‹ L'espionnage militaire en temps de guerreChapitre 26 sur 108 · I I. — BUT POURSUIVI PAK LES BSPIONS · texte numérisé non relu

I I. — BUT POURSUIVI PAK LES BSPIONS

cessé d'exister. Il reçut au xviii* siècle une consécration officielle avec les espions civils de M. de Sartine et de ses successeurs à la lieulenance de police. Nous le retrouverions à la police secrète.

Les Plombs de Venise, comme les cachots de la Bastille, lui durent plus d*un pensionnaire et, pour faire réloge de Néron, Racine fait dire par Burrhus que, sous son règne,

Les désertSy autrefois peuplés de sénateurs.

Ne sont plus habités que par leurs délateurs (i).

Ce sont ces délateurs que Montesquieu flétrit lorsque, traitant « Des espions dans la monarchie », il dit : « L'espionnage serait peut-être tolérable s'il pouvait être exercé par d'honnêtes gens, mais l'infamie inséparable de la personne peut faire juger de l'infamie de la chose » (2).

Au sujet de l'espionnage militaire, après avoir déclaré que « l'usage des espions est une espèce de tromperie à la guerre ou de pratique secrète », Vattel (3) ajoute :

i( On punit généralement les espions du dernier supplice, et cela avec justice, puisqu'on n'a guère d'autre moyen de se garantir du mal qu'ils peuvent faire. Pour cette raison, un homme d'honneur qui ne veut pas s'exposer à périr de la main du bourreau, ne fait pas le métier d'espion et, d'ailleurs, il le juge indigne de lui, parce que ce métier ne peut pas s'exercer sans quelque trahison. >

Bugeaud reconnaît que corrompre est une triste chose; « mais la guerre comporte une série de maux, au moral et au physique, et il n'est pas plus mal de chercher, par

1 Racine. Britannicus. Acte I. Scène II.

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