I. — LES DISCIPLES SE SONT TROMPÉS
Entre la thèse grossière des incrédules, qui prétendent que le Messie flatta ses adhérents par la perspective d’une récompense prochaine, et l’apologie d’un Hengstenberg, d’après lequel une illusion qui soutenait le courage des apôtres était une erreur providentielle/Christologie, IV-443), la gamme des hypothèses est complète.
Jésus, dit-on, a parlé de sa Parousie en attribuant au terme trois sens différents : 1° La Parousie eschatologique : Retour pour le jugement (Luc 77/24). — 2° La Parousie historique : une série de hauts faits, échelonnés au cours des siècles, par lesquels Jésus manifeste sa puissance de Messie glorifié, et prophétise la victoire de sa cause ici-bas (Mat. 26/64, 28/20). — 3 La Parousie spirituelle : retour invisible de Jésus, consécutif à la distribution de l'Esprit (Luc 77/20, 22/69; Jean 76/16).
On se résout aisément à la deuxième et à la troisième :
interprétation ; mais que peut bien signifier la première? Colani {Jésus-Christ et les croyances messianiques de son temps, 1864) essaye en vain de s'affranchir des textes; pour cela, il recourt à la louche théorie d’une « accommodation » de Jésus aux idées contemporaines ; (hypothèse qui surprend péniblement, sous la plume d’un homme qui accuse les disciples d’erreur, afin d’innocenter le Maitre infaillible!) De plus, Colani recourt aux réactifs dissolvants
d’une critique sans frein. « C’est de l’hypercritique, s’écrie
(1) Nous suivrons, dans cette discussion, l'ouvrage si complet de Weiffenbach : Der Wiederkunftgedanke Jesu.
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Weiffenbach.. (1) La critique la plus violente a seule pu conduire Colani à une conclusion de ce genre : « Nous le disons sans aucune hésitation : non, Jésus n’a pas espéré revenir du ciel pour achever son œuvre. En mourant, il l'avait achevée complètement, telle qu’il l'avait conçue » (p. 15).
Pour s'affranchir des textes, il faut suivre un autre chemin. Voici comment s'exprime Baur /Vorlesungen
über neutestamentliche Theologie, 1864) : « Dans la doc-
trine de la Parousie, il faut distinguer, d’une part, le contenu substantiel — d’autre part, les modifications apportées au fond par le cerveau juif des disciples, » C’est ainsi qu'on sépare la caséine du petit lait. Le résultat de l’opération exégétique est le suivant : Jésus a prédit sa Parousie spirituelle, en employant le langage imagé des prophètes. Malheureusement, et selon le « sort tragique de
tous les hommes extraordinaires » (Schenkel), Jésus resta
incompris. [Il semble qu’un homme aussi extraordinaire aurait dû percer à jour le quiproquo; il n’en fut rien; et ses disciples se lancèrent, tête baissée, dans la plus grossière erreur. Au surplus, l'espérance d’une prompteet glorieuse Parousie leur fournissait la synthèse nécessaire entre ces deux concepts contradictoires : Jésus est Le Messie! et : le Christ est mort! | Quelle fut la conséquence de ce malentendu monumental? L'Église judéo-chrétienne mit, dans la bouche du Seigneur lui-même, ses propres rêves; si bien que l’eschatologie du Maitre, telle qu’elle s'offre à nous dans les Évangiles, nous
(1) Dans les passages où le Christ s’attribue le rôle de juge à la fin des temps, Colani affirme que le mot juger peut signifier : l'apport d’un témoignage décisif contre ses adversaires, devant le tribunal (p. 167). {
est parvenue à travers trois prismes trompeurs : a) le prisme des descriptions prophétiques (le « jour de Jéhovah »); — b)le prisme des conceptions juives (le Messie qui établira son règne avec éclat; — c) le prisme des idées rabbiniques (les « dolores Messiæ, » les catastrophes qui précèderont immédiatement sa venue. (Hase : Das Leben Jesu, 1865. — Bertholdt : Christologia Judæorum Jesu apostolorumque ætate, 1821).
