‹ L'espionnage militaire en temps de guerreChapitre 30 sur 108 · I I. — BUT POURSUIVI PAU LES ESPIONS · texte numérisé non relu

I I. — BUT POURSUIVI PAU LES ESPIONS

« Les officiers anglais (1), russes, américains, n'hésitent point à se déguiser, à prendre une fausse qualité, un faux titre, pour pénétrer les desseins de Ténnemi. Commettent-ils, en agissant ainsi, un mensonge, plus que le soldat, qui donne un coup de sabre, ne commet un meurtre? Non. Us exposent leur vie pour servir leur pays, et le but excuse la forme. Leurs exemples devraient être suivis dans l'armée française, et Ton serait mieux et plus sûrement renseigné par un des siens, se dévouant à Tespionnage, que par les juifs, femmes, colporteurs, que l'on cherche à embaucher pour ce métier » (2).

Est-il moral d'employer des espions ?

Il nous reste à examiner si le fait d'employer des espions est moral. Les avis sur ce point dépendent beaucoup de l'opinion que l'on se fait du métier d'espion, quoique, même aux yeux de ceux qui trouvent ce métier immoral, il y ait moins de honte à se servir d'espions qu'à espionner soi-même. Parlant des traîtres, c'est-àdire de gens absolument méprisés par tous, M. Pillet dit (3) : « Il est également permis de se servir de la déloyauté d'un traître, pourvu que cet acte qu'on lui commande ne soit pas de ceux que prohibe le droit des gens, comme le serait l'assassinat d'un général ennemi. »

Citant Philippe qui achète la Grèce, il ajoute : « La déloyauté n'existe que pour celui qui se laisse cor-

i, L'Angleterre a glorifié les actes d'espionnage dans le Cariiet de poche du soldat anglais j rédigé par lord Wolsele\.

2. BuGBÀUD. Maximes, conseils et instructions sur l'art de la guerre.

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