De Chilly. L'espionnage, p. 21 et
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nération d'aucune sorte» on ne saurait guère les trouver meilleurs ou plus mauvais que certains hommes vendant à l'étranger leurs bras ou leur plume.
Quant aux misérables, et ils sont très nombreux, qui trompent celui qui les paye et qu'ils doivent servir, il est superflu de les apprécier moralement. L'infamie de leur trahison déshonore absolument tous leurs actes, et c'est à cause d'eux surtout que l'opinion publique, faisant une confusion sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir, attribue un caractère de bassesse aux espions de toutes sortes et à la qualification même d'espion.
M, Pradier-Fodéré pense que tous les espions « font uu métier méprisable, car ils ne peuvent opérer utilement qu'en captant la confiance, en la trompant, en mentant. » C'est, ajoute-t-il, une i< pratique vile, méprisable, déshonorantCi à laquelle les natures loyales et généreuses refusent toujours de se livrer. »
Il est néanmoins d'avis de distinguer l'espion qui agit par patriotisme de celui qui est poussé par Tesprit de lucre. Mais, selon lui, le dévouement patriotique, admirable en soi, prend une direction mauvaise et un caractère malhonnête, lorsqu'il se manifeste par l'emploi du mensonge, de la duplicité et de la trahison. S'il est indubitable que les espions ne sont point des lâches, car il faut beaucoup de courage pour s'exposer à une mort certaine et ignominieuse, ce courage, qui n'est pas de la bravoure, pourrait trouver des applications plus dignes d'un homme de cœur (1).
Nous préférons l'opinion du maréchal Bugeaud :
1. Pradibr-Fodêré. Traité de droit international public, T. VI, p. 977.