‹ L'espionnage militaire en temps de guerreChapitre 100 sur 108 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

les compétences sont d'accord sur ce point, le mauvais espion est surtout un danger pour qui l'emploie.

Quant à l'espion patriote, la mort le grandit. Qui sait combien de dévouements héroïques se préparent dans l'ombre du monument élevé à la mémoire du major André ?

En fin de compte, la peine de mort est un moyen de préservation inefficace : l'arme défensive contre l'espionnage ne paraît servir qu'à augmenter la force offensive de Tespion.

Si la rigueur est inefficace, elle devient gratuitement cruelle et, par suite, inique et injustifiée. La législation sur l'espionnage n'ayant pas d'autre base juridique que le droit de légitime défense, tout ce qui excède les limites de ce droit ne saurait être admis. L'exécution sommaire et immédiate rentrerait plutôt dans les actes de légitime défense qu'une exécution après jugement. Mais, qui donc voudrait faire ce pas en arrière et retirer à Tespion cette garantie du jugement, si péniblement obtenue? D'autre part, ici, le jugement ne peut pas se rendre dans les conditions ordinaires du droit criminel, puisqu'il est admis que le crime n'existe pas. Dès lors, le châtiment n'est qu'un moyen de répression empirique, dont la limite extrême ne saurait être poussée jusqu'à la peine de mort. Conviendrait-il d'y substituer, temporairement au moins, un système gradué de pénalités moins sévères ? Ce serait illogique assurément, mais cela constituerait toujours un progrès. Il ne nous appartient pas, d'ailleurs, d'entrer dans le détail des réformes possibles; il suffit d'insister sur la nécessité de réformer. On a bien adouci l'usage de la guerre, en prohibant l'emploi de certains

projectiles. Quelle raison spéciale (1) s'opposerait à radoucissement des lois sur Tespionnage, dès que la question de criminalité se trouve écartée?

En somme, l'espionnage militaire constitue et constituera toujours un péril; il incombe aux belligérants de s'en préserver, ne fût-ce que par le perfectionnement du contre-espionnage : c'est le duel de la torpille et du contre-torpilleur, du canon et de la cuirasse.

Les lois sur le châtiment de l'espion sont trop sévères : il appartient au législateur de les amender.

Tous les efforts doivent tendre à concilier, dans la mesure du possible, ce que les exigences de la guerre rendent indispensable et ce que réclament impérieusement la morale et l'humanité.

i. Il n'y aurait pas lieu, croyons-nous, de s'arrêter à certaines objections spécieuses, à tenir compte, par exemple, m de l'embarras qui résulte de l'obligation de traîner avec soi des hommes qu'il faut nourrir et qui ne peuvent que gêner la marche en avant ; on est en outre très fortement exposé à voir l'espion s'évader et rejoindre l'ennemi. » (Colonibu. Ouvrage cite). Pourquoi alors ne pas fusiller tous les prisonniers?

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