En vérité, on regarderait ces conclusions d’un autre œil, si elles s’expliquaient par l’angoisse de la foi, par le désir loyal et véhément d’absoudre, coûte que coûte, Celui dont ses contemporains disaient : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme. » Mais Weiffenbach prend soin
de nous avertir que les théologiens énumérés plus haut, ne
méritent pas qu’on les marque au fer rouge : non, non,
ils ont fait preuve d’une absolue impartialité; ilsont étudié
la vie de Jésus-Christ comme on étudie les mœurs des céphalopodes, et s'ils s'étaient oubliés jusqu’à interroger, en présence du Maître, leur sentiment chrétien, on aurait eu le devoir d'imposer silence à cette voix intempestive « par un Mulier taceat in ecclesia! »
Soit. La discussion nous sera moins pénible, puisque, décidément, nous ne sommes pas dans le sanctuaire. Schenkel dit, du reste : Pour démontrer que Jésus ne s’est
pas trompé, inutile d'abandonner le terrain de la critique historique. En effet :
40 Il y a contradiction entre la grandeur intellectuelle
de Jésus et des imaginations fantastiques, dignes d’un cerveau malade. Autrement, remarque Weisse /Die evangelische Geschichte kritisch und philosophisch bearbeitet), il ne serait plus vrai d'affirmer qu’un figuier ne peut porter des chardons. « Il est inadmissible, écrit Reuss, que la religion
de Jésus partout ailleurs si pure, si spirituelle, si essentiellement dégagée de tout alliage terrestre, ait eu pour couronnement une eschatologie aussi grossièrement matérialiste » [Histoire de la Théologie chrétienne au siècle apostolique, I, 247, 253). « Quoi! s’écrie Colani, Jésus se serait considéré comme son propre précurseur, précurseur humble et doux d’un Messie violent et terrible? Sa vie aurait été la préface chrétienne d’un poème juif? »
20 Les paroles qu’on prêle au Seigneur sur sa Parousie visible, contredisent d’autres paroles, parfaitement limpides, qui décrivent le caractère intérieur et spirituel de son Royaume.
3° Les espérances apocalyptiques attribuées à Jésus ne s'accordent pas avec ses propres prédictions de sa mort; car s’il avait réellement partagé ces espérances, il n’aurait jamais annoncé sa fin tragique sans ajouter, tout d’une haleine, qu’elle n’engloutirait pas la gloire du Messie.
4° Du reste, comment aurait-il annoncé aussi nettement son retour, puisqu'il n’a pas même annoncé clairement sa résurrection ? Il est vrai que le texte actuel des Évangiles revêt d’une forme précise les prophéties de la résurrection ; mais Jésus n’a pu les prononcer telles quelles : oracula post eventum !
o° Enfin, Jésus, en reprenant les fils de Zébédée, en corrigeant leurs conceptions charnelles, s’est exprimé de manière à bannir de son propre horizon la vision de la Parousie.
Telle est l'argumentation. Il ne reste plus qu’un pas à franchir, pour effacer de l'Évangile la notion même du jugement dernier. Colani s'y résout pour des raisons de forme : les passages où il est question du jugement, sont interpolés ou inauthentiques, ou bien ne signifient plus
ce qu’ils veulent dire, grâce à de légères modifications du texte. Baur, de son côté, aboutit à la même conclusion, pour des raisons de fond : Jésus n’a pu se nommer le futur juge de l'humanité, que dans la mesure où la valeur morale des individus sera évaluée d’après la doctrine évangélique, doctrine dont la personne du Christ est inséparable.
Telle est la position que défend l’école aprioriste. Mais après cet examen général à vol d'oiseau, il est nécessaire d’entrer dans le détail de la discussion.
Entrons-y sur les pas d’un théologien bien connu, dans nos églises, par ses travaux eschatologiques. Dans la préface de son étude sur La vie future d’après l’enseignement de Jésus-Christ, Bruston se pose, härdiment, en champion de l’apriorisme. « Quand j’ai entrepris mes recherches, je me demandais non sans inquiétude, comment le point de vue spiritualiste, si visible dans la plupart des pages des Évangiles, se concilierait avec le sens eschatologique qu’on donne habituellement à quelques paroles-du Sauveur. FPai eu la satisfaction de voir ces quelques textes s'expliquer, les uns après les autres, dans un sens analogue à celui des premiers. » Voilà une inquiétude et une satisfaction bien compréhensibles, puisque l’auteur est parti du principe que l’enseignement de Jésus était idéaliste, au sens philosophique du mot (nous ne disons pas « spiritualiste, » parce que nous estimons que la doctrine opposée a le droit de revendiquer aussi ce beau titre.) Or, il est évident qu’à première vue, les Évangiles emploient un langage peu rassurant pour l’école de Bruston; et quand elle réussit à canaliser, à briser dans son élan majestueux et sauvage, à filtrer enfin goutte à goutte le fleuve torrentueux des intuitions hébraïques, il est clair qu’elle a le droit de -
et
