Revue générale de droit international public, 1894, p
§ III. — l'bspionnagb bt le droit contemporain 201
italien, en français et en anglais. Les correspondants ne pourront saivre les troupes dans leurs opérations sans une permission spéciale du commandant en chef. Ils seront soumis au Gode pénal militaire. Le commandant pourra expulser ceux qui transgresseraient les présentes prescriptions. Les permissions de séjour pourront être temporairement suspendues par le commandant en chef, s'il croit cette mesure requise par l'intérêt des opérations militaires ».
En réalité, une censure préalable présida aux correspondances envoyées en Italie,... « sans doute pour qu'on y connût mieux la vérité » (1).
« En 1893, dès le premier jour du conflit qui s'est élevé au Maroc, aux environs de Melilla, entre les Espagnols, souverains de cette place, et les Kabyles du Riflf, le général Macias, qui commandait Tarmée espagnole, refusa aux correspondants de journaux étrangers l'autorisation de suivre les opérations. 11 a, par suite, prescrit au représentant d'un journal anglais, ainsi qu'aux dessinateurs et correspondants du journal français Le Monde Illustré^ d'avoir à quitter la ville de Melilla où étaient concentrées toutes les troupes espagnoles (2). »
Cette défense de suivre les opérations fut d'ailleurs étendue aux attachés militaires (3).
Le 8 décembre, paraît un ordre du général Martinez Gampos qui, non content de refuser, comme son prédécesseur Macias, toute autorisation aux reporters, déclare m qu'il fera passer en conseil de guerre et punir de mort tous ceux qui communiqueront pour être publiées
\ , Lieutenant Froment. L'espionnage militaire, p. 297.
2 . Pradier-Fodéré. Ouvrage cité. Tome VII, note de la page 169.
3. Reoiie générale de droit international public y iSMy p. 3.