‹ L'espérance chrétienne (volume 2)Chapitre 33 sur 72 · RE SE PRET PRET FE · texte numérisé non relu

RE SE PRET PRET FE

APPLICATION DES PRINCIPES D'INTERPRÉTATION 251 À vous ayez dit. » Grammaticalement, cela est possible; mais 2) on peut aussi, grammaticalement, soutenir le contraire. 2

Si le £wç àv impliquait, toujours, la condition sine qua non de la proposition précédente, et communiquait à celle-ci % la dignité de cause finale, on obtiendrait de singuliers résultats : xdxeï meivate Eu àv 2££]0nre Signifierait : vous resterez, seulement, quand vous serez partis! (Mat. 10/11) Avoy tupouevoy où oféoet Ews dv ÉxfdAn eis vixos ty xpiouv Signifierait : Quand il aura fait triompher la justice, il éteindra le lumignon qui fume encore.

Nous récusons, donc, la question de Weiffenbach : « A quoi bon cette confession de la messianité du Christ, s’il s’agit de la parousie cosmique? » La vérité, c’est que Jésus établit une concomitance entre ce cri et sa venue. Meyer et Wittichen expliquent cette coïncidence, en disant que ce sera une acclamation forcée, arrachée aux Juifs par la gloire du Fils de l'Homme; mais il est difficile d’interpréter tout le passage à la lumière d’une désillusion totale et définitive du Sauveur, renonçant à la conversion de son peuple. Mais peut-on, d'autre part, €imputer à Jésus la pensée que la nation, tout entière, sera transformée au x moment de son retour; ou que la Parousie sera retardée, jusqu’à l’époque où pareille transformation sera effective? » Weiffenbach le nie, pour la bonne raison qu’il a besoin d'identifier la Parousie avec la résurrection; il faut donc | que le retour du Christ soit imminent. Aussi, pour cette . fois, le critique admettra que Jésus a parlé ici symboliquement; mais cette conclusion lui paraît tellement contraire à la teneur générale de son exégèse, qu’il sent le besoin de s’excuser,; il est spécialement inquiet d'aboutir, sur ce point, aux mêmes résultats que Colani, etil a soin d’ajouter : « Nous nous rencontrons avec lui d’une manière purement

MNT PAGES La

AU AAA VASAEE 1

NP Tee UN EU VA

objective. Car, lorsqu'on part de ses prémisses et qu’on discute avec ses arguments, il faut faire bon marché de la logique, pour aboutir à cette conclusion audacieuse : Il »y a pas, dans ce passage, la plus légère allusion à un retour visible de Jésus. »

En réalité, Weiffenbach ne peut effacer le véritable sens de notre passage. Mais cela ne signifie pas que Scherer ait le droit d’y chercher un appui, pour son hypothèse des deux parousies. Et ici, nous ne pouvons que souscrire à cette observation de Weiïffenbach : « Il est impossible de découvrir, dans ce passage, une relation inséparable entre la ruine de Jérusalem et la Parousie, dans ce sens que l’un des deux événements ne puisse être pensé sans l’autre; et si l’on admet l’authenticité du texte, voici la simple succession des idées : Après que j'aurai été définitivement rejeté, Dieu abandonnera son peuple; et le châtiment se prolongera, jusqu’à l’époque où les habitants de Jérusalem salueront en moi le Messie. » On ne saurait mieux dire.

Nous concluons que la théorie de Scherer n’a pas une base exégétique suffisante. Au surplus, son exposé prête le flanc à d’autres critiques.

20 Weiffenbach a raison de croire que, si le Seigneur avait réellement séparé les deux parousies, une distinction aussi tranchée aurait laissé quelques traces, dans le discours eschatologique ; et malgré tout l’effort des apôtres, pour unifier les deux concepts, il se serait glissé, ici et là, dans le développement, des paroles authentiques du Maitre, frappées au coin de sa véritable pensée sur la réalité d’une double parousie, et qui, par conséquent, détonneraient dans l’ensemble. Il est bien difficile d'attribuer à un malentendu, l'accord fondamental qui résonne d’un bout à l’autre du

discours, comme dans une symphonie. Pareille harmonie n’est pas le fruit de l’erreur.

