SCENE VI
Les mêmes - Buelow - deux soldats.
BUELOW Lissottez les prisonniers (Les soldats ligottent Paulet Louis}
LOUIS
Ab, Julie, Jui. auctle drôle d'idée tu as eue de m'envoyer ici, Ah, ils ont raison de ne pas vouloir venir ici ceux qui sont un peu peureux.
BUELOW
Maintenant, faites venir l'autre! (Le lieutenant allemand va à la porte et fait un signe. Un soldat entre en trainant Marcelle
vrisonnière, les mains liées et plus morte que rire)
PAUL Marcelle !
MARCELLE
Paul! (Marcelle veut se précipiter vers Paul; elle en est empêchée par les soldats allemands)
BUELOW (lronique)
Oui, capitaine, c'est votre douce fiancée tombée elle aussi prisonnière entre nos mains. Mais nous ne toucherons pas un seul cheveu de sa tête sans vos ordres. Nous l'avons amenée ici pour vous donner la chance de lui prouver votre amour.
(A part) Marcelle prisonnière! Mon Dieu, mon Dieu, donnez moi la force et le courage de surmonter cette nouvelle épreuve.
MARCELLE
(Pleurant) Paul, Paul! ah, quelle affreuse vision: je suis tombée sur le champ de bataille en donnant des soins aux blessés: on m'a entrainée jusqu'ici. On veut maintenant me soumettre aux plus terribles supplices. Paul, sauve-moi.
PAUL Courage, Marcelle, la Providence veille sur ses enfants.
BUELOW
Allons, capitaine, évitez-nous la tristesse d'être obligés de faire du mal à cette jeune fille.
PAUL
Capitaine, vous avez martyrisé l'infirmière anglaise Edith Cavell, sachez qu'une Canadienne est aussi capable d'aller à la mort. Marcelle et moi nous sommes prêts.
BUELOW
Vous n'aurez pas ce bonheur de mourir ensemble. Capitaine, il en est temps encore; un mot, et votre fiancée est sauvée.