CLASSIQUES ET PRECIEUX
Dont les doigls inr^aux, m;»is Ions ronds el menus, Iniilenl 1 embonpoint des bras longs el charnus.
II put croire aussi qu'elles se laisseraient peut-être attendrir à ce spectacle en effet déplorable :
Argilnionl approchait la formidable cime. Quand d'une Taux aiyuë il devient la victime ; Atteint par le gosier, il prend un rude saut, El fait, en trébuchant, trébucher Concressaut. Umbert reçoit au ventre une profonde plaie, Ollemonl à la gorge, à la tète Canaye, Au genou Roqucpine, à la hanche liarrein, A la cuisse Nargonne et Vendenesse au rein...
Pour s'être condamné à suivre, dans son ouvrage. Tordre chronologique, M. Collas n'a guère vu, en Chapelain, que le personnage extérieur. Mais combien plus intéressante, et combien plus vivante, eût été sa biographie, combien plus vraie aussi et plus l'ouillée, si du personnage apparent il eût passé au personnage intime, el interprété l'un par l'autre! Moins prompt à déférer à de certains conseils, il se lui mieux prélé aux suggestions des textes, (]ui l'eussent mi,s très \ile sur la voie de ce Chapelain peu connu, (jui c-l. ou je me trompe fort, le véritable. Chose curieuse, il cite telle page d'un grand intérêt, sans souj)-
çonner cet intérêt. Ainsi, la préface de la Pucelle, si « précieuse » de toutes manières, et: dont il reproduit de larges extraits, ne lui donne pas le moindre soupçon de ce Chapelain « précieux » qui s étale, d'autre part, dans le dialogue De la lecture des vieux romans. De même, il mentionne, en un endroit, le dialogue de Sarasin, S'il faut quun jeune homme soit amoureux ^, mais il n'en tire aucun parti.
Cette négligence, au surplus, n'est pas uniquement le résultat d'un vice de méthode, chez le biographe. Elle procède, en outre, et peutêtre surtout, d'un préjugé extrêmement commun, et dont M. Collas n'a pas su s'affranchir, préjugé qui consiste à voir dans la préciosité une bizarrerie divertissante, étrangère et même opposée à l'esprit classique. Or la préciosité, nous l'avons dit, n'est rien moins que cela. Cet idéal de l' « honnête homme », — que les précieux d'ailleurs n'ont pas tiré deux-mêmes ou inventé, mais qu'ils tenaient de la tradition nationale, — c'est, à y regarder de près, l'idéal
1. Chapelain, pi-incipal interlocuteur, y défend, contre Ménage, la femme et l'amour, y soutient les mêmes idées] que dans la préface