‹ L'espérance chrétienne (volume 2)Chapitre 47 sur 72 · LÉ ER TE NNRTES · texte numérisé non relu

LÉ ER TE NNRTES

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doive nous étonner, si nous nous reportons au livre des Actes. On sait que la première partie du récit est consacrée à l’église judéo-chrétienne de Jérusalem, et à l’activité de Pierre; tandis que la seconde partie du récit, consacrée à Paul, suit les progrès de l'Évangile dans le monde païen. Il y a donc, au centre du livre des Actes, une bifurcation ; à côté du rameau judéo-chrétien, surgit une branche pagano-chrétienne dont nous suivons sans interruption l’élan, jusqu’à la fin des épitres pauliniennes; puis nous revenons au point de départ, et les épîtres judéo-chrétiennes nous remettent sous les yeux les acteurs qui occupaient le premier plan au début des Actes, les Jacques, les Pierre, les Jean. |

Et c’est ainsi que le paulinisme tout entier, enclavé dans le judéo-christianisme, occupe, dans l’organisme du Nouveau Testament, la place que l’Église occupe dans l’histoire du Royaume de- Dieu. L’avénement de ce Royaume est décrit dans l’Apocalypse, dont le fond est chrétien mais dont la forme est hébraïque : admirable synthèse, où nous voyons s'achever la courbe d’une arche immense commencée par les prophètes ; dôme vraiment gigantesque, et dont Jésus-Christ triomphateur est la clé de voûte.

Telle est la place de Ia Parousie dans nos livres sacrés ; postulée dans l’Ancien, annoncée dans le Nouveau Testament, elle est substantiellement partout; on ne peut pas plus l’extraire de l’Écriture, qu’on ne peut arracher d’un papier à lettre les dessins inhérents à la pâte même, et qu’on observe par transparence. Aussi sommes-nous médiocrement ému lorsqu'on nous avertit, par exemple, que l’eschatologie de Jean n’est pas celle des Synoptiques. À cela, nous pourrions répondre que si l’Apocalypse est du même auteur, nous avons là un « discours eschatologique »

de belle venue, et qui fait bonne figure à côté de la prophétie parallèle dans les trois autres évangiles. Mais serrons de plus près l’objection; on nous dit : chez les Synoptiques on trouve un retour visible du Seigneur, un jugement final extérieur, une résurrection corporelle des fidèles, un règne glorieux; chez Jean, pas d’autre retour de Christ que sa venue dans les cœurs sous la forme du Saint-Esprit; pas d'autre résurrection que celle de l’âme par la régénération; pas d’autre jugement que le triage qui s'opère entre les croyants et les incrédules par la prédication de l'Évangile ; pas d’autre règne que la vie en Dieu. « Mais, répond Godet, ce spiritualisme exclusif attribué au quatrième évangile est-il bien une réalité ? Jean accentue le retour de Jésus en Esprit; mais est-ce pour nier son retour visible? Non; selon lui, le premier est la préparation du second : Je reviendrai, voilà le retour spirituel. Puis il ajoute : et je vous prendrai avec moi, afin que, là où je suis (dans cette

maison du Père où il y a beaucoup de places), vous y soyez

aussi avec moi; voilà en un sens quelconque une consom-

mation (14/3). Et encore : Si je veux qu’il demeure jusqu’à

ce que je vienne, que t’importe? (21/23) Et dans la première épitre : Demeurez en lui afin que, lorsqu'il paraîtra, nous ayons de l'assurance... Lorsqu'il paraîtra, nous lui serons

semblables (2/28; 3/3). Le jugement spirituel qu’enseigne

Jean est également, selon lui, la préparation du jugement extérieur auquel aboutira l’économie de la grâce; ce ne sera

pas moi qui vous accuserai auprès du Père, ce sera Moïse.

L'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres, entendront lu voix du Fils de l’homme et en sortiront, ceux qui œuront fait le bien, en résurrection de vie; ceux qui auront fait le mal, en résurrection de jugement (5/45, 28-29). Enfin,

dans le chapitre 6, Jésus revient, quatre fois de suite, sur

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