savourer la joie de la difficulté vaincue. D'autant plus qu’on a contre soi, et notre auteur l’avoue, la tradition apostolique : « Quelque respect que nous ayons pour les apôtres, s’il faut choisir entre leur enseignement et celui de Jésus- Christ, le choix du chrétien ne saurait être douteux. » Bruston ajoute que ses idées « diffèrent de celles de la dogmatique ecclésiastique. » Sur ce point, nous nous permettrons d'émettre une réserve. L’eschatologie de Bruston est la conclusion logique des prémisses posées par la doctrine ecclésiastique; le prétendu hérétique n’est qu’un orthodoxe conséquent. Si les prémisses philosophiques et religieuses de l’orthodoxie sont vraies, elle ne peut conserver rationnellement des superfétations comme les . dogmes de la Parousie, de la résurrection des corps et du jugement dernier. Il faut savoir gré à Bruston de l’avoir montré. Le titre même de son ouvrage prouve à quel point son esprit — d’ailleurs si indépendant — se meut dans les cadres du traditionnalisme : « La vie future d’après l’enseignement de Jésus-Christ. » Avec toute la déférence que nous devons à un maitre respecté, nous sommes obligé de constater que ces simples mots contiennent tout un système, et que ce système, à nos yeux, est fragile. Lorsqu'on prend l’histoire pour guide, peut-on réellement affirmer que Jésus a donné un enseignement sur la vie future? II a parlé des choses finales, c’est-à-dire de son triomphe per- sonnel, impliquant celui des siens, mais il a peu parlé de la vie future. Et si l’on prétend identifier la vie future avec ce que l’Église appelle « le ciel, » alors il est peut-être permis d'affirmer que Jésus n’en a jamais parlé. Assurément — et en cela nous sommes d’accord avec l’honorable exégète — assurément, l’eschatologie ecclésiastique est encombrée de concepts hétérogènes, encombrée
de données qui sont en contradiction avec les axiomes fondamentaux de l’orthodoxie. Mais alors, que faut-il en conclure? La géologie nous a enseigné que s’il y a des coquilles sur les montagnes, c’est que la mer a passé par là; il ne suffit pas, avec Voltaire, d’alléguer les poches des pélerins. En présence de ces coquillages, il n’y avait, en effet, que deux partis à prendre : ou nier leur existence, ou transformer la conception générale du monde. La situation est la même, en ce qui regarde l’eschatologie actuelle ; puisqu'elle renferme des fragments inassimilables, il faut nécessairement ou les pulvériser — et c’est le procédé de l’apriorisme ; ou reconstruire l’édifice de la théologie — et c’est la tâche à laquelle s'emploie le réalisme.
Nous reviendrons plus tard sur ces observations, qui trouveront leur place dans notre second volume. Maiselles étaient nécessaires pour orienter le lecteur, et pour justifier la place que nous assignons à Bruston parmi les exégètes aprioristes. Notre auteur dit, dans sa préface : « Puisque le Nouveau Testament tout entier représente la venue de Jésus comme prochaine, qu'est-ce qui autorise à supposer que Jésus-Christ en avait parlé comme d’une chose lointaine et perdue dans les brumes d’un avenir indéfini? » N’avonsnous pas le droit d'employer le même raisonnement et d'ajouter : « Puisque le Nouveau Testament tout entier représente la venue de Jésus-Christ comme réelle, qu'est-ce qui autorise à supposer que Jésus en avait parlé comme d’une chose spirituelle, et perdue dans les brumes d’un idéalisme mal défini? »
Mais laissons la parole aux textes. Bruston estime que la doctrine de la venue prochaine et glorieuse du Fils de l’homme repose d’aplomb, sur quatre pieds solides. Voici les quatres passages en question :
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1° Mat. 16/27, 28 et parallèles. « Le Fils de l’homme va venir dans la gloire de son père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite. Amen, je vous le dis, quelques uns qui sont ici présents ne goûteront point la mort, qu’ils n'aient vu le Fils de l’homme venant dans sa royauté. »
On se rappelle les efforts de Haupt pour démontrer que ces deux pensées ont été arbitrairement juxtaposées. Voici, au contraire, l’avis de Bruston : « Ces deux versets parlent bien de la même venue. Le premier doit se traduire avec Keil : Le Fils de l’homme va venir plutôt que doit venir: car il motive la promesse du v. 25 : « Celui qui aura perdu sa vie à cause de moi, la retrouvera. » Il la retrouvera bientôt, car le Fils de l’homme ne tardera pas (us) à revenir. » — Singulière élasticité du document évangélique ! Haupt s’efforçait de disjoindre deux textes consécutifs ; Bruston essaie de les faire rentrer l’un dans l’autre, en transformant la traduction du mot ua. Il nous est impossible de souscrire à cette version. Si les termes uéAket Foycolar impliquaient l’imminence de la venue, comment traduirons-nous ce passage, emprunté au même évangéliste : «ÿtôs êoru HAsias 6 HEAXwV #oyecûa? Entre la prophétie de Malachie et l’apparition de Jean-Baptiste, il s’est écoulé des siècles. Le verbe #1 exprime simplement, ici, l’idée de futurition. Cela ressort assez clairement d’un passage comme Actes 26/22, 93, ou de la formule aüv 6 uéMuv, qui ne signifie pas le siècle imminent, mais le siècle à venir.
