Pradikr-Fodéré. Ouirrage cité. T. VII, p
hostile, agit en ennemi, et, s'il est capturé dans Texécutîon de sa mission, a droit, comme tel, à être traité en prisonnier de guerre ».
Les autres auteurs subordonnent ce traitement du messager au fait d'accomplir ouvertement sa mission.
€ C'est inadmissible, objecte M.PradierFodéré, la nature de la mission des messagers ne comporte pas qu'ils agissent ouvertement ». Alors on les assimile aux espions (Guelle. Précis des lois de la guerre. T. 1, p. 134), et M. Pradier-Fodéré proteste contre cette assimilation; car, suivant lui, i( le porteur d'une dépêche, quand bien même il a pris un déguisement, ne se rend coupable d'aucune perfidie,... vu qu'il n'épie pas et qu'à ce titre il n'a rien de commun avec l'espion ».
Cette théorie semble facile à réfuter, même si Ton ne considère pas l'espionnage comme comprenant deux étapes : la recherche et la transmission des renseignements (car, si Ton tient compte de cette deuxième phase, que fait le messager, sinon transmettre les renseignements ?)
Admettons, pour un instant, la théorie de M. Pradier- Fodéré. Les espions non plus ne devraient pas être punis de mort, tout le monde serait prisonnier de guerre; car, eux aussi, les espions, commettent un acte d'hostilité. Mais ils le commettent en se déguisant, et c'est pour cette raison qu'on les fusille. Ce n'est pas tant la nature do l'acte (obtenir des renseignements ou les transmettre) que l'on punit; on sévit contre eux à cause du danger spécial qu'ils font courir. En eflfet, on ne peut se méfier d'eux, et ils se servent de faux prétextes, qu'il s'agisse d'un espion ou d'un messager déguisé. Le même traitement semble d'autant plus logique que celui qui apporte les renseignements de l'espion, au point de vue du droit.
§ III, — i^'bspionnag^ et lb droit contemporain 465
est espion (ou complice) et messager, et que, presque toujours, le messager sera messager et espion, le premier soin de celui qui le recevra étant de lui demander des renseignements, comme son principal souci, à lui, aura été de s'en procurer.
La pratique de la guerre donne au silence de la loi une seule et même interprétation : le messager est puni de mort lorsqu'il n'est pas en uniforme.
a Masséna ayant écrit à TËmpereur pendant que nous étions à Goimbre, dit Marbot, la difficulté consistait à faire passer cette dépêche au milieu des populations insurgées, réunies sur nos derrières et nos flancs, Un Français aurait échoué dans cette mission ; il fallait quelqu'un qui connût le pays et en parlât la langue. M. de Mascareguas, un des officiers portugais qui avaient suivi le général d'Alorna en France et y avait pris du service ainsi que lui, s'oflFrit pour porter la lettre de Masséna. »
« J'assistai au départ de Mascareguas qui, s'étant déguisé en berger montagnard, portant un petit chien dans son panier, se flattait de gagner sans encombre Alméida, dont le commandant français lui donnerait le moyen de se rendre à Paris. Mais Mascareguas, appartenant à la première noblesse de Portugal, eut beau dissimuler sa taille élégante, ses manières distinguées et son langage d'homme de cour, les paysans ne s'y trompèrent pas. Il fut arrêté, conduit à Lisbonne, condamné à mort, et, bien qu'il réclamât les immunités de la noblesse, c'està-dire la faveur d'avoir la tête tranchée, il fut considéré comme espion et pendu en place publique» (1).
Si, par hasard, un traitement plus favorable est ac-