‹ L'espionnage militaire en temps de guerreChapitre 15 sur 108 · Conférence internationale de la paix. La Haye. Art · texte numérisé non relu

Conférence internationale de la paix. La Haye. Art

4. Bluntschli (Droit international codifié, | 639) propose une solution originale, qui contente tout le monde ou personne*: ce ne sont pas des espions, mais on les traite suivant les lois de la guerre (punis de mort). «Les courriers porteurs de dépêches et les messagers chargés de commissions verbales seront traités comme prisonniers de guerre^ s'ils tombent au pouvoir de Tennemi, pourvu qu'ils

£• Aèronautes. — Les aéronautes, messagers aériens, seront-ils traités comme les messagers terrestres, en espions ?

La question se posa en 1870, lorsque PaYis investi n'eut plus que la voie des airs pour communiquer avec la province.

On raconte que, comme le premier ballon-poste, parti le 23 novembre et descendu à Evreux, passait au-dessus de Versailles, Bismarck, furieux de voir ainsi Taérostat franchir les lignes d'investissement, eut Taudace de s'écrier : « Ce n'est pas loyal I » Dans une dépêche du 19 novembre 1870 adressée à M. Washburne (que nous reproduisons au chapitre IV, § 3), il déclare, à propos des aéronautes, qu'il convient c de leur appliquer les lois de la guerre », expression menaçante et peu claire, car les lois de la guerre ne s'étaient pas encore occupées d'eux. En réalité, ce qu'il prétendait, c'était traiter ceux-ci en espions, ce qui fut fait.

De vives protestations s'élevèrent, entre autres celle de Dumas à l'Académie des sciences, en 1871.

i( La mer est libre, telle est la maxime universelle. N'en est-il pas de même et plus encore de l'air? M. de Bismarck se prétendra-t-il possesseur de l'air?», disait M. Ortolan, et il ajoutait (1) que Taéronaute, poussé par les vents au-dessus d'un terrain occupé par ses adversaires, ne pouvait être un espion pour deux raisons: l®il n'y

voyagent ouvertement en cette qualité, ou qu'ils soient en uniforme, s'ils sont soldats. Mais s'ils cherchent à se glisser secrètement à travers les lignes et qu'on ne puisse constater leur mission militaire, ils pourront^ suivant les circonstances, être punis conformément aux lois de la guerre, sans qu'on puisse cependant les considérer comme des espions ».

1. Cité par Longuet. Le droit actuel de la guerre terrestre. .

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vient pas de sa propre volonté ; 2* il n'y a pas clandestin nité.

Lueder(l) se fit le champion de Bismarck, et, à l'objection qu'une ascension ne saurait être clandestine, il répond en réservant ce qualificatif aux ascensions tentées de nuit ou par le brouillard I Que verrait-on du ballon en ce cas ?

M. Pillet \Jt) dit avec raison des aéronautes : « Et alors même que Taspect des feux de l'ennemi serait de nature à les instruire, qu'y a-t-il d'illicite ou dedéloyal dans leur manière de faire ? N'est-il pas juste que chacun se serve des moyens d'information qu'il peut imaginer, etfaudra* t-il en venir à considérer comme espion celui qui escaladerait une montagne pour observer de là l'ennemi? »

Il nous semble hors de doute que Taéronaute doit être assimilé au porteur de dépêches accomplissant ouvertement sa mission. C'est ce que remarque fort bien M. Pradier-Fodéré lorsque, après avoir dit que l'on peut tirer sur lesaéronautes, fabriquer des armes spéciales pour les atteindre (3), s'emparer des lettres et des dépêches, s'as-

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