YusuF. La guerre d* Afrique. Reconnaissances
78 GHAP. 111. — l'espionnage au point de vue militaire
Historique de l'emploi des espions
Sans remonter à Joseph qui retint ses frères en Egypte parce qu'il les croyait coupables d'espionnage (1), l'antiquité grecque et romaine eu fournit de nombreux exemples. Des chapitres spéciaux lui furent consacrés par l'empereur Léon le Philosophe dans ses Institutions militaires, par Polyen dans ses Ruses de guerre, par Frontin dans ses Stratagèmes (2).
Epaminondas (3) disait que l'espionnage était la chose la plus nécessaire à un chef d'armée.
Polybe (4) rapporte qu'Annibal avait préparé son expédition en Italie en envoyant d'avance de nombreux agents chargés de s'enquérir de tout. « Il avait demandé des renseignements positifs sur la fertilité du pied des Alpes et de la vallée du Pô, sur les populations de ces contrées, sur leur esprit militaire et, avant tout, sur la haine qu'elles semblaient nourrir contre le gouvernement de Rome. Aussi n'était-il rien qu'il ne fît promettre à tous les chefs gaulois établis en deçà des Alpes et dans les Alpes mêmes. »
Jules César en fit autant, parait-il^ lors de sa campagne en Angleterre.
Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche, fait des espions et même des espions doubles un usage cons-
i . Dêtourbet. L'espionnage et la trahison. Historique, p. 55.
2. Froment. L'espionnage militaire. Historique très détaillé.
3. Rapporté par Dbtourbet. L'espionnage et la trahison, p. 55, note 3.