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bi RÉFORME DU CATÉCHISME 265 chétique est nouvelle, nous le renverrions au commentaire % de Luther, sur l’Oraison dominicale, dans son admirable DE à Petit Catéchisme : « Que ton règne vienne! Quel est le | sens de ces paroles? Le règne de Dieu s'établit de luimême dans le monde, et sans le secours de nos prières ; mais nous demandons qu’il s’établisse aussi en nous. » Le - Royaume de Dieu s’établissant de lui-même, ici-bas, sans
i . l’homme, et non seulement sans son activité, mais sans son … intercession ! Et cet enseignement, tiré de la prière même que le Christ a léguée au genre humain pour obtenir la Collaboration effective, objective, de notre race à l’œuvre . de la rédemption intégrale: matérielle, intellectuelle, morale, humaine et cosmique! Cest une « hérésie, » au
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vieux sens du mot.
i: D Ouvrons le catéchisme de Heidelberg, expression de
la doctrine réformée (1) allemande au XVIe siècle, et qui à presque reçu l'autorité d’un livre symbolique. Voici ce . que nous y trouvons : € Que ta volonté soit faite sur la terre
(1) L’Institution de Calvin est un catéchisme de persévérance. Voici - le commentaire du réformateur sur les trois premières demandes de … l’Oraison dominicale. 4° Le nom de Dieu est dûment sanctifié, lorsqu’étant __ séparé de tous les autres, il est exalté en gloire. 2 La seconde requête: «Que le Royaume de Dieu advienne, » ne contient rien de nouveau ou 40 séparé d’avec la première, mais il est besoin que nous ayons les oreilles battues de ce qui nous doit être notoire... Combien que nous ayons défini ailleurs la nature de ce royaume, je répéterai ici en bref que Dieu est tenu pour roi, quand les hommes renonçant à eux-mêmes, et méprisant le monde et cette vie terrestre, s'adonnent à la justice de Dieu pour aspirer à la vie céleste. Ainsi cette prière nous doit retirer de toutes les corruptions du monde, lesquelles nous séparent de Dieu, à ce-que son règne wait sa vertu et vigueur en nous. Elle doit aussi enflamber en nous un effort de mortifier notre chair; finalement nous instruire à porter patiemment la croix, vu que Dieu veut que son Royaume soit
avancé par de tels moyens. 3 La troisième requête: « Que la volonté
| de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel... » en somme, que nous * ne veuillions rien de nous-mêmes, qu'il casse et anéantisse tous appétits
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comme au ciel, c’est-à-dire : Accorde-nous la grâce de renoncer à notre volonté propre. » Et, dans un gros com-. mentaire sur ce catéchisme, publié en 1883 par Dalton, | nous lisons le développement suivant de ces antiques affirmations : « Portés par les ailes de la prière, nous voudrions Ée nous maintenir dans le voisinage du Père, mais l’esprit De retombe, épuisé, sur la terre. Eh bien ! ne protestons pas; c’est la volonté de Dieu; mais notre bon berger nous permet de transformer en prière le vœu de notre cœur: Que ta 1 volonté soit faite sur la terre, comme au ciel. » Ainsi, depuis plus de trois cents ans, au nom du catéchisme à la: fois calviniste et mélanchtonien de Heidelberg, on égare les générations successives sur le véritable sens de l’Oraison dominicale. On change en pieuse formule de résignation à la Providence la requête la plus optimiste, la plus audacieuse, le cri de guerre du Messie libérateur, le chant d'espérance de l’humanité régénérée faconnant la terre nouvelle.
Dans la confession de Westminster, rédigée au XVIIe siècle, non seulèment le Royaume de Dieu est ignoré, mais le Roi même est à peine contemplé. On y trouve, en effet, 5 chapitres sur l’Écriture et Dieu; 2 chapitres sur l’homme; 1 chapitre sur Christ ; 10 chapitres de 1 philosophie religieuse intitulés : du libre arbitre, de l’appel | effectif, de la justification, de l’adoption, de la sanctification, de la foi salutaire, de la repentance, des bonnes à œuvres, de la persévérance des saints, de l’assurance de
qui répugnent à sa volonté. Voilà les trois premiers articles de l’oraison." Or, combien que toutes ces choses adviendront, indubitablement, en leur temps, encore que nous n’y pensions point et que ne les désirions ni demandions, si nous les faut-il toutefois souhaiter et requérir... pour : déclarer et allester que nous sommes serviteurs à Dieu » (11-20-44). D à
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l’Église, identifiée avec le 2. yaume de à al cha sur les choses finales: jugement, ciel, enfer. AG total, 33 chapitres, dont un seul consacré à Jésus-Christ. Et en quels termes ! « Le Fils de Dieu, la deuxième personne de la Trinité, vrai et éternel Dieu, consubstantiel et égal au Père, quand les temps furent accomplis, prit sur lui la nature humaine avec toutes les propriétés essentielles et les infirmités communes y afférentes, toutefois sans péché ; Conçu par la puissance du Saint-Esprit dans le sein de la vierge Marie, de sa substance. De telle sorte que deux natures entières, parfaites et distinctes, la divinité et l’humanité, furent inséparablement jointes en une seule personne, sans conversion, composition ou confusion. Laquelle personne est vraiment Dieu et vraiment homme, cependant un seul Christ, unique médiateur entré Dieu et l’homme.» Et l’œuvre du Christ, ainsi défini, c’est exclusivement l’expiation sanglante au Calvaire. « Christ, dans l’œuvre de la médiation, agit à la fois selon ses deux natures, accomplissant par chacune d’elles ce qui est propre à cette nature ; cependant, à cause de l’unité de la personne, ce qui est propre à l’une des natures est quelquefois attribué, dans l’Écriture, à la personne désignée par l’autre nature. » Oh! qu’il fait bon ouvrir l'Évangile, après cela.
