‹ L'espionnage militaire en temps de guerreChapitre 60 sur 108 · Montesquieu. Esprit des lois. Livre I, chap. III · texte numérisé non relu

Montesquieu. Esprit des lois. Livre I, chap. III

§ 1. — l'espionnàgb est-il licite ? 137

indispensables pour l'alleindre (1) et, comme on ne saurait laisser à chaque individu la libre appréciation de la nécessité, qui varierait ainsi arbitrairement selon le tempérament de chacun, la race, les circonstances, etc., une entente s'est faite entre les diflférents peuples pour délimiter ce qui est défendu. Cet accord repose sur notre interprétation actuelle de la loi naturelle, autrement dit, sur ce que notre conscience d'homme se disant civilisé nous permet (2). C'est le maximum de nos droits, le summum juSy bien en deçà duquel nous devons nous efforcer de rester, sous peine de commettre la summa injuria.

Selon Vattel, les ruses de guerre sont, non seulement licites, mais souvent même plus humaines et plus morales que l'emploi de la force ouverte. « Comme l'humanité nous oblige à préférer les moyens les plus doux dans la poursuite de nos droits, si par une ruse de guerre, une feinte exempte de perfidie, on peut s'emparer d'une place forte, surprendre Tennemi et le réduire, il vaut mieux, il est réellement plus louable de réussir de cette manière que par un siège meurtrier ou par une bataille sanglante».

Ainsi, Duguesclin, entrant dans Hennebont avec ses soldats déguisés en porteurs de fagots et s'em parant de la ville sans coup férir, sauva nombre d'existences humaines.

De même, lorsque le maréchal de Qram mont se présenta seul devant Dole et s'en fit ouvrir les portes par les

i. « La fin légitime ne donne un véritable droit qu'aux seuls moyens nécessaires pour obtenir cette fin : tout ce qu'on fait au delà est repoussé par la loi naturelle, vicieux, et condamnable au tribunal de la conscience. » (Lieutenant Fatoux. La guerre continentale. Limitation des moyens de nuire).

2. GoLONiEu. L'espionnage au point de vue du droit international et du droit pénal français.

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