Cela posé, nous estimons que les v. 27 et 28 ne peuvent se rapporter au même fait; car, si le v. 28 implique une venue matérielle du Messie glorifié, le Seigneur s’est trompé; et d'autre part, si le v. 27 désigne une venue spirituelle du Christ, Jésus a induit ses disciples en
erreur. — Mais, dira-t-on, comment statuer une pareille solution de continuité logique entre les deux propositions? — En affirmant qu’elles ne se rapportent pas au même fait, nous prétendons qu’elles se rapportent bien à la même réalité; elles visent deux moments différents du même procès organique. D. H. Meyer écrit fort justement : «À son origine, le Royaume des cieux se confond avec la personne du Fils de l’homme; — lors de sa consommation, le Royaume des cieux embrassera tout un peuple de bénis
du Père, dans un monde renouvelé; — entre cette période
initiale et cet état final du Royaume, se place la période de développement dont la venue du Fils de l’homme est le point de départ » /Le Christianisme du Christ, p. 205). A ce point de vue, on comprend pourquoi les prophètes n’ont jamais mentionné une deuxième venue du Messie, et pourquoi Jésus n’a jamais parlé, en termes exprès, de son « retour. » Car la naissance de Jésus ici-bas, et sa Parousie, sont le début et la fin d’un même événement : sa venue. Il est venu, il vient, il viendra; voilà le résumé de l’histoire. C’est pour les yeux qu’il reviendra; non pour la pensée et pour la foi.
Dès lors, en ce qui regarde l'interprétation de notre passage, nous prenons une position intermédiaire entre Weiïffenbach qui « matérialise » le v. 28, et Bruston qui « spiritualise » le v. 27.
En ce qui regarde le v. 98, il faut l’interpréter à la lumière des passages parallèles : « Jusqu'à ce qu’ils voient le règne de Dieu venant avec puissance » (Marc 9/1; Luc 9/27). Cette venue, dit Beyschlag (NT. Theologie I, 194), n’est pas un point isolé, mais une ligne continue, partant de Bethléem et aboutissant à la Parousie; Haupt remarque avec justesse que le terme ?::504 a une signification com-
A sde TA
plexe ; ainsi, quand il est appliqué aux débuts du ministère public de notre Seigneur, il ne désigne pas seulement un acte spécial, mais l’ensemble de sa mission : Mat. 5/17, 9/13, 10/34, 11/19. De plus, quand Jésus-Christ promet d’être présent partout où deux disciples seront assemblés, cette présence constante implique une venue ininterrompue.
. Et comment faut-il se représenter cette venue du règne de Dieu, que quelques uns verront? S'agit-il de la Résurrection, ou de la Pentecôte? Mais en affirmant que quelques uns de ses auditeurs vivront assez longtemps pour contempler cette venue, Jésus recule l’événement en question dans un avenir plus ou moins éloigné! (1) S'agit-il de la ruine de Jérusalem ? L'identification, aujourd’hui classique, de cette épouvantable catastrophe avec la venue de Jésus- Christ, empêche les esprits de sursauter quand les théologiens énoncent, comme un axiome, ce paradoxe brutal. S'agit-il, enfin, de la Parousie finale? Les mots : &« Ils ne mourront point jusqu’à ce qu’ils aient vu, etc. » semblent indiquer, suffisamment, que les témoins de l’événement
mourront après y avoir assisté! (C£. Stier : Reden J'esu, II,
P. 994). Sans vouloir découvrir dans les paroles du Seigneur la prédiction de tel ou tel fait déterminé, il suffit d'y retrouver la prophétie des merveilleux triomphes réservés à sa cause dans l’espace d’une génération. Haupt écrit très bien : « Jésus rattache indissolublement le Royaume de
Dieu à sa propre personne; où il est, là est le Royaume, et
| (1} Bonnet, qui identifie cette venue avec la Pentecôte, sent la force de l’objection. Aussi a-t-il recours à une interprélation qui se juge ellemême : « Le règne de Dieu, qui s'établit dans les âmes, n’est vu que par la foi qui nous y introduit, »
176 CHAPITRE SIXIÈME j
