‹ L'esprit classique et la préciosité au 17è siècle. Avec un Discours et un Dialogue inédits de Chapelain sur l'amour et sur la gloireChapitre 11 sur 41 · février · texte numérisé non relu

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« Il y a quarante ans que je suis éclairci que ette brave nation généralement parlant [l'Eslagne] n'a pas le goût des belles-lettres, et que 'est un prodige lorsqu'elle produit un savant ntre mille avec quelque idée delà raison pour es composilionsjusies, quelque teinture des >eaux-arts et quelque ombre de la sagesse des nciens. Nous le voyons même dans les vieux ►oèles latins qui en étaient originaires, et dans es ouvrages desquels l'imagination étouffe lartout le jugement. » Après avoir parlé de [uatre ou cinq auteurs, qui ne sont u pas à iiépriser », il ajoute : « Hors cela, je ne vois u'enjouement ou que barbarie en leurs écriures. Car je ne parle point de la politique, où Is pipent, ni de la tbéologie, où ils sont des igles K ))

Tout de même que l'on réduit rintluence de Italie à celle, bien superficielle, de Marini, on eut que Ciongora soit quasi le seul Espagnol

1. Pipir a 11' sens d cxoellfr. On trouve ce mol dans Coieillc (le Menteur, III, 3) avec li- ni(}inc sens. Pour ce qui egardo les llirologitMis, Chapelain en parlait par oui dire, ar ce grand curieux n'eut jamais la curiosité di* mettre le ez dans leurs Soiiiines. — lialzac disait, de son coté : « Kst-il ossihle (|u'iivec une goutte de sens eunimun on puisse prc- &rer les poètes espagnols aux italiens, cl prendre les visions l'un certain Lope de N'éga pour di* raisonniihles composiions... »

qui ait fait chez nous des disciples. En générai,les Espagnols de lettres ont plus contrarié, en France, le mouvement classique, qu'ils n'y ont aidé. Il en va autrement des théologiens d'Alcala, ou de Salamanque. Mais après tout, l'influence des deux sœurs latines a été d'abordl politique ; et Machiavel un peu, mais surtou les nonces romains et les ambassadeurs de 1 Sérénissime République, pour l'Italie, et, pour] l'Espagne, cette lignée d'hommes d'Etat qui va de Ximénès à Antonio Pérez, voilà les véri tables pères de l'esprit classique ^ qui furent, d'autre part, les maîtres avoués de Richelieu 2.

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