II. — DBS ESPIONS PROPREMENT DITS
espions fixes peuvent, pendant la gu.erre, rendre des services de premier ordre, surtout quand les opérations se développent dans le cercle d'action qui leur esl affecté; en effet, ils ont étudié le pays à fond, tout leur est depuis longtemps familier, ils connaissent toutes les communications et n'éveillent aucun soupçon. Le plus souvent, ils sont obligés de communiquer leurs renseignements par l'intermédiaire d'autres personnes (1), car les rapports faits par eux-mêmes nécessiteraient des absences plus ou moins longues du lieu d'habitation et pourraient faire naître des soupçons. D'ailleurs, les personnes qu^ils chargent ainsi de porter leurs correspondances ne se doutent souvent pas du rôle qu'elles jouent.
I. Espions mobiles. — Comme leur nom Tindique, ils se déplacent, et, pour cela, ils sont recrutés de préférence parmi les voyageurs de commerce, colporteurs, marchands ambulants, de façon à pouvoir suivre les troupes sans trop éveiller la défiance.
Le colonel Klembowsky attache à cette qualification de mobiles un autre sens. Pour lui (2), « les espions mobiles, en guerre, ne pénètrent dans le cercle des opérations de Tennemi que quand la chose est nécessaire, pour recueillir quelques renseignements ; après Taccomplissement de leur mission, ils rentrent chez eux et y restent jusqu'à ce qu'on les charge d'une mission nouvelle. » C'est là opposer mobile à permanent plutôt qu'à fixe.
1. Le LIEUTENANT Froment { L' espionnage militaire, p. 181) rapporte qu'ainsi, par des courriers, le maître de poste de Versailles, pensionné par le prince Eugène, faisait parvenir au prince la copie des lettres ejfivoyées de la cour aux généraux et ouvertes par lui au passage, de sorte que, souvent, la copie arrivait à son adresse plus tôt que la minute.