réciproquement. Si donc, pendant son ministère ici-bas, il a salué la présence du Royaume sur la terre, à plus forte raison peut-il décrire les temps qui suivront sa glorification. comme une venue du règne de Dieu, plus éclatante encore. À coup sûr, le Messie ne s’attend pas à ce qu’un sommeil hibernal enveloppe son Royaume, après sa propre élévation » (p. 145). En résumé, le Seigneur dit à ses disciples : « Si vous trouvez trop long d’attendre le jour de mon advènement, je pourvoiray par bon moyen et d'heure, que la longueur ne nous ennuye. Car devant qu'il vous faille mourir, vous apperceverez de vos yeux ce règne de Dieu, en l’espérance duquel je vous commande de vous arrester. Voyci le vray et naturel sens du passage » (Calvin : Commentaires]. Tel est notre sentiment. Et nous en trouvons la confirmation dans d’intéressantes observations de Dorner. {De oratione Christi eschat.]. Mazel écrit à ce sujet : & Dans Marc 9/1, Jésus affirme que quelques uns des assistants verront venir, ou plutôt venu (?leluiviay) le Règne de Dieu en puissance. Dans Mat. 76/98, il dit que sa génération verra le Fils de l’homme venant en son Règne. Dorner se plaint de ce que Strauss a audacieusement omis ces derniers mots, en reproduisant le passage. En effet, Jésus n’enseigne jamais que ses contemporains verront sa personne glorifiée. Quand il s’agit de la Parousie définitive et visible, il n’est plus parlé simplement de la venue du Règne en puissance; il y a des désignations précises, des formules comme consacrées, pour cette sublime manifestation : («Le Seigneur viendra sur les nuées avec les anges... » Dans Mat. 76/27, Jésus avait parlé de la Parousie réservée aux derniers temps; au verset suivant, il promet pour ainsi dire les arrhes de sa venue : Quelques uns de ceux qui sont ici, verront le Fils de l’homme venant en son Règne. »
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Aussi, Bruston a-t-il senti la valeur du v. 27; il ne peut se résoudre à effacer, purement et simplement, la déclaration relative aux anges. C’est une Qarabesque apocalyptique, » s’écrie Weiffenbach — et il ajoute : &« Nous biffons (p. 196). » On comprend la protestation de Bruston : «La désinvolture avec laquelle bon nombre de critiques allemands, Hilgenfeld, Keim, Weiffenbach, etc., traitent les Évangiles, et déclarent inauthentiques les paroles attribuées par eux à Jésus-Christ, est vraiment effrayante. »
Haupt, qui admet l’authenticité du passage, déclare que l’escorte angélique est la forme imagée d’un concept religieux : l’Hébreu se représentait le Dieu qui juge, entouré des armées célestes ; Jésus a donc voulu dire que le jugement présidé par le Messie serait le jugement de
Dieu lui-même. Nommer les anges, c'était une manière
d'affirmer que le Royaume serait établi « par des moyens transcendants. » Et qu’on ne vienne pas reprocher au Seigneur d’avoir peint, ainsi, un tableau artificiel : sans doute, «il n’a possédé la réalité que sous l’image, mais avec l’image il possédait la réalité; ces représentations sensibles étaient pour lui l’emblème de quelque chose de supérieur, et qu’il ne pouvait saisir autrement. » Il est vrai qu’on accuse l’auteur de spiritualisation arbitraire ; mais quoi! il ne supprime pas la réalité qui se cache derrière l’image ; diminue-t-on la personnakté de Dieu en
Jui refusant, malgré le langage biblique, des mains et des
oreilles ? Assurément, la venue de Jésus-Christ sera personnelle; mais cela n’implique pas qu’elle sera perçue par les sens. — Alors, comment s’apercevra-t-on de sa présence? L'Espace et le Temps subsisteront-ils? — « Assurément, Jésus ne s’est jamais posé ces questions. » A la bonne heure; nous aimons cette loyauté. Weiffen-
bach nous montrait ce que le Seigneur n’a pu dire ; Haupt nous indique ce qu’il n’a pu penser (1). Le premier supprime le passage à expliquer; le second l’évide; dans + l’un et l’autre cas, on échappe à la nécessité de statuer, | dans l’avenir, une venue réelle du Maître.
Il est intéressant de constater que Bruston arrive à la même conclusion, tout en admettant que le mot ange signifie ange. À première vue, la gageure paraît impossible à tenir ; puisque notre théologien a la franchise de prendre
les mots dans leur sens véritable, il ne pourra pas
échapper à la conclusion qui s'impose, quand on lit naïve- } ment cette limpide affirmation : « Le Fils de l’homme. viendra avec ses anges. » Eh bien, si! Et voici comment. Les anges, dit Bruston, habitent le ciel et non la terre;
donc, c’est dans le ciel que Jésus vient; or, venir dans le
ciel, c’est y rester. En conséquence, la phrase: Le Fils de l’homme viendra (évidemment, sur la terre) avec ses anges — signifie : Le Fils de l’homme ne viendra pas (sur la terre), mais il restera avec ses anges (qui sont dans le ciel). — Mais le ciel où habitent les anges, n’est DOUTE pas un cachot où ils sont enchaînés! :
Pour corroborer cette interprétation, Bruston Gta A Mat. 25/31 : « Quand le Fils de l’homme sera venu dans sa gloire et tous les anges avec lui, alors il siègera sur son.
