‹ L'esprit au théatreChapitre 282 sur 308 · TRAIT DE COURAGE DE GAVAUDAN · texte numérisé non relu

TRAIT DE COURAGE DE GAVAUDAN

Au commencement de la Restauration, Gavaudan et sa femme furent en butte aux démonstrations hostiles des royalistes. Mais Gavaudan, lui, était une de ces natures d'élite qui ont la conscience de leur bon droit et ne savent jamais plier, surtout jusqu'à supporter une humiliation. On faisait en sorte de ne pas le faire jouer; mais il trouvait le moyen de protester partout où il se trouvait. Ainsi, à une première représentation au théâtre de la Gaieté, il assistait à une cabale d'ultras contre un artiste de ce théâtre. Deux messieurs se trouvaient dans la loge qu'occupait Gavaudan, et criaient à tue-tête.

— Parbleu ! messieurs, dit-il, je ne voulais pas entrer dans cette loge; je me doutais que j'y trouverais mauvaise société : ça sent la garde du corps, ici !

Il ne se trompait pas.

Cette apostrophe lui valut un coup d'épée dans le bras, et l'adversaire eut la figure labourée par la pointe de lépée de Gavaudan.

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