‹ L'espionnage militaire en temps de guerreChapitre 42 sur 108 · I II. — ORGANISATION DE L^BSPIONNAGB · texte numérisé non relu

I II. — ORGANISATION DE L^BSPIONNAGB

Mais le retour de l'espion ne peut pas toujours être prévu, même approximativement. Dans ce cas, il faut que l'espion, en arrivant sur la ligne des sentinelles, fasse appeler l'officier qui Ta chargé de la mission.

Pendant le siège de Metz, les espions français et les porteurs de dépèches qui rentraient dans la place étaient soigneusement interrogés par les postes français, très longtemps retenus, et souvent mal traités. Bientôt même on ne les laissa plus passer; c'est ainsi qu'un riche Anglais, nommé Vauclair, qui s'était librement offert pour porter à Metz une dépêche importante, ne put, sur Tordre d'un officier qui le menaçait de le faire fusiller, franchir la ligne des avant-postes. Le gendarme Karnut et son fils, venus de Thionville à Metz par des chemins différents, furent reçus par les sentinelles à coups de fusils.

Pour éviter ces inconvénients qui diminuaient le nombre des agents de bonne volonté, le gouverneur de la place délivra aux espions des passeports. Mais ce procédé ne réussit pas davantage, car les espions les détruisaient généralement, pour éviter de se trahir s'ils tombaient entre les mains des Allemands (i).

Lorsque le chef des espions sera averti par la ligne des sentinelles de l'arrivée d'un de ses agents, il se rendra immédiatement auprès de la sentinelle en question, interrogera Tespionet lui donnera une nouvelle mission. Pour éviter les retards, on peut aussi conduire l'espion chez son chef, mais alors il est à souhaiter qu'on charge

i. Les espions allemands ne portaient rien sur eux qui pût les trahir. Ils avaient seulement au cou, sous leur vêtement, une petite médaille ornée de certains signes qui leur servait à se reconnaître entre eux et surtout à se faire relâcher par leurs patrouilles et leurs avant-posles (Froment. L'espionnage militaire^ p. 156).

96 CHÀP. III. — l'espionnage au point ob vue militaire

de cette conduite des personnes de confiance, c'est-à-dire des officiers ou des sous-officiers choisis par le chef des espions et stationnant sur la ligne des sentinelles. Il faut toujours interroger les espions séparément, puis récapituler leurs réponses et les comparer.

Dans aucun cas, on ne devra permettre à des espions en qui Ton n'a pas confiance de séjourner auprès des troupes; il faut les renvoyer aussitôt avec de nouvelles missions, ou bien, si Ton n'a rien à leur confier, les loger dans un endroit qu'ils choisiront eux-mêmes, situé au delà de la ligne de sécurité. Dès qu'on a de nouveau besoin de leurs services, on les fait prévenir. A Tétatmajor, on ne garde que les espions sûrs, tout en les tenant séparés autant que possible.

Les indications fournies par un espion peu connu et non éprouvé ne serviront de base à l'élaboration des projets ultérieurs que si elles sont confirmées par des renseignements provenant d'autres espions de fidélité éprouvée.

Il est évident que la plupart des renseignements pourront être vérifiés parla comparaison avec les dires des déserteurs, prisonniers, voyageurs, etc., que tous les règlements militaires prescrivent de questionner. A cet égard, le règlement allemand (1) s'exprime ainsi : « On peut obtenir aussi des renseignements par les prisonniers et les malades abandonnés par l'ennemi, ainsi que par les papiers trouvés sur les officiers prisonniers, blessés ou morts. »

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