QE £ U
tien tradilionnel. Celui-ci considère notre globe comme une auberge où l’on s’attable un instant, sans s’inquiéter des taches à la muraille et du papier de journal aux vitres. Mais combien le cœur se soulève, quand on parcourt les campagnes stériles ou les cités boueuses, à la pensée qu’on foule les parvis méconnaissables d’un temple en ruines, ou d’un palais en construction. le site prédestiné du Royaume! (1). Et alors, quelle indignation, quelsenthousiasmes, quelle ardeur à propager la bonne nouvelle! Mais aussi
quelles oppositions l’on excite! Avec le système actuel
d’évangélisation, il est difficile d’exaspérer la colère du monde: dire aux gens qu'ils sont perdus par la faute d’'Eve, et qu'ils ne seront pas sauvés à moins de croire, c'est provoquer très souvent le baillement ou le rire, mais c’est rester inoffensif. Au contraire, quand la prédication du Royaume retentira franchement dans nos villages et dans nos cités, quand les messianistes auront le courage d'aller partout dénoncer, au nom du Christ, la civilisation actuelle, alors les temps héroïques du christianisme refleuriront, et les disciples du Sauveur seront excommuniés par les églises, poursuivis à coups de pierres par les foules, et à coups de lois par les gouvernements. Mais un peuple de franche volonté se lèvera soudain à leur voix, et l’ère nouvelle commencera. Voilà dans quel sens nous sommes oplimiste; et nous le sommes, en effet, pour le temps el pour l’élernité (2).
(1) Que l'on songe, aussi, à létat d'âme que développerait, dans la chrétienté, la conviction austère qu’elle à pour mission de préparer le séjour éternel de l'humanité, de faire le ciel définitif; et qu’en négligeant de (transformer la terre, elle retarde d'autant pour elle-même, comme pour le genre humain, l’accomplissement intégral des prophéties et la pleine possession du salut.
(2) Un pasteur nous disait: « Le Royaume de Dieu ne pourra pas
Per ee L RCE DC
A PT M D AT RU NO ES F : J'TE ' nn TU es TA % EN SNS Ha AR UN à ND M) PEN OP COS
E. Votre doctrine est obscure.
Les orthodoxes demandent : Que faites-vous de la Parou-
e, du Millénium, etc? Qu’appelez-vous le Royaume? Le péché en aura-t-il disparu ? Admettez-vous que l’économie actuelle soit simplement préparatoire? Si le ciel sera la terre, où sont les hommes après la mort, en attendant? Et comment appeler notre terre, une terre qui en sera glorieusement différente? Les théologiens disent : Votre base exégétique est insuffisante, et d’ailleurs, en retournant au réalisme biblique, vous reculez, vous répudiez le spiritualisme chrétien. Et puis, comment distinguer à coup sûr, dans les documents scripturaires, entre l’hébraisme et le judaïsme? En admettant que vous ayez raison, pourquoi des distinctions subtiles entre le règne de Dieu et le Royaume”? Et pourquoi tenir au terme de messianisme, incompréhensible aux contemporains ? (1)
s'établir sur la terre, mais il faut travailler comme si c'était possible. » Voilà le pessimisme foncier qui paralyse notre pseudo-christianisme.
(1) Sur tous ces points, nous envoyons à l'index rerum qui termine ce volume, comme à celui qui clôt le volume précédent. Tout en rejetant le Millénium des millénaires, nous estimons que la doctrine du Royaume justifie leurs prolestations contre le faux spiritualisme de l’orthodoxie traditionnelle; ils ont raison d'affirmer qu'il faut une ère de transition entre la terre actuelle el la terre nouvelle; c’est une nécessité philosophique et morale. Nous ne sommes pas de ceux qui oublient le ciel au profit de la terre, car nous pensons d'autant plus au ciel que nous pensons davantage à la terre, celle-ci étant l’étoffe dont le ciel sera fait. Quant à la question de savoir si celle terre {ransfigurée méritera le nom de Terre, nous considérons l'objection comme oiseuse ; notre planète actuelle est dans le ciel; elle n’y sera pas moins, quand elle cessera d'être assujettie à la vanité ; et ceux qui refuseraient de ja reconnaître après sa transformation, imiteraient ces pharisiens fameux qui refusaient de reconnaitre l'aveugle-né, parce que le Messie lui avait ouvert les yeux. Gertes, nous admetlons qu'on puisse discuter nos conclusions exégétiques, mais nous ne comprendrions pas qu'on nous demandàät comment nous dislinguons, & coup sûr, entre l'hébraisme et le judaïsme. En matière d'interprétation biblique, il n'existe pas de cri D
Nous pourrions nous borner à répliquer: Ou bien vous n'avez pas lu nos deux volumes, et alors il nous est im possible de satisfaire votre curiosité en quelques lignes, ou bien vous les avez lus, et alors vous y avez trouvé la réponse, explicite ou implicite, à vos questions.
Résumons, cependant, pour terminer, la doctrine du Royaume de Dieu.
1° Nous vivons ; pourquoi ? Le monde finira-t-i1? L’histoire a-t-elle un but? Renoncer à se poser un tel problème, c'est détrôner la conscience et découronner la raison ;
2° Le Christ a déclaré qu’en sa qualité de Messie, il se chargeait de rétablir l’ordre dans la nature et dans l’humanité ; en d’autres termes, d'établir sur notre terre le Royaume de Dieu.
