‹ L'espionne boche [microforme]Chapitre 38 sur 43 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

PAUL — LOUIS

PAUL

Ah, chien d'Allemand, croire qu'un Canadien puisse vendre les siens pour les trente deniers de Juda.

Allons, mon Louis, l'avenir n’est pas très clair à ce que je vois. Qu'importe; nous ne sommes pas venus à la guerre pour coucher sur des lauriers.

LOUIS

Tout de même, mon capitaine, savez-vous que j'aimerais autant être dans mon propre lit, chez nous, que sur ce banc de

bois, C'est pas mou tout de suite ça.

PAUL

Je vois que tu as conservé toute ta bonne humeur, tant mieux. Tu est bien heureux d'avoir une nature aussi joviale et de rire en face de la mort.

LOUIS

Quand on rit en face de Julie en colère, on peut après cela être joyeux devant tous les Allemands du monde. Ce grand capitaine, qui s’imaginait que vous étiez pour lui vendre pour trente sous des documents qui valent des millions. Ils sont bien ratoureurs, ces gâs là; ils ont essayé de vous voler en Angleterre; ils essaient de vous faire parler ici.

PAUL

Comme tu le vois, ils ne reussissent guère.

Louis ,notre silence est la vie de centaines, de milliers peut-être de nos braves soldats; offrons-le à Dieu sur l'autel de la patrie. Notre vie ne nous appartient plus; elle est au drapeau, à la cause sacrée des armées alliées; nous n'avons pas le droit de la reprendre nous méme,

LOUIS

Et dire qu'après tout Ça, il y a encore du monde chez nous blâmer ceux oui viennent combattre les Allemands. Ils me aux passagers d'un parce que le

pour font penser, ces gens-là, mon capitaine, bateau qui va rouler et qui ne s'en occupent pas bateau n'est pas à eux autres. Si le bateau anglais est coulé par les Allemands, les Canadiens qui sont dedans, ils vont couler avec, hein ,mon capitaine?

LOUIS Ton raisonnement est absolument vrai, mon garçon.

LOUIS

On frappe. Qui va là? Encore notre grand capitaine à dla

choucroute, je suppose.

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