L'indicateur Chaix en France, le Hendschel en Allemagne
La composition de Tarmée, la répartition des corps sont données par les Annuaires en France, le Statistisches Jahrbtich fur dos deuische Reich en Allemagne. De même, dans tous les pays d'Europe.
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cialiste, et de dérober le plan de mobilisation, ce qui nécessite la complicité d'un national, partant une trahison. Si, pour la préparation de la guerre, les espions sont moins utiles, il n'en est pas de même la guerre déclarée, et leur rôle devient alors d'autant plus important que le pays, la langue, les mœurs de l'ennemi sont plus inconnus (1).
Historique du service des renseignements
Nous avons vu que, jusqu'à la fin de l'ancien régime, en France, l'espionnage militaire et l'espionnage politique étaient confondus.
Sous la Révolution, fut organisé, au ministère de la guerre, le Bureau de la partie secrète, qui suivit les errements de la royauté et surveilla plus les Français que les espions étrangers.
M nous faut aller jusqu'à Napoléon pour trouver une organisation sérieuse.
Pendant son règne, le service d'espionnage fonctionne admirablement; il avait chargé de la haute direction Savary et, sous ses ordres, Schulmeister. Il dépensait des sommes considérables et recourait volontiers à la corruption des officiers d'élat-major, ce qui était relativement facile à une époque et dans des pays où les officiers changeaient souvent de drapeau. 11 savait que,
1. La guerre Anglo-Boër nous montre Timportance que peuvent avoir les guides dans un pays où les cartes font défaut.
Vers le 10/12 1899, le général Gatacre faisait l'aveu qu'il s'était laissé tromper par ses guides, et qu'à cette même date pas un des colonels qui opéraient en Natalie n'était encore pourvu de la carte du pays (Longuet. L^ droit actuel de la guerre terrestre).
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quand on peut soudoyer un officier ennemi, on obtient souvent des résultats considérables.
A chaque instant, dans la correspondance de Napoléon (1), on trouve des traces de la double préoccupation qu'il éprouvait : se renseigner et déjouer les tentatives des espions adverses.
Nous nous contenterons de citer la lettre suivante qui, d'un bout à l'autre, n'est qu'une série d'instructions pour l'organisation d'un service d'espionnage en Pologne russe.
A Monsieur Marety duc de Bassano, ministre des relations extérieures à Paris.
Paris, 20 décembre i8H.
« Monsieur le duc de Bassano, écrivez en chiffres au baron Bignon que, si la guerre avait lieu, mon intention est de l'attacher à mon quartier-général et de le mettre à la tête de la police secrète comprenant l'espionnage dans l'armée ennemie, la traduction des lettres et pièces interceptées, les rapports des prisonniers, etc.; il est donc nécessaire que, dès aujourd'hui, il monte une bonne organisation de police secrète ; qu'il faudrait qu'il eût deux Polonais parlant bien la langue russe, militaires, ayant fait la guerre, intelligents, et dans lesquels ont pût avoir confiance, connaissant l'un la Lithuanie, l'autre la Volhynie, la Podolie et l'Ukraine, et un troisième parlant allemand et connaissant bien la Livonie et la Gourlande. Ces trois officiers seront chargés d'in-
i. Correspondance militaire de Napoléon I^^. Lettres du 20/9 1797 au général Dumas, du 1/3 1807 au général Morand, du 17/1 1807, du 13/11 1807, etc.
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terroger les prisonniers. Ils devraient parler parfaitement le polonais, le russe et Tallemand. Us auront sous leurs ordres une douzaine d'agents bien choisis, lesquels seront payés suivant les renseignements qu'ils donneront, lis devraient également être en étal de donner des éclaircissements sur les endroits où passerait l'armée. »
« Je désire que le sieur Bignon s'occupe sans délai de cette grande organisation. En commençant cette organisation, les trois agents de correspondance devront avoir des agents sur les routes de Pétersbourg à Vilna, de Pétersbourg à Riga, de Riga à Memel, sur les routes de Kiev et sur les trois routes qui, de Bucarest, conduisent à Saint-Pétersbourg, à Moscou et à Grodno; en envoyer à Riga, à Dûnabourg, à Pinsk, dans les marais, à Grodno, et donner l'état de situation des fortifications jour par jour. Si les renseignements sont satisfaisants, je ne regretterai pas une dépense de 12.000 francs par mois. Pendant la guerre, les récompenses pour ceux qui donneront des avis utiles à temps seront indéterminées. Il y a parmi les Polonais des hommes qui connaissent les fortifications, et qui peuvent, de ces différentes places, bien indiquer l'état où elles se trouvent, t
Napoléon.
Les officiers d'ordonnance de l'Empereur furent parfois utilisés pour aller chercher des renseignements, tels M. de Montesquiou en Autriche et M. de Tournon en Espagne.
Ses adversaires d'ailleurs agirent de même, surtout les Anglais; nous donnerons plus loin des exemples.
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Le célèbre partisan Figner rendit les plus grands services aux Russes, en 1812, dans la région de Moscou.
Connaissant admirablement la langue française, il pénétra hardiment dans nos bivouacs, sous le déguisement, tantôt d'un marchand, tantôt d'un colporteur, quelquefois môme habillé en officier français.
Bugeaud organisa, on Ta vu, un service très complet d'informations en Algérie.
Pendant la campagne de 1866, aucun des deux partis ne négligea ce précieux moyen de renseignement.
En 1870, les Allemands firent preuve, en cette matière, d'une grande supériorité sur nous. Un de leurs principaux espions, Schniz, arrêté à Metz, révéla, avant d'être fusillé, l'organisation allemande du service d'espionnage (1). Beaucoup d'autres furent pris, dont l'audace était poussée loin (2). Le plus grand nombre fut découvert pendant le siège de Paris ; deux d'entre eux, par exemple, s'étaient déguisés en petites sœurs des pauvres ; un autre demandait la charité et dessinait les fortifications de Paris dans le fond de sa casquette.
