‹ L'espérance chrétienne (volume 2)Chapitre 39 sur 72 · LOC · texte numérisé non relu

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LA PAROUSIE DYNAMIQUE

n’avons plus besoin d'apporter des exemples à l’appui (4).

En ce qui concerne le numéro 3, voici quelques assertions de Haupt, dans l’ordre où elles se présentent : « Jésus ne considère pas comme des questions les problèmes qui se posent au sujet de la Résurrection... Où sera le Royaume de Dieu? Dans le ciel ou sur la terre? Jésus ne se posait pas ces questions... Y aura-t-il, au sein du monde à venir, des degrés dans la souffrance ou dans le bonheur? Quelle sera la destinée religieuse d'Israël? Jésus n’était pas un théologien... Jésus a-t-il parlé de l’époque de son retour? La question du temps n'existait pas pour lui » /Die Zeitfrage ecistiert gar nicht fur ihn). |

En ce qui concerne le numéro 4, on sait la virtuosité avec laquelle certains disciples de Ritschl transposent la métaphysique en religion, pour employer leur vocabulaire. « Qu'est-ce que la notion de la préexistence du Fils de Dieu, écrit Lobstein, sinon la traduction, dans le langage du temps, de la valeur religieuse de la personnalité du Christ? Qu'est-ce que la doctrine de la naissance miraculeuse de Jésus, sinon l’expression populaire et symbolique d’une vérité d'expérience chrétienne, de la certitude que la vie divine, incarnée en Christ et par lui communiquée à l'humanité, procède d’une source divine? Qu'est-ce que la foi au Ressuscité, sinon l’assurance que le Seigneur est vivant, que l'esprit de sainteté, facteur essentiel de la personnalité terrestre de J ésus, est arrivé à son éclosion parfaite dans le Seigneur glorifié? Les prédictions du retour du Christ, la notion eschatologique du jugement, toutes les données de lapocalypse juive et

{1) Notons, cependant, un ingénieux moyen d’esquiver le recours au prophétisme : « Le Lerme Messie n’est que la forme imagée du mot roi. »

chrétienne recèlent, elles aussi, des principes d’une valeur permanente (1), que le dogmaticien est appelé à dépouiller de leur expression locale et temporaire » [Essai d’une introduction à la dogmatique protestante, p. 143). Nous sentons bien, nous-même, tout ce qu’il y a de satisfaisant pour la pensée et pour le cœur dans ces grandes affirmations spirituelles; mais nous sommes surpris qu’au moment même où l’on cueille ces excellents fruits, on parle de supprimer l’arbre qui les a portés. Car c’est à cela que reviennent, trop souvent, les tentatives de triage entre le fond et la forme, entre l’amande et son enveloppe, entre le grain et la balle. Où serait le grain sans la paille, et l’'amande sans la coque, et le fruit sans la branche? C’est bien ici le cas de répéter la parole qui sert d’épigraphe à notre étude : « Dieu a incarné la vérité, et nous la désincarnons. Il nous a donné des réalités, et nous lui rendons des idées. » Nous eslimons que Lobstein s'arrête à moitié chemin; car en appliquant les mêmes principes avec une

rigoureuse conséquence, on devrait dire : le miracle est :

l'affirmation hébraïque de la toute-présence de Dieu dans

la nature; le récit de la crucifixion est le symbole émouvant

de cette vérité : « L'amour est fort comme la mort; »enfin, la personne même de Jésus (lequel n’a jamais existé, peutêtre), est le vêtement caduc de cette éternelle réalité : l'unité essentielle du divin et de l'humain. On sait que Strauss a soutenu pareille thèse.

Aussi, les procédés de Haupt nous inquiètent, et nous

de l'avenir. Tel est le secret intérieur de son espérance, et le sens religieux et moral de ses prédictions de retour sur les nuées » (Sabatier : Æsquisse, p. 199).

(4) «Par son union avec le Père, l'héritier du passé se sentait le maître

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