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défient à priori. Mais en a-t-on voulu aux éditeurs des propos de table de Luther, quand ils ont groupé ses paroles selon l’analogie des matières au lieu de suivre l’ordre chronologique? — Nous ne pouvons admettre cette comparaison. Si Luther réclamait notre foi; si, dans toutes les Églises, chaque dimanche, on méditait solennellement ses propos de table, avec la persuasion qu’ils ont été prononcés dans leur succession actuelle, et en les recevant comme une parole de Dieu à l’homme; si, enfin, la simple dislocation de cet ensemble devait apporter une profonde perturbation dans les idées de la chrétienté, sur la fin du monde et sur la vie éternelle — alors nous comprendrions, peut-être, le parallèle de Haupt. Mais, en vérité, mettre côte à côte le Fils de Dieu et le moine de Wittemberg, c’est un manque de goût et de bon sens qui nous plonge moins dans la surprise que dans la tristesse. Nous avons, sur l'inspiration biblique, non pas les idées de Gaussen, mais celles de Rothe : cela suffit pour que nous n’admettions pas un instant l'identification du Livre avec les livres.
Mon système de découpage, ajoute Haupt, se heurte encore à l’argument tiré de l’excellente progression dans les idées qui caractérise les discours synoptiques ein treffticher Gedankenfortschritt]. Mais il faut voir là, simplement, les preuves d’une habileté littéraire consommée. — C’est répondre à la question par la question même.
Haupt insiste : étant donné les circonstances, étant donné le but qu’ils poursuivaient, les apôtres ne pouvaient pas mieux faire. — Nous tournons dans un cercle! On dirait que notre auteur part de la formule sous-entendue : « Supposons le problème démontré. » Or, nous nous refusons, précisément, à cette supposition,
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En vérité, on est conduit à se demander où Haupt veut en venir, et quelle est son idée de derrière la tête. II faut. bien qu’elle apparaisse au jour, tôt ou tard; et alors, l’exégèse de notre critique nous livrera son secret. Voici d’ailleurs, comment notre théologien termine l’exposé de ses conclusions : « Puisqu’un regard pénétrant permet de distinguer, dans les discours eschatologiques, les joints et les coutures, cet examen nous montre à quel point les paroles du Maître ont été fidèlement conservées. » En effet, continue Haupt, les irrégularités de l’édifice prouvent que les pierres qui sont entrées dans la construction ont été apportées là, non taillées, de divers côtés. Le plan primitif ne comportait pas leur présence; il faut donc détruire les associations créées par la fantaisie des architectes, et. rendre aux paroles isolées de Jésus un sens indépendant du contexte où elles ont été fixées, de force, par les évangélistes.
Enfin! nous tenons le fil conducteur. il est bien clair que si nous soustrayons de l’accord parfait do mi sol do, soit le mi, soit le sol, il sera facile de démontrer que l’une ou l’autre de ces notes, examinée à part, est un son privé de ses harmoniques. Il est également clair que si nous séparons, ici et là, des discours eschatologiques, telle ou telle parole de Jésus qui en fait partie intégrante, il nous sera aisé d'affirmer que le Maître n’a point parlé des « choses finales, » au sens convenu du mot. Or, c’est là, justement, que Haupt veut aboutir. Son but est de prouver que le Seigneur n’a jamais parlagé, sur l’avenir humain, les idées que la chrétienté a toujours partagées, sur la foi des évangiles. É
Cependant, comme les paroles du Sauveur, quoique séparées du contexte, refusent de se plier aux désirs de.
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Haupt (1), il est obligé de préparer les voies à sa théologie en attaquant l’authenticité même de ces paroles, qu’il comparaît tout à l'heure à d’antiques rochers non taillés. Elles ont dû, dit-il, avec le temps, subir des modifications. Bien plus, tel ou tel évangéliste a pu, en toute sincérité, déformer une sentence du Maître en la contemplant à travers le prisme de ses préjugés. Il faudra donc nous demander, à propos de chaque déclaration eschatologique du Maître, si elle cadre réellement avec l’horizon de ses pensées. — Or, cet horizon, c’est celui dans lequel on l’enferme à priori; cet horizon, c’est celui de Haupt.
Pour nous, nous répondons d’un seul mot : «Je crois au Saint-Esprit. »
(4) L'hypothèse des compilations perpétuelles ouvre un champ sans limites à l'arbitraire, et creuse le sol sous les pas de l’exégèse. Un théologien contemporain, par exemple, commence par affirmer qu’une apocalypse en règle contient toujours la mention de la résurrection. Malheureusement, cette mention n'apparaît pas dans une certaine apocalypse qui devrait former un tout. De là cette remarque significative : « Avec ces apocalypses dont on a fait un si libre usage pour en intercaler’ des fragments dans les compilations que nous possédons, il ne faut jamais être trop affirmatif. Il est toujours possible que l'on ait retranché justement la partie de l'écrit où se trouvait l'idée dont nous remarquons l'absence » (De Faye : Les Apocalypses juives, p. 89). C’est le cas dé mentionner, avec Leibniz, la multiplicité indéfinie des possibles. Mais cent conjectures additionnées ne donnent pas une certitude.
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