3° Cette affirmation est à prendre ou à laisser. L’accepter, c'est devenir un messianiste.
49 Le messianisme originel a été adulléré par le catholi- . cisme, au point que le christianisme traditionnel (romain,
lère infaillible ; il faut recourir, comme les Réformateurs, au Testimonmium Spirilus Sancti, dont les résullats ne se démontrent pas, ou bien choisir entre la brutalité d’un Jiltéralisme malérialiste et la servilité d'une soumission officielle au Pontife de lexégèse ecclésiastique. Au surplus, nous comprenons à merveille qu'on ne trouve pas, dans les documents scripturaires, la distinction que nous semblons établir entre le régne el le Royaume ; mais pour nous, il n'y à pas là une question de fond, c'est une simple question de mots. Nous somimes fatigué de lire, dans les comp'es rendus religieux de certains banquets : « Puisse notre petite fèle avoir contribué à l'avancement du règne de Dieu! » Gelte formule ayant perdu loule signiticalion, parce qu'elle fait désormais parlie intégrante de notre phraséologie pieuse, il nous plait d’insister sur le sens primilif de la locution : Le Royaume. C'est pour les mêmes raisons que nous parlons du Messianisme. Nous ne lenons pas à ce vocable, et nous cesserons de l'employer dès que lon relirera de Ja circulalion le mot de christianisme. Jusque-là, nous dirons en hébreu ce que les autres disent en grec, à savoir que les chrétiens doivent être les disciples du Messie, ses témoins et ses hérauts.
grec et protestant), est devenu infidèle à son étymologie; il n’est plus le messianisme.
9° Pour ramener le christianisme au messianisme, 1l faut
emettre en lumière la doctrine biblique du Royaume de Dieu.
Telle est, exactement, la matière de nos deux volumes. Il n’y a rien de plus. Le premier volume est consacré, essentiellement, à la démonsiration du paragraphe 2. Et le deuxième volume est consacré à la démonstration du paragraphe 5.
Voici l’économie du premier volume, intitulé: Le Roi.
A. — Jésus-Christ a-t-il parlé des choses finales ? Les textes.
B. — Quel est le sens des textes? Principes d’inlerpré-
tation (Recours à l’hébraïsme, au judaïsme, et au christianisme).
C.— Applicalion des principes d'inlerprélalion (Les disciples se sont-ils trompés? Le Maître s'est-il trompé? Une synthèse est-elle possible ou nécessaire 9)
D. — Résultat des principes d'interprétation (La Parousie n’est pas exclusivement historique, spirituelle ou eschalologique. Examen des problèmes relatifs au rétablissement d'Israël, au Millénium et à la Fin des temps).
E. — Le volume se termine par deux chapitres qui nous paraissent une introduction nécessaire au présent volume, et que nous avons intitulé : Histoire du réalisme biblique.
Quiconque aura lu les sections B et D sera au clair sur notre vocabulaire : ébraisme, Prophétisme, Réalisme, Messianisime, Royaume, etc. En gros, nous opposons l’hébraïsme au judaïsme, le prophétisme au dogmatisme, le réalisme au spiritualisme idéaliste, le messianisme au
christianisme, le Royaume à l’Église. Quant au présent
ox v RE ERP FAT ET ES Jr VE TL
cd NN
Lmceme
D: ME AÉÉS., n°
ui DE > AGE ">
volume, intitulé Le Royaume, il tire les conclusions qui s'imposent, dès que l’on admet linterprétation messianique des paroles du Roi sur le but ultime de l’histoire humaine. Nous nous sommes efforcé de démontrer que la réforme du christianisme est, à la fois, urgente et imminente, et qu'une immense espérance en la rédemption morale et cosmique du monde commence à soulever l’humanité.
Si nous avons réussi, peu nous importe, après cela, la profonde conviction de notre ignorance, de notre inintelligence, de notre suffisance apparente; peu nous importe quon repousse nos définitions ou notre vocabulaire; l'essentiel, c’est que la vision du Royaume brille dans le ciel de la chrétienté, c’est que la semence que Dieu nous avait confiée germe dans les cœurs et les esprits, c’est que la conscience de nos lacunes intellectuelles et de notre indignité morale ne nous empêche point de tressaillir d’allégresse en répétant, aux pieds du Roi-Sauveur : CII faut qu’il croisse, et que je diminue. »
APPENDICE
4, tte es principaux passages examinés.
dos. Articles Gaotasta et oùpavds de la Clavis de Grimm.
ou. .— IRoex DES PRINCIPAUX AUTEURS CITÉS ET DES NOMS PROPRES.
+ 4. — INDEX DES PRINCIPAUX PASSAGES EXAMINÉS Fs-- à ; | » LV NS A. Sur le Royaume de Dieu (p. 24 à 38)
070 5/3, 10, 19, 6/10, 8/11, 11/11, 11/19, 12/28, 12/34, HT A4, 13/19, 13/24, 13/34, 33, 13/43, 44, 45,47, 13/52, 16/19,
M are : 4/96, 9/1, 47, 10/14, 15, 11/10, 15/43. ch uc : 1/32, 4/43, 8/1, 9/11, 60, 62, 12/31, 32, 13/98, 14/15, 16/16,
à 47/2, 18/25, 26, 29, Ael1S 18, 29, EE
de Jean : 3/3, 5, 18/36.
| Actes : 1/3, 8/12, 14/29, 19/8, 20/95, 28/2, 31.
al. : 34.