‹ L'espérance chrétienne (volume 2)Chapitre 56 sur 72 · VUE · texte numérisé non relu

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seulement, que s’adressait la prédication apostolique? Enfin, Jésus est-il « le premier-né d’une totalité de la création? » Poser ces questions, c’est les résoudre. Nous nous croyons donc autorisé à repousser l’exégèse de Kliefoth, et à conclure avec Godet : & Il est complètement inutile, malgré toutes les tergiversations des réformateurs et d’un

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grand nombre de théologiens, de se refuser à trouver ici idée de la conversion d’Israël à la fin des temps. »

Mais on insiste. Cette prétendue conversion totale d'Israël, écrit Kliefoth, ne sera pas la conversion de tout Israël, puisque celui-ci comprend tous les Hébreux qui ont jamais existé depuis Abraham. — C’est jouer sur les mots. Paul a

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écrit : « Un endurcissement a frappé partiellement Israël, jusqu’à ce que la plénitude des Gentils soit entrée; et ainsi tout Israël sera sauvé. » Si tout Israël désigne tous les Juifs

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qui sont jamais venus au monde à partir d'Abraham, il faudra que « la plénitude des Gentils » désigne tous les humains qui ont jamais vu la lumière du jour à partir d'Adam (excepté les Juifs). Ce qui serait une absurdité; car Paul ne traite pas en ce moment, et au point de vue de l'éternité, la question du salut universel ; il se meut sur le terrain circonscrit des nationalités, et vise un événement historique déterminé dans l’avenir. — Et cependant, ajoute Kliefoth,

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| cette conversion générale d'Israël est bien inutile, et ne } rentre pas dans le plan de Dieu, puisque l’ensemble des | rachetés ne sera qu’un peuple de réchappés : « un reste » | des Juifs (pour employer le langage prophétique) et un ; reste » aussi des Gentils, puisque les seuls croyants seront sauvés. — Mais ceci n’est pas une réponse à la question; c’est la question même. Il s’agit, précisément, de savoir si ; le plan de Dieu est tel qu’on nous le décrit.

Enfin, Kliefoth se demande ce que peut signifier l’expres-

sion : se convertiren tant que peuple; car ce sont les individus qui se convertissent. — En cela, il a bien raison; il a tellement raison, qu’il est difficile de lui répondre. De même qu’il serait malaisé de répondre à un homme sérieux qui

vous dirait : « Pourquoi affirmez-vous que la France, au

début du siècle, s’est soumise au régime napoléonien? La soumission est un acte individuel, et bien des patriotes protestaient contre le tyran. » Devant cette objection, nous nous tairions. Nous nous taisons aussi devant celle de Kliefoth; car il est trop évident que le mouvement collectif qui entraînera la nation élue au devant du Messie, n’implique pas la suppression du libre arbitre personnel en chaque représentant de la race; les résistances isolées resteront possibles ou réelles. Et d’ailleurs, s’il est permis de dire, sans trahir le bon sens, que la France a courbé le dos sous Napoléon, nous sommes bien davantage autorisé à déclarer qu’Israël se rangera sous la bannière du Christ; car, entre la France et l’Empire, la rencontre a été purement accidentelle, tandis qu'entre le Messie et la race messianique,

suscitée expressément pour lui, la rencontre semble inévi-

table : c’est ainsi qu’un fleuve coule vers la mer (1).

(4) Lessing raconte l’anecdote suivante : « Causant un jour avec un Juif, je lui déclarai que nous étions d'accord sur un point; en effet, son peuple attendait le Messie, mais-l'Eglise attendait le Seigneur Jésus, et ces deux personnages n’en formaient qu’un seul. Alors ce professeur juif me saisit la main, et s’écria, les yeux pleins de larmes : S'il doit en être ainsi, je vous certifie que notre peuple tout entier, à l'heure même, lui tombera en partage. » Cet incident significatif, corrobore ces lignes de Herrschel, lui-même Israélite converti : (L'œuvre du Messie, p. 250) « Quand je veux prouver à mes frères que Jésus est le Messie, je leur montre que, lors de sa première venue, il a littéralement accompli les promesses qui annonçaient son élat d’abaissement. Or, ces passages que nous appliquons à Christ, les Juifs les appliquent au peuple hébreu,

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