3° Il faudrait encore expliquer l’inexplicable malentendu. L'un des caractères ineffaçables du tempérament intellectuel des disciples, aurait été la tendance à unir la destruction du temple et de la Parousie? Mais la pensée que le sanctuaire serait ruiné, constituait pour eux, au contraire, une idée nouvelle, malaisée à admettre; et d’autre part, la prédiction de la Parousie se heurtait, dans leur esprit, à la difficulté de concevoir la mort du Messie. Voilà les bases croulantes qui auraient servi de fondement à l’édifice d’une foi aussi ferme dans ses contours, assez maitresse d’elle-même pour distinguer, dans le Retour du Maître, un seul acte en deux scènes : destruction de Jérusalem et Parousie! « Credat Judæus Apella! » s’écrie Weiffenbach. — Et cependant,

répondrait Scherer, vous ne pouvez nier que les apôtres

ne fussent dominés par l’attente anxieuse d’une Parousie imminente, et que cette prévision ne fût un creuset suffisant pour opérer bien des amalgames. — Nous avons déjà exprimé notre pensée, sur la légende relative à l’état mental de la primitive église; qu’on lise les Actes des apôtres, et l’on verra si les « terreurs de l’an mille » ravageaient la première communauté chrétienne.

4° Scherer devrait, aussi, justifier l’étrange amphibologie des discours du Maître; si celui-ci distinguait nettement, dans sa pensée, deux parousies, comment la distinction s’est-elle effacée dans son langage? « Ce que l’on conçoit bien, s’énonce clairement. — Et les mots, pour le dire, arrivent aisément. » À cela, notre critique répond : « Le Maître ne se donnait pas la peine de s’expliquer, sur un point que l’avenir prochain devait éclairer. » Nous ne sommes pas de ceux qu’une psychologie pareille satisfait ;

et nous partageons l’avis de Keim, lorsqu'il affirme qu’un pareil malentendu, entre le Seigneur et ses disciples, ébranle toute l’histoire évangélique, « si bien qu’au bout du compte, la vie entière de Jésus n’est plus qu’un long malentendu. »

Voilà donc à quoi aboutit l’intéressante hypothèse de Scherer! En vérité, l’on en vient à désirer le glaive de quelque Alexandre : qui nous tranchera le nœud gordien? Il: nous reste, pourtant, une ressource suprême. Après tout, si le nœud n'existait pas! S'il devenait inutile de chercher la synthèse entre une thèse et une antithèse imaginaires! S'il était oiseux de statuer une opposition entre deux dates contradictoires! Car enfin, où sont-elles, ces dates qui se détruiraient l’une par l’autre? Nous voyons bien que Jésus recule son triomphe définitif dans un avenir indéterminé;. mais où donc affirme-t-il, expressément, que sa venue est imminente? Certes, il a prédit que la ruine de Jérusalem était proche; mais de quel droit identifier cette catastrophe et son retour? Pour parler avec Weiffenbach, cette relation. est arbitraire & c’est un fantôme! » (p. 378). Et encore : « Aussi longtemps qu’on ne renoncera pas à toute espèce de combinaison entre la Parousie et la ruine de Jérusalem, le problème eschatologique restera sans solution » (p. 364).

Tel est bien notre sentiment; et la position que nous prenons, nous rend indifférent à des raisonnements comme ceux de Reuss : « La lettre du texte renverse toutes les échappatoires : elle parle d’une Parousie visible, postérieure à la ruine de Jérusalem, mais la suivant immédiatement. Les orthodoxes ont dit que Jésus est revenu d’une manière invisible, lors de la ruine de Jérusalem. Les rationalistes ont dit qu’il parle uniquement de celle-ci, et non d’une Parousie ultérieure. Les théoriciens du juste-milieu ont

12 eu An "4 | | - ION DE Sr PRINCIPES D'INTERPRÉTATION 255 se TN prél ent lu que Ja difficulté n est qu apparente, en ce que ce

PT est pee l'époque, mais les EE en sente que ont été

er SN NPA A ET TE AT ERE A PE LAN L'URL EU De PRE PACE le y

Vo |

Page 1