‹ L'espérance chrétienneChapitre 17 sur 52 · LA · texte numérisé non relu

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Fe ci :

une hétérogénéité définie, cohérente, et pendant laquelle, aussi, le mouvement retenu subit une transformation analogue » (Premiers principes, N 139). Plus simplement « L'évolution renferme toutes les théories concernant l’origine et l’ordre du monde, qui regardent les formes plus élevées ou plus complexes de l’existence comme succédant à des formes inférieures et simples, et en dépendant; qui représentent le cours du monde comme une transition sraduelle de l’indéterminé au déterminé, de l’uniforme au varié, et qui concoivent la cause de ce procès comme immanente au monde même ainsi transformé /Ænc. Britannica. J. Sully). Plus simplement encore : « L'univers est un tout, avant en lui un principe de développement qui l'amène à des transformations inorganiques, organiques et mentales, qui procèdent les unes des autres par développement » /Grande Encyclopédie. Article Évolution, par Souquet).

Cette conception générale des choses s’est tellement emparée des esprits, qu’elle acquiert, peu à peu, l’autorité d’un premier principe. L'hypothèse devient axiome. Elle passe du domaine des faits dans celui de l’idée. Cest ainsi que Hartmann, sur le terrain même de la biologie, n’admet entre les espèces qu’une « parenté idéale, non généalogique. » Il parle d’une « évolution téléologique. C'est Fhétérogénie, exposée par Thurv, de Genève, et Secrétan » (Æevue de philosophie, août 1882).

Considérée sous l’angle du devenir, la notion même du savoir humain a changé de sens. Payot écrit : & Il a été néfaste, et pour la science et pour la philosophie, que la science se soit appelée connaissance et non prévoyance. La science laisse la réalité hors de ses prises, tout son effort est dirigé vers l’utile, non vers le vrai. Savoir, c’est

classer pour prévoir. Notre connaître ne tend nullement à

savoir, mais à disposer de. » En résumé, la science a

pour but de « prévoir afin de disposer de » /De la croyance, passim).

Ainsi, le transformisme darwinien, transformé lui-même, s’élargit dans l’évolutionnisme spencérien, océan qui imbibe

toute la science contemporaine, et qui la modifie dans sa

matière et dans sa forme. Nos arrière-neveux souriront de abus que nous faisons du mot évolution; il émaille le moindre article de journal, la moindre leçon ou harangue ; et, de même que le silex taillé permet aux géologues de dater un terrain, de même l'usage du vocable évolution dénoncera aux siècles futurs les productions littéraires de notre époque (1).

Pour juger à quel point le terme évolution caractérise l’activité mentale des cent dernières années, il fautétudier le volume de Renan intitulé : L'avenir de la science. Le premier ouvrage important de Spencer n’a paru qu’en 1851 (Social Statics]. Et cependant, dès 1849, Renan écrivait, à vingt-six ans, les cinq cents pages touffues qu’il publia quarante années plus tard. L’Avenir de la Science, « immense chapitre én 2%3 paragraphes, » contient l'essence des tendances modernes; on y trouve plusieurs lignes qui, prolongées, mènent au Royaume; et nous ne craignons pas d'affirmer que Renan, dans l'ivresse de son juvénile et noble enthousiasme, à l’heure où il méprisait l'ironie, fut prophète à sa manière; il reçut quelques-unes des intuitions qui caractérisent les disciples du Messie.

(1) Loewy, directeur de l'Observatoire de Paris, disait naguère, à la séance annuelle des cinq Académies : « D'’évolution en évolution, l’univers, dans un ordre accompli, s’avance vers des destinées mysté: rieuses. »

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