trône glorieux, et toutes les nations seront assemblées …
devant lui. » Pour comprendre le raisonnement de notre exégète, il faut se rappeler qu’il paraît donner au verbe venir le sens du verbe partir. Jésus, avant de quitter ses
(1) Cf, plus loin la critique de ces procédés, au chap. XI.
disciples, leur disait : Je m’en vais (4). — Mais non, répond l’exégèse, il revenait ! — Voici, en effet, comment il faut entendre Mat. 25/31 : « Jésus s’assied sur son trône (lors de lPAscension) au milieu des anges (dont le séjour est le ciel). Toutes les nations sont assemblées devant lui (il les voit à ses pieds) et (du haut de cette gloire) il sépare (à la mort de chaque individu) les justes et les méchants. »
C’est à la lumière de ce commentaire qu'il faut relire Mat. 76/27. Le jugement dont il s’agit là, c’est celui « que le Christ glorifié prononce sur tous les hommes, au moment de leur mort. Et c’est là, nécessairement, ce que Jésus a entendu par sa Parousie. »
Que penser d’une telle hypothèse? Bovon écrit à ce sujet : (On a contesté jusqu’au sens immédiat et naturel des
textes qui semblent les moins équivoques. Bruston, par exemple... La’ plupart des critiques repoussent avec
raison, me paraît-il, cette exégèse. Comparez l’appréciation qu'en donne Lobstein (Theol. literatur Zeitung, 1892 — 4, p. 89, 90). Il ne faut pas se laisser entrainer hors des limites d’une interprétation légitime, par le désir de n’attribuer au Sauveur qu’une doctrine censée cohérente,
et digne de lui » (Théol, du N. T., p. 459).
En résumé, le passage Mat. 76/27 ne peut être allégué en faveur de la proximité d’une Parousie spirituelle.
20 La parabole des mines (Luc 19/11-27). Chacun sait que cette parabole a été prononcée par Jésus € parce qu’on croyait qu’à l'instant le Royaume de Dieu allait paraître; » il parle donc pour détruire cette erreur. De ce discours, Bruston tire la conclusion opposée : « L'homme de grande
{4} « Je monte, » disait Jésus. L’Ascension ne s’est pas produite de
haut en bas.
Me 2 À
naissance, écrit-il, va dans un pays éloigné pour recevoir un pouvoir royal et revenir, évidemment peu après. Jésus annonce clairement qu’il reviendra bientôt. » Évidemment? Clairement? Où sont les preuves? Haupt, au contraire, affirme avec raison que le Maître a toujours prévu et prédit. un intervalle entre son existence terrestre et l’établissement du Royaume : « Jesus hat von vornherein mit einer Zwischenzeit zwischen seinem irdischen Leben und der durch ihn erfolgenden Vollendung des Gottesreiches gerechnet » (p. 107).
Après avoir simplement avancé que la parabole annonce un prompt retour du Maître, Bruston entreprend de démontrer qu'elle décrit un retour figuré. Voici l'argumentation :
a] « Cette parabole offre certaines analogies avec celle des noces du fils de roi (Mat. 22/1-14). Le fils de roi et l’homme de grande naissance désignent également Jésus- Christ. » Bruston agit prudemment en parlant de certaines analogies. Dans la parabole des mines, le roi estle Messie ; dans celle des noces, le roi est Dieu. Dans la première, les serviteurs sont de véritables personnages, auxquels le monarque confie une part du gouvernement ; dans la deuxième, les serviteurs sont de simples domestiques, chargés de transmettre une invitation à dîner. Dans la première, l’idée centrale est l’absence du roi, temps d’épreuve; dans la seconde, c’est la présence du roi, temps de grâce.
b] Et cependant, ajoute Bruston : « L’une et l’autre prédisent également la ruine de Jérusalem. Or, dans la première, la destruction des Juifs rebelles est attribuée à Jésus lui-même une fois de retour, tandis que, dans la seconde, ce sont les armées du roi qui tuent les meurtriers, pendant. que les noces du fils du roi (Jésus) continuent à se célébrer dans le ciel. Le retour de Jésus pour la ruine du Judaïsme
et pour l’établissement de son Royaume sur la terre, ne l'empêche donc pas d’être dans le ciel, c’est donc un retour spirituel. »
Voici le fond du raisonnement : Jésus, dans la parabole
des mines, préside, sur la terre, à l’anéantissement de ses ennemis ; mais Jésus, dans la parabole des noces, est au
ciel pendant que Dieu châtie les adversaires du Royaume ; donc, dans la parabole des mines, Jésus doit être dans le
ciel. — Appliquons le même procédé à la parabole des
vignerons (Mat. 27/33). La parabole des mines et celle des vignerons prédisent, également, la ruine de Jérusalem. Dans la parabole des mines, Jésus est vivant sur la terre,
quand il ordonne la destruction des rebelles ; mais, dans
la parabole des vignerons, l'héritier assassiné, c’est-à-dire Jésus, est sous la terre, quand le maître de la vigne châtie les meurtriers. Donc, dans la parabole des mines, Jésus doit être sous la terre. — La vérité, c’est que ces trois paraboles sont distinctes, et qu'il estarbitraire de les rapprocher.