Dans le Petit Catéchisme (Shorter catechism) publié par le Synode presbytérien de New-York en 1788, nous trouvons les deux affirmations suivantes, qui suffisent à classer le type de doctrine : &« Christ remplit son office de Roi en nous soumettant à soi, en nous gouvernant et en nous protégeant, en réprimant et conquérant ses ennemis et les
nôtres. » Et encore: « Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel! Nous demandons que Dieu nous rende
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capables et désireux de connaître sa volonté, et de nous y
soumettre. » Ce catéchisme est probablement en usage, car
il nous a été remis, en 1890, par un pasteur américain, et son exemplaire avait été publié à Philadelphie par Île Presbyterian board of publication and sabbath school Work.
Si nous passons aux catéchismes composés au XIXe: sie-
cle, nous constaterons que, même dans les pays de langue française (où les catéchètes bénéficient d’une liberté inconnue ailleurs), l’enseignement catéchétique n’est guère sorti du cadre traditionnel, en ce qui regarde le Royaume de
Dieu. Le « Catéchisme élémentaire » de Bonnefon, qui a
joui d’une telle popularité, contient des affirmations de ce genre : « Le nom de Christ signifie Oint. Jésus a été appelé ainsi, parce qu'il a été oint du Saint-Esprit... Le but de ses enseignements était de faire sentir aux hommes qu’ils méritent la condamnation... Du ciel, Jésus dirige son Royaume spirituel qui est l’Église... Puisque nous devons être jugés après la mort, travaillons pendant la vie présente à notre salut, avec crainte et tremblement. » Voilà un idéal du genre. Sauf erreur, le Royaume de Dieu n’est pas mentionné. Le catéchisme méthodiste, publié en 1868, l’ignore également, mais il se termine par cette prière: « Conduismoi pendant toute ma vie, et. à la fin veuille m’accorder une entrée abondante dans ton Royaume éternel... Notre Père qui es aux cieux, que ton règne vienne ! Que ta volonté soit faite sur la terre, etc. » Or, ces deux dernières requétes sont la réfutation du type de doctrine exposé dans les pages qui précèdent, et même dans la prière finale que cette récitation de l’Oraison dominicale est destinée à couronner.
Dans notre premier volume, nous avons rappelé que la notion d'esprit impliquait une nature: la pensée sans la
réalité, ce n’est pas l'esprit; une âme sans corps n’est pas davantage quelque chose de spirituel, qu’un corps sans âme. Le véritable spiritualisme est à égale distance de l’idéalisme et du matérialisme, il se confond avec le réalisme. La séparation de l’âme et du corps, de l'esprit et de la matière, ne constitue pas un processus de spiritualisation ; spiritualiser la matière, c’est la pénétrer d'esprit, spiritualiser le corps, c’est le pénétrer d'âme. L’incarnation est le fondement du salut individuel et cosmique. Dès lors, nous ne pouvons pas admettre les efforts des catéchètes pour « spiritualiser » la notion du Royaume de Dieu.
