PiLLBT. Les lois actuelles de la guerre, p
66 CHAP. II. — l'espionnage au point de vue moral
rompre. Quant à celui qui corrompti il se borne, en somnie^ à profiter de la faiblesse de son adversaire et il a raison de le faire. »
Nous commencerons par faire observer ici que la guerre elle-même est rarement morale, quelle est souvent nécessaire, un mal nécessaii^e, et que chercher à la rendre magnanime dans ses moindres détails est une utopie. L'espionnage n'est ni plus ni moins moral que mille autres moyens employés chaque jour à la guerre, par nécessité.
On ne saurait d'ailleurs émettre un jugement général: tout dépend des circonstances. Obtenir des renseignements militaires peut ne demander aucune bassesse ou vilenie : ce peut être le résultat de l'audace plutôt que de la ruse, de la connaissance d'une langue, du manque de méfiance d'un particulier ou même de son indiscrétion ; les transmettre consiste généralement à profiter de la négligence de l'ennemi ou de ses fautes, qu'il est permis de provoquer sans infamie ou ignominie. Aussi, dans la plupart des cas, ne voit-on même pas trop à quels actes ces grands mots s'appliqueraient. La transmission des renseignements surtout exige plus d'audace que de duplicité, plus d'énergie que de fourberie, et, quand nous aurons montré les multiples qualités que doit réunir un bon espion, nous croyons qu'il sera difficile de méconnaître le caractère chez ces êtres si décriés, et de ne pas avouer que si tous les espions sont des gens braves, il y a aussi parmi eux de braves gens.
Ce que nous venons de dire concerne uniquement les individus qui espionnent une armée de nationalité étrangère, et nullement ceux qui espionnent au préjudice de leur propre patrie : ces derniers sont des traîtres, et ce