‹ L'esprit au théatreChapitre 162 sur 308 · LESAGE ET LA DUCHESSE DE BOUILLON · texte numérisé non relu

LESAGE ET LA DUCHESSE DE BOUILLON

Avant de paraître au théâtre, Turcaret fil beaucoup de bruii dans les cercles. La duchesse de Bouillon pria Lesage de venir lui lire sa pièce; il y consentit, et rendez-vous fut pris. Mais des affaires très-importantes l'empêchèrent d'arriver à l'heure convenue. Une nombreuse compagnie l'altendail avec une vive impatience. Lesage, en entrant, exposa en deux mots les motifs de son relard : il revenait du palais, où l'on avait jugé un procès qui pouvait le ruiner. La duchesse de Bouillon ne tint aucun compte de ses excuses, et le traita avec la plus grande hauteur. Elle finit en lui disant assez impertinemment qu'il lui avait fait perdre deux heures à l'attendre.

— Je vais, interrompit Lesage, vous faire regagner ces deux heures, madame la duchesse, en ne vous lisant point ma comédie.

Et, plianl bagage, il tourna les talons.

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