‹ L'espionnage militaire en temps de guerreChapitre 27 sur 108 · Vattel. Le droit des gens. T. III · texte numérisé non relu

Vattel. Le droit des gens. T. III

62 CHAP. II. — l'espionnai;» au point de vue moral

la corruption, à savoir ce qui se passe chez rennemi,que de l'attirer par des ruses dans une embuscade pour le massacrer. Tous ces moyens sont admis par le droit des gens » (1).

Mobiles qui font agir Tespion

Il nous semble que, pour juger la moralité de l'espion, on a trop souvent négligé de s'appuyer sur les mobiles qui le font agir.

Est-ce par patriotisme ? On ne saurait blâmer la conduite du citoyen, militaire ou non, qui, pour renseigner les siens, peut-être leur assurer la victoire, va, seul, au milieu de l'armée ennemie. Que d'énergie, de volonté, de sang*froid lui seront nécessaires I Non seulement il devra éviter de laisser percer sa qualité, chose déjà fort difficile, mais il lui faudra chercher à obtenir des renseignements et les communiquer aux siens. S'il réus> sit, saura-t-on apprécier à leur juste valeur ses services, se rendre compte de ce qu'ils ont exigé d'eflforts? S'il échoue, fusillé obscurément, aura-t-on seulement une pensée pour lui ?

L'espion qui agit par patriotisme fait preuve d'abnégation. Si l'on songe que le but à atteindre est d'assurer le salut d'une armée, que nombre d'hommes auraient laissé leur vie pour obtenir de vive force ce qu'il obtient seul par ruse, on trouve que t Tignominie, purement matérielle, des moyens est bien compensée par la grandeur du but » (2), et lorsque Machiavel (3) déclarait qu' « il faut

1. BuGEAUD. Maximes, conseils et instmctians sur Vari de la guerre,

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