Pendant la guerre de 1877-78, les Russes ne firent que très peu usage d'espions, peut-être à cause de la difficulté qu'il y avait à trouver des gens pouvant remplir ce rôle dans un pays comme la Turquie. La manière de vivre des Turcs, presque inconnue au reste du monde, mettait un espion russe, qui aurait vécu au milieu des troupes turques, dans une situation beaucoup plus dan-
1. L'organisation actuelle du service en France et en Allemagne a été Tobjet d'une étude approfondie de Ja part du Lieutenant Froment, ouvrage cité.
2. La veille de la bataille de Goulmiers, le 8/11 1870, à la nuit tombante, un officier bavarois, couvert d'un manteau d'artilleur
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gereuse que n'était celle d'un espion allemand parmi des Français; elle exigeait de lui une connaissance très approfondie de la population turque, de sa religion, de ses habitudes et de son caractère.
Le colonel Klembowsky (l)cite cependant un document permettant de croire que des espions de circonstance ont parfois donné dans cette guerre des renseignements très utiles.
Diaprés le témoignage du principal espion russe, les Turcs avaient également leurs espions, particulièrement des Bulgares, qui en faisaient métier par amour de l'argent, ou par vieille amitié pour les Turcs dont ils ne souhaitaient pas la défaite.
Emploi des espions
L'emploi des espions ne doit pas être exceptionnel : il doit être général, parce que d'abord, c'est le seul moyen d'apprendre à s'en servir utilement et qu'en outre il est nécessaire en toutes circonstances et, pour ainsi dire, sur tous les points.
C'est ce qu'a compris le Règlement sur le Service de l'armée allemande en campagne, qui dit (article 58) : « La connaisvsance de la situation est très importante pour celui qui doit donner des ordres. On obtient cette
français, se plaça comme planton à la porte de la tente où le général de Blois, commandant Tartillerie du 15® corps, s'entretenait avec son officier d'ordonnance sur la manière dont il comptait employer le nouveau matériel (pièces de 5, système de Refîye). L'espion réussit à surprendre cette conversation. Démasqué, il fut exécuté sur-le-champ (Ecole spéciale militaire. Annexes au œurs de tactique, 1892-93).
1. Colonel Klembowsky. Uespionnage militaire en temps de paix et en temps de guerre, p. 13 à 17.
connaissance à l'aide des renseignements envoyés par le commandement et des communications échangées entre les corps voisins. On la complète à Taide du service d'espionnage et du service des renseignements organisés par tous les commandants de troupes ».
Il est évident que l'importance et le rôle de ces espions seront variables. Le généralissime doit embrasser tout le théâtre de la guerre, au lieu de se borner à savoir ce qui se passe sur le front des troupes; il doit voir beaucoup plus loin, jusqu'au grand quartier-général de l'ennemi. Naturellement il devra envoyer des espions à des distances considérables, et les charger de recueillir d'importants renseignements stratégiques, qui influeront sur tout le cours des opérations. La quantité de questions qui doivent être résolues, ainsi que leur importance et souvent leur complication, nécessitent l'envoi de nombreux espions, bien choisis, c'est-à-dire expérimentés, éprouvés, et un peu au courant des choses militaires. Les nus sont, suivant le besoin, envoyés à Tennemi et reviennent après l'accomplissement de leur mission. Les autres sont détachés, pendant toute la durée de la guerre, à l'état-major du général en chef de l'armée ennemie, auprès des différents chefs de service, particulièrement auprès des intendants, parce qu'il est très facile de juger les intentions de l'adversaire d'après l'état exact de ses magasins et de ses approvisionnements.
Ce faisant, on suivra l'avis du maréchal de Saxe qui, parlant des espions, disait : c Ces gens doivent être choisis dans le pays où l'on fait la guerre ; il faut les prendre intelligents, adroits et sages, en disperser partout, chez les généraux, chez les vivandiers et surtout
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chez les pourvoyeurs des vivres, parce que, par les approvisionnements, les dépôts et les caissons de pain, il est aisé de juger des desseins des ennemis ».
On ne saurait donner qu'un aperçu de la manière d'opérer des espions, car elle est essentiellement variable avec les circonstances et les individus. Le problème se résume essentiellement pour eux à s'introduire dans les bivouacs; pour cela, deux prétextes leur servent : ils sont, selon l'occasion, acheteurs ou marchands (1).
Ils se déguisent ordinairement en marchands ambulants, colporteurs, bergers, conducteurs de troupeaux, etc.
Ils vont à l'ennemi, se rendent d'un lieu dans un autre, en évitant de séjourner longtemps au même endroit, ou d'y retourner une deuxième fois, particulièrement lorsqu'ils changent de costume.
Transmission des renseignements. — Obtenir des renseignements n'est pas tout; ilfautles faire parvenir et avec rapidité. Le temps que nécessitera cette transmission sera, toutes choses égales d'ailleurs, en rapport avec la distance à laquelle opéreront les espions.
Parfois, leur mission remplie, ils rejoindront les troupes; mais, s'ils s'absentent un certain temps, il faut qu'ils envoient de divers endroits des rapports, et que, par conséquent, ils se servent d'intermédiaires.
Ces derniers ne comptent pas parmi les espions. En transmettant un rapport, ils n'ont pas besoin de savoir ce qu'il contient ni quelle en est l'importance. Il leur faut de l'adresse, de Thabileté ; ils doivent être capables de surmonter des obstacles de toutes sortes, de savoir s'orien-