ROY
Le lendemain de la première représentation des Fêtes de Polymnie, opéra-ballet de Cahusac, qui ne réussit point, Roy était à la messe aux Petits-Pères ; un enfant de trois ans sifflait entre les bras de sa bonne; le poëte se retourne vers elle, et lui dit d'un grand sang-froid ;
— Dites à cet enfant de ne point siffler, ce n'est pas Cahusac qui dit la messe.
RUFIO
Lorsque M. Antony Béraud était directeur de l'Ambigu, il se faisait raser tous les matins par un coiffeur du nom de Riifio, qui logeait dans sa maison.
Figaro n'oubliait jamais son chapeau, M. Antony Béraud s'en étonnait.
— Pourquoi diable, Rullo, lui demanda-l-il un jour, mettezvous un chapeau pour venir ici?
— Pour pouvoir vous l'ôter, monsieur le directeur, répondit RuIio avec un sourire respectueux.
RUFUS (Caius)
Ce tavernier , s'approchant de Balbus Pinguis Piclor , le Lepeintrc jeune du Théiître de Pompée et lui frappant sur le Yen Ire :
— Eh! Pictor, ût-il, quand mettrons-nous en perce cet énorme tonneau?
SABATHIER DE CASTRES (l'abué)
Après la première représentation des Eaux de Bagneres, les Capitouls , irrités d'une saillie qui faisait allusion aux mœurs légères de quelques notables de la ville, envoyèrent chercher l'auteur pour lui laver la tôle. Celui-ci se défendit en soutenant qu'il n'avait eu personne en vue. Comme on n'ajoutait pas foi à cette allégation, il se rejeta sur la finesse du trait, et prélendit qu'en supposant qu'il fût applicable à quelqu'un , peu de spectateurs étaient capables de le saisir. Un pauvre d'esprit lui dit :
— Apprenez, jeune homme, que toutes les personnes qui vont à la comédie sont instruites et éclairées...
— Je vous y ai pourtant vu quelquefois, répliqua l'abbé.