovon, qui défend cette hypothèse, reconnaît loyalement qu'on ne peut l’étayer sur les Actes. « Plusieurs déclarations des écrits apostoliques montrent que l'Église comptait fermement sur une délivrance prochaine. I! est vrai que ce point n’est quère abordé dans les discours . que reproduit le livre des Actes. Il faut avoir recours à des enseignements parallèles, Je suppose que l’épitre de Jacques, par exemple, ou = que l’Apocalypse, ouvrages postérieurs à la période des origines, ensei-

s’il nous fallait statuer une contradiction entre les prédications de Paul et ses écrits. Or c’est là, pourtant, ce qu’une certaine critique exige de nous; on affirme, aujourd’hui, comme un axiome, que l’apôtre enseigna l’imminence de la Parousie dans la première épître aux Thessaloniciens. Il est vrai que, ni dans la prédication de Paul à Thessalonique (Actes 77), ni dans la deuxième épître aux Thessaloniciens, où Paul réfute expressément une erreur grossière, on ne découvre rien qui justifie l’aberration momentanée dont l’apôtre se serait rendu coupable. On trouve même, dans la première épître, maint passage qui est en opposisition absolue avec le délire intérieur qu’on attribue à saint Paul, transformé en extatique : dans sa lettre, il revient à chaque instant sur son désir de revoir les Thessaloniciens,

et sur son espoir d'effectuer ce voyage pour compléter ce

qui « manque à leur foi; » il les supplie d’abonder de plus en plus dans la sainteté, et de s’affermir toujours davantage dans l’amour fraternel (4/1, 10); il les exhorte au travail manuel, à l'intégrité dans les affaires ; à chaque ligne, enfin, il les suppose engagés dans les liens de la famille et dans

gnent la venue imminente du Seigneur : ne peut-on pas affirmer qu'à plus forte raison cette espérance était vivante chez les premiers disciples ? Une idée de ce genre était de nature à s’affaiblir avec le temps... » (Théoi. du N. T., Il, 63). N’insistons pas sur l'argument en lui-même, que le clergé romain serait heureux d'utiliser en faveur de la transsubstantiation, Nous ferons seulement observer que la deuxième épitre à Théophile, en tout état de cause, a été rédigée après la première, et que l'Évangile de Luc, à son tour, ou bien est postérieur à la littérature paulinienne, ou bien contemporain des écrits de Paul. Comment donc le rédacteur du livre des Actes aurait-il échappé, tout seul, à lesprit dominant alors dans l’Église dégénérée (c’est-à-dire victime d’une formidable aberration eschatologique), si cette erreur exercait, réellement, sur l’ensemble des chrétiens, la néfaste puissance qu’on lui attribue sans preuves ?

ie

AE Ra ON FR M Ke AN ; Na Nat

nue

le tourbillon commercial de la cité, et son but patent, en. leur écrivant, est de les pousser à la sanctification dans les

divers domaines de leur activité terrestre. Eh bien, tout cela est nul et non avenu pour l’exégèse que nous combattons, car l’apôtre a écrit, dans la même épitre : € Nous, les vivants restés pour l’arrivée du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis; nous, les vivants restés, nous serons ravis sur des nuées à la rencontre du Seigneur » (4/15). : |

On nous concèdera que ce passage n’est pas différent du passage suivant : Q« Voici un mystère : nous ne dormirons pas tous, mais nous serons tous changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette » (1 Cor. 15/51). Or, si l’apôtre, en écrivant sur ce ton aux Corinthiens, avait

posé les prémisses du raisonnement qu’on prétend retrou- .

ver dans l’épitre aux Thessaloniciens, il n’aurait pas ajouté, aussitôt après, avec la tranquillité d’un homme qui escompte l’avenir : « Donc, mes frères, abondez toujours dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain

dans le Seigneur... Que chacun de vous, chaque premier jour de la semaine, mette à part ce qu’il a pu gagner. Et

lorsque je serai arrivé, j’enverrai à Jérusalem, pour porter votre don, les personnes que vous aurez approuvées. Peutêtre séjournerai-je auprès de vous, ou même y resterai-je

l'hiver; car je ne veux pas vous voir en passant. Cependant, :

je demeurerai à Éphèse jusqu’à la Pentecôte. » Est-ce là le langage d’un individu qui croit la fin du monde venue, chaque fois qu’un nuage errant obscurcit le disque du

soleil? On pourrait suggérer, il est vrai — pauvre défaite —:

que l’apôtre, dans la pratique, parlait nécessairement comme tout le monde, et qu’en formant tant de projets, il rejetait momentanément, hors de sa pensée, l’imminence

4e 2 1 ” à ù ré PS Po, RS NE ET EPP PAU LE "LUN KE

2 Vi verre dr

Page 1