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est toujours un acte spirituel concret, qui retarde la marche
+ en avant de l'humanité. Pécher contre soi-même, c’est
eneore pécher contre les autres, puisque c’est diminuer sa
propre valeur sociale, se rendre incapable de l’œuvre lbératrice.
Le péché n’est donc pas seulement un concept négatif,
absence du bien, c’est la manifestation d’une force active
. d’obstruction, de recul; tout péché est ferment de dégénéres-
cence, tout péché est inimitié contre Dieu et contre
l'humanité, puisqu'il empêche, d’une part, la pleine
manifestation de Dieu, l’épanouissement complet des vir-
tualités providentielles condensées dans l’Esprit rédemp-
teur ; et puisqu'il s'oppose, d’autre part, au développement
de l'humanité. Car l'humanité se fait ; elle ne constitue pas
un tout donné, elle est en voie de devenir. Et cette
intuition s’est tellement imposée à l’esprit moderne, que le Président de la République française, ouvrant solennellement l'Exposition universelle de 1900, terminait par ces mots son discours inaugural : « Bientôt, peut-être, nous aurons franchi un stade important dans la lente évolution de l’homme vers l'humanité » (1).
: Mais cette vivante conception d’une humanité progressive 4 implique l’unité essentielle, (au sens philosophique), de tous les hommes. « Est-1l juste, écrit Secrétan, que l’un paie pour l’autre? Est-il juste que l’un puisse être corrompu par
supérieure? Les dilettantes ne croiront point pécher, en subordonnant tout à l’art, à la science, ou à la religion ; et pourtant, ce sera encore de l’égoisme. Le mal, c’est la tendance à monopoliser; le bien, c’est l'effort pour socialiser les dons du Père.
(1) Ch. Bois disait : « L’Espèce progresse. L'idée de tout ce que peut être un homme, ne saurait être donnée que par le développement final de l’Espèce. Comparez l'homme de vingt ans, aujourd’hui, avec cet homme il y a vingt siècles! »