I II. — ORGANISATION DE L*ESPIONNAGE
Nous avons vu que les renseignements fournis par un seul espion ne pourront être pris en considération que s'ils énrianentd'un homnied'une fidélité éprouvée, et que, dans la majorité des cas, on contrôlera ses rapports à l'aide de ceux d'un autre espion. Mais alors on n'aura de garanties que si ces espions ne se connaissent pas entre eux et n'ont jamais de communications qu'avec le chef du service.
Maurice de Saxe avait résumé ainsi cette manière de procéder (t) :
« 11 faut que ces espions ne se connaissent point les uns les autres. 11 en faut de plusieurs ordres : les uns, propres à se faufiler dans les compagnies; d'autres, courant l'armée pour acheter ou pour vendre : ceux-ci doivent connaître chacun un de leurs compagnons du premier ordre, pour en recevoir ce qu'ils doivent aller porter au général qui les paye. Il faut charger de ce détail quelqu'un qui soit fidèle et intelligent, s'en faire rendre compte tous les jours, et être sûr qu'il ne puisse être corrompu. >
11 parlait en connaissance de cause, et ses contemporains auraient bien dû suivre ses conseils.
En effet, pendant la guerre de Sept Ans, on centralisa chez nous le service des espions entre les mains du célèbre chef de partisans Fischer. Cette innovation ne fut point heureuse. Les espions finirent par être connus les uns des autres et, conséquence inévitable, des ennemis eux-mêmes ; car, dans le nombre des espions, il s'en trouve toujours de faux, qui servent les deux partis. Un beau jour, l'état-major hanovrien les fit tous enlever d'un