L'un d’eux écrit, en 1869 : «Jésus a confirmé la loi et les prophètes, en montrant le sens véritable et spirituel des commandements de Dieu... L'Église, appelée aussi Royaume de Dieu ou des cieux, est la société religieuse que Jésus-Christ a fondée. » Un autre écrit, en 1879: « Le Royaume de Dieu est la société des âmes saintes qui adorent Dieu en esprit. Souvent, les biens spirituels dont ces âmes jouissent sont appelés Royaume de Dieu. Le Royaume est invisible, il est dans les cœurs. Jésus annonce, cependant, qu'il se manifestera sous la forme d’une Église. » Un autre écrit, en 1885: « Le Royaume de Dieu est saint, spirituel et universel, car il réside dans le cœur. L'Église invisible est une, sainte, universelle, elle a pour fin le salut des âmes. » Un autre écrit, en 1895: « Le contenu des enseignements de Jésus était, en somme, la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, cette institution spirituelle, universelle et sainte que Jésus venait fonder en sauvant les âmes. » Un autre écrit, en 1898: « Le sujet principal des enseignements de Jésus, c'était le Royaume de Dieu. Ce Royaume n’est pas de ce monde, il est invisible, il est dans les cœurs de ceux qui aiment Dieu. »
Il faut citer, parmi les essais de catéchisme les plus intéressants, le livre de Th. de Félice, où les réponses aux questions sont énoncées en termes bibliques. Ce qui devait se produire, avec ce système, s’est inévitablement produit. La doctrine du Royaume étant la moëlle de l’enseignement biblique, il a bien fallu qu’elle apparût, ici et là, dans les réponses de l'élève. Par exemple : «€ Jésus annonçait l'Évangile du Royaume. » Mais le maitre, par contre, ne s'étant pas emparé de cette idée, il est amené à formuler une demande comme celle-ci: « Si Dieu, par sa Providence, règne déjà sur toutes choses, comment faitil venir cependant son règne, le règne de sa grâce sur certains hommes ? »
Nous ne connaissons aucun catéchisme qui prenne pour cadre la doctrine du Royaume. Cependant, la vraie notion du règne messianique apparaît, déjà, dans certains cours d'instruction religieuse. Un catéchisme publié en 1892 (deuxième édition) contient ces affirmations : « Le Royaume de Dieu, c’est le domaine des créatures morales qui accomplissent la volonté de Dieu, Cette volonté est la justice même (Matt. 6/33). Le Royaume de Dieu est appelé aussi Royaume des cieux, parce qu’il vient des cieux et qu’il y est déjà réalisé. C’est pour que Dieu règne sur les hommes que Jésus est venu sur la terre (Matt. 6/10). » Dans un catéchisme plus récent, l’auteur écrit nettement : «L'Église doit réformer Pétat social, et faire du Royaume de Dieu une réalité. » Voici encore un heureux symptôme. Dans un catéchisme publié en 1897, l’auteur écrivait, selon la formule traditionnelle : « Le Royaume de Dieu est le règne de Dieu sur les cœurs. » Mais, dès l’année suivante, dans une seconde édition, il insérait à la place de la leçon intitulée : Le Témoignage que Jésus se rend, une leçon intitulée: Le
centre de son enseignement: Le Royaume de Dieu; et il écrivait: « Le Royaume de Dieu est ce règne de Dieu sur les cœurs, préparé dès le commencement, et annoncé par les prophètes, que le Fils de Dieu doit établir dans le monde. Les prophètes l’ont dépeint comme un temps de justice, de bienveillance, de paix, de bénédictions universelles, » Il est intéressant de remarquer, outre le changement de définition sur le Royaume, cette orientation nouvelle de la pensée chrétienne qui permet de remplacer un chapitre intitulé: « Témoignage de Jésus-Christ sur luimême, » par un chapitre intitulé : « Le Royaume. » Quoiqu'il en soit, l'affirmation de Fairbairn reste vraie: « La science du christianisme ne peut être qu'une biologie, c'est-à-dire l'histoire d’une vie vivante, vécue et perpétuant la vie. » Cest là ce que les catéchismes traditionnels ne semblent pas assez mettre en lumière. Aussi, posent-ils involontairement, devant l’esprit des enfants, maint problème dogmatique dont l’énoncé même, diclé par des prémisses incomplètes, rend la solution impossible. Dés lors, l'instruction religieuse perd forme, couleur et force; le puissant organisme est remplacé par un pâle et grêle schéma. Alors, l’histoire des Juifs offre le même genre d'intérêt que l'étude d’une langue morte; et les scènes dramatiques des « derniers jours, » faiblement esquissées dans un alinéa final, semblent planer, sanslien avec le présent, dans le clair obscur de la mythologie. La doctrine du Royaume de Dieu, vaste comme l’univers où les mondes s’allument et s’éteignent, pleine du bruit solennel de cent nations en marche vers un but fixé par Dieu, où mille bannières diverses, science, art, industrie, philosophie, politique, éclairées par la tragique et paisible lumière qui descend du Calvaire, frémissent au souffle séculaire de la même espérance, la
br
doctrine ad Royaume de Dieu se resserre dans les limi d’une sacristie. :
Il faut hâter le jour où les) tÉCHIStE ccclésastiques | : feront passer, sur le front des petits, la grande brise: qui arrive du large. Alors la doctrine chrétienne, orientée ion il entière vers le Royaume, au lieu d’apparaitre aux en he comme une doctrine d'hier, leur apparaitra comme une doctrine de demain. Car, ce qui manque, en définitive, à nos catéchismes, c’est le sens historique, le mouvement, 41 ce je ne sais quoi qui jette le passé dans le présent et pro- 4 jette le présent dans l'avenir, et qui donne à la foule 1 humaine le sentiment et presque la sensation qu ’elle mar ‘8 che, en Jésus-Christ, au devant d’une aube éblouissante el. d’un éternel RÉNOAQNE