Et d’ailleurs, comment souscrire aux assertions suivantes”?
« Les armées du roi brülent la ville, pendant que-les noces
du fils continuent à se célébrer. » Or, la parabole dit, au
contraire : « Le roi fit périr les meurtriers. À lors il dit : Les
noces sont prêtes ; appelez aux noces, etc. » Est-il possible
d'affirmer plus clairement que la fête fut consécutive au
supplice ? — Enfin, Bruston croit pouvoir émettre l’hypothèse que ladite fête se célébra dans le ciel. Pas une syllabe
de la parabole ne justifie cette interprétation. Car enfin, si
la ville du v. 7 est la ville de Jérusalem, c’est-à-dire une cité bâtie sur la terre, il est difficile d'admettre que les conviés, les Juifs, étaient invités à s’élever dans les airs pour participer à un banquet transcendental. Ou bien la scène se passe ici-bas, ou bien1il ne s’agit pas de Jérusalem.
Pour ces diverses raisons, nous estimons que la parabole des mines ne peut-être alléguée en faveur de la PRSQUe d’une Parousie spirituelle.
30 La confession de foi devant Caïiphe (Mat. 26/64). Cést un passage difficile que Volkmar, par exemple, rejette purement et simplement : « Qui se porte garant, dit-il, de tout ce qui se passa au sein d’une assemblée ennemie ? » (Die Evangelien, p. 558). Quant à Colani, il estime que « les chrétiens, ne pouvant comprendre la condamnation de Jésus, lui auront prêté la profession de foi qu'ils faisaient eux-mêmes devant les tribunaux juifs, lorsqu'on leur demandait raison de leurs croyances. » Car Jésus ne se. serait pas « hâté d'ajouter à l'affirmation de sa messianité un commentaire tout à fait inutile » (op. cit., p. 197).
D'autres théologiens essayent d’affaiblir la portée du « dès maintenant, » par exemple, en le rattachant uniquement à la session auprès de la Puissance (Bleek). Vains échappatoires : la syntaxe reste inexorable. Donc, si Jésus a prédit son retour immédiat, ou bien il s’est trompé, ou bien sa Parousie est spirituelle. Haupt va jusqu’à dire : c’est dans la mesure où Jésus manifestera la réalité de sa glorification, que l’on prendra conscience de son élévation auprès de Dieu. La session invisible dépendrait donc de la Venue invisible. — Il est vrai que les partisans du littéralisme accaparent à leur profit cette séquence d'idées, et placent la session visible après la Venue visible ; mais l'élévation du Christ ayant suivi sa résurrection, c’est dès lors .que sa glorification a commencé. — Encore une fois, la conclusion semble s’imposer : devant Caïphe, Jésus prédit son retour immédiat et spirituel.
À. — Est-ce bien certain? Dans tous les cas, est-ce la. seule conclusion possible? Il faudrait, d’abord, s'entendre
sur le sens de l’expression « dès maintenant. » Est-il exact que àr'äpx Signifie 4 La minute? Alors, comment faut-il tra-
duire Mat. 23/39 : « Vous ne me verrez plus ar'äor: jusqu’à
ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ? » Après avoir prononcé ces mots, Jésus est-il devenu invisible? Il est clair que, dans ce passage, ar'äort signifie axo roù viv, C'est-à-dire : dès maintenant, désormais. Or, on sait que Luc met précisément cette locution dans la bouche du Messie, lorsqu'il annonce à Caïphe son retour.
Objectera-t-on qu’il faut interpréter le äro +05 v5 de Luc par le àr'äpr: de Matthieu”? Cela est arbitraire; comparons, en effet, les passages Mat. 26/29 et Luc 22/18. Dans le premier, on trouve : « Je ne boirai plus àr'äor de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j'en boirai du nouveau dans le Royaume de mon Père. » Dans le récit parallèle, on lit : aro roù vèv ; Or, Luc ajoute que la coupe circula, quelques moments après, parmi les convives! Le ar'&cr de Matthieu
ne désignait donc pas un point final dans la durée, une
seconde particulière marquée sur le cadran d’un chronomètre. En réalité, àr'4pr. signifie, selon la juste observation de Grimm : ab hoc ipso tempore.
Le ax'&or du Messie ‘devant Caïphe équivaut à cette formule, si fréquente et si pleine de sens : « L'heure est
venue où... » Jésus affirme solennellement que le moment
présent est gros de l’avenir : c’est une échéance dans la vie
du monde.
B. — Il nous reste à examiner si le Seigneur a uniquement prédit son retour spirituel. [l n’est pas douteux qu’il parle d’une venue invisible, parce que la formule : (désormais vous verrez, » s'applique à un événement imminent. Mais est-ce une raison pour que cette venue n’implique pas plusieurs stades successifs? Quand les rayons du soleil, à
l'aube, dissipent les ténèbres, ne peut-on pas affirmer que l’astre est levé, bien qu’il reste caché aux regards? De
même, les premiers scintillèments de la gloire du Christ.
après sa résurrection, furent les prémices de l’éblouissante apothéose qui marquera ses triomphes définitifs. — Assu-
rément, dit-on; mais la fin sera pareille au début; si la.
gloire du Seigneur fut spirituelle au commencement,’ elle
sera de plus en plus spirituelle. — Mais est-il exact que la
venue, même smmédiate, dont Jésus parlait à Caïphe, ait été purement spirituelle? La résurrection at-elle été, oui ou non, matérielle? L’ascension a-t-elle été, oui ou non, visible? Et à supposer même que la résurrection et l’ascen-
sion aient été des phénomènes moraux, comment oser
affirmer qu’un développement invisible ne peut aboutir à
une manifestation visible? La lente et obscure venue du
Messie à travers les siècles de l’ancienne alliance, ne s’estelle pas enfin révélée au monde, en un personnage concret, un homme en chair et en os? Aussi, nous comprenons peu le raisonnement de ceux qui disent : la session dans le ciel étant une image, la venue sur les nuées en est une. Autant
nier que le chêne grandira à l'air, parce que le gland a.
été enfoui dans le sol.
Est-ce à dire que nous souscrivons entièrement à ces
intéressantes observations de Colani? Si Jésus, écrit-il, a
voulu parler symboliquement devant Caïphe, s’il a voulu exprimer l’idée « que désormais son Évangile serait une puissance de vie et de mort, » en vérité, il aurait pu
employer un langage moins obscur, et suivre son propre
exemple dans une autre occasion (Mat. 27/49, 44). La déclaration de Jésus devant ses juges imposait à ceux-ci une interprétation littérale; et cette prophétie, qui ne
devait pas se réaliser, ne pouvait que les enfoncer dans
leurs défiances à l'égard d’un imposteur. — A cela Weiffenbach répond : « La séance du tribunal n’était qu’une « comédie; » aussi la déclaration de Jésus, si elle avait eu + pour conséquence nécessaire d’égarer ses juges, revêtirait la noblesse d’une « divine ironie. » Peu de gens souscriront à une pareille hypothèse. Par contre, nous sommes porté à admettre, (contre Colani et avec Weiïffenbach), que le prisonnier de Caïphe a employé, pour se désigner luimême, des expressions tirées telles quelles de l’Ancien | Testament (Psaume 7ZZ0/1 et Daniel 7/13), termes bien ; connus parmi les Juifs et qui, de l’aveu unanime, se rap- portaient au Messie. Le Seigneur s’est donc borné à affir- ; mer sa messianité, sous une forme à la fois populaire et sacrée, et qui laissait à chaque auditeur le soin de linter- - préter selon sa foi, et selon sa connaissance du langage prophétique. Cela posé, il est évident que les paroles de accusé furent envisagées à la fois comme une image et comme une réalité.
L'histoire vient donc au secours de notre exégèse. Nous affirmons qu’on peut soutenir, simultanément, le sens figuré et le sens littéral de notre passage, et que c’est là le propre du vocabulaire des prophètes. En conséquence, les
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paroles de Jésus devant Caïphe ne sauraient être invoquées, exclusivement, ni par les partisans du «spiritualisme, » ni par leurs adversaires.
Pour ces diverses raisons, nous estimons que la confession devant le sanhédrin ne peut être, alléguée en faveur
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de la proximité d’une Parousie spirituelle (1).
(4) « Il est inconcevable, écrit Stapfer, que les défenseurs de la thèse allégorique affirment trouver une justification de leur exégèse... dans ces mots : 4r'&pre. » (La mort el la résurrection de Jésus-Christ, p, 186).
4° Le discours eschatologique.
Ici, nous touchons au cœur même de notre sujet. Malgré l'intérêt palpitant qu’offrirait celte étude approfondie, nous …
ne pouvons songer à exposer et à discuter, successivement, les systèmes d’interprétation proposés par Weisse, Colani, Weizsäcker, Pfleiderer, etc. — Weisse est le représentant
de l’exégèse qui croit à la mosaïque; nous avons vu, avec.
Haupt, ce qui subsiste du texte primitif après ces découpu-
res. Wabnitz, lui-même, répartit ainsi les éléments du