LoNGUBT. Le droit aduel de la guerre terrestre^ p
3. Revue générale de droit international public. 1900, p. 798.
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ter tout danger : évidemment, en supprimant les relations d'un Etat neutre avec ses représentants sur le théâtre de la guerre on élimine une chance d'indiscrétion, maison en laisse subsister une plus considérable en autorisant un gouvernement ennemi à correspondre avec ses représentants en pays neutres. La seule mesure donnant une sécurité absolue consiste à interdire toute communication diplomatique, quelle que soit la nationalité des agents. Elle peut sembler radicale; mais, en temps de guerre, les demi-mesures sont les plus mauvaises.
Correspondance privée
Quant aux correspondances privées, — si elles sont transmises par la poste, le cabinet noir saura bien arrêter les lettres dangereuses, — si elles sont portées par des agents particuliers, ceux-ci rentreront dans la catégorie des messagers.
Pour remplir leur mission, indépendamment du désir qu'ils ont d'éviter le châtiment qui leur est réservé, les messagers sont obligés de recourir à des expédients. De tout temps et dans tous les pays, on s'est ingénié à correspondre en dissimulant la lettre aux investigations de l'ennemi.
Polyen rapporte, dans ses Ruses de guerre, que Histiée, pendant qu'il était en Perse auprès de Darius, forma le dessein de faire soulever l'ionie; mais il n'osa envoyer de lettres dans la crainte qu'elles ne fussent interceptées en chemin. Il s'avisa de faire raser un esclave, de la fidélité duquel il était assuré, et lui piqua sur la tête ce peu de mots : « Histiée à Âristagore : Fais soulever rionie ». Il laissa ensuite croître les cheveux de l'esclave.
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et renvoya à Arislagore qui, l'ayant fait raser, exécuta l'ordre reçu.
Depuis cette époque, l'imagination humaine, stimulée par la nécessité, a tellement varié ses procédés que nous ne saurions en donner même un faible aperçu. Disons seulement que la photographie a permis de réduire les dépêches, chiffrées généralement (1), à un volume très faible, facilitant la dissimulation.
En 1870, les procédés les plus nouveaux furent employés : il y eut des dépêches cachées dans une canne, dans la semelle d'un soulier ou dans la visière d'une casquette.
Souvent elles furent réduites en une boulette recouverte ensuite d'une enveloppe de caoutchouc : à la moindre alerte on Tavalait... ; certains émissaires durent, au cours de leur voyage, avaler jusqu'à huit fois la dite boulette (2).
On vit des expédients plus ingénieux, des dépêches cachées dans des clés se dévissant, dans des baleines de parapluie, dans une cigarette, un manche de couteau, une fausse dent, une pièce de dix centimes, coupée en deux,
1 . Les procédés de cryptographie sont excessivement nombreux : tout le problème consiste à se servir d'une clé peu encombrante, ou mieux, facile à retenir. Un ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, M. Hermann, a poussé la perfection de cette science jusqu'à ses dernières limites avec son cryptographe à réglettes. Cf. la Revue Rose du 2/9 1893.
2. Lorsque les Allemands se furent rendu compte que les messagers français avalaient la dépêche dont ils étaient porteurs, ils agirent de la manière suivante : ils faisaient soigneusement fouiller les prisonniers, les déshabillaient, leur donnaient une forte purge, et les faisaient surveiller ; si, au bout de huit jours, on n'avait pas pu constater la faute du prévenu, on le renvoyait généralement, après l'avoir menacé de le faire fusiller s'il était repris. Les coupables étaient fusillés sur-le-champ.
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évidée, et, une fois la dépêche introduite, plongée dans du vinaigre pour cacher la coupure (1).
L'antique ruse des indiens au Mexique, consistante placer la dépêche sous les fers du cheval, ne vaut que si la liberté est rendue à la fois au cavalier et à sa monture, ce qui paraît problénialique.
Quoi qu'il en soit, ces procédés montrent que la nécessité rend inventif. Pour plus de sûreté d'ailleurs, on enverra, autant que possible, au moins deux exemplaires de la dépêche et, si le porteur inspire confiance, on lui en révélera le contenu.
Mentionnons, dans le même but, l'emploi de la télégraphie optique, des pigeons voyageurs, des ballons.
L'avenir semble devoir augmenter les difficultés de la saisie des correspondances, lorsque le ballon dirigeable et la télégraphie sans fil seront d'un usage pratique.
Reporters
Les progrès que la presse a réalisés pendant la seconde moitié du xix® siècle ont fait d'elle une véritable puissance, d'autant plus bienfaisante et dangereuse qu'elle est plus libre : c'est une arme à deux tranchants. En temps de guerre, elle peut faire beaucoup de mal par ses indiscrétions (2) ; aussi est-il naturel que l'autorité mili-