Lieutenant Froment. L'espionnage militaire y p
2. Le Temps publia, en août 1870, une dépèche ainsi conçue : « Armëe de Mac-Mahon rassemblée à Ueims ; empereur et prince Napoléon sont avec Tarmée. Mac-Mahon cherche à opérer sa réunion avec Bazaine ». Un espion allemand la télégraphia au grand quartier-général, le 23 août dans la soirée. On sait qu*elle détermina Tétat-major allemand à abandonner la marche sur Paris, pour opérer la grande conversion à droite, qui nous conduisit à Sedan.
taire puisse enrayer sa rage de tout savoir et de tout dire, même lorsqu'elle ne sait pas.
Pour les journaux nationaux, en Tabsence d'une loi spéciale, la proclamation de Télat de siège donne sur ce point à Tautorilé militaire les pouvoirs nécessaires. Si Ton recule devant cette mesure rigoureuse, on a la faculté de promulguer un règlement destiné à mettre un frein aux indiscrétions.
En pays conquis, on peut réduire la presse au silence, à moins qu on ne la juge utilisable pour le service de sa propre cause (1).
Les correspondants peuvent être nationaux, neutres ou ennemis, et être attachés à des journaux également nationaux, neutres ou ennemis.
L'interdiction de communications militaires pourra toujours être faite aux reporters nationaux. Quant aux correspondants que la presse neutre accréditera auprès d'une armée, la convenance la plus élémentaire empêchera de les prendre de même nationalité que l'ennemi : ils seront donc nationaux ou neutres. Les reporters neutres devraient jouir des avantages de leur nationalité. Mais les belligérants ont à se prémunir des dangers qu'offrent pour eux les indiscrétions professionnelles du reportage ; ils auront donc le droit d'ouvrir les lettres, de les retenir, et d'y faire apporter des modifications (2).
Ce droit paraît être admis actuellement, et on trouve des exemples de son application dans toutes les dernières guerres.
1. En 1793, les Prussiens fabriquèrent un Moniteur de la République française. En 1870, ils introduisirent par des espions dans Paris leur Moniteur officiel du gouvernement général (Reims) et le Moniteur officiel du département de Seine-et-Oise.
2. Revue générale de droit international public. 1898, p. 791.
132 GHAP. III. — l'espionnage au point de vue militaire
Eu 1879, les Anglais, lors de la campagne contre TAfghanislan, mirent en vigueur un règlement très sévère, qui a servi de base aux interdictions prononcées depuis par les autres peuples (1).
Nous verrons, en étudiant la législation internationale de Tespionnage, que fréquemment les War correspondents ont été accusés d'être de véritables espions et traités comme tels.
Multiples donc sont les individus dont une armée doit redouter l'espionnage : elle est comme entourée d*uû réseau, dont elle ne peut apercevoir que difficilement les mailles. Le danger qu'elle court, Tincertitude où elle est du côté où elle doit porter son attention, expliquent son irritation et excusent en partie sa rigueur envers les espions capturés. Ils n'ont guère à espérer en la clémence de ceux qui les prennent, et c'est cependant leur seule chance de salut. On va voir en effet qu'ils n'ont à attendre de la loi qu'une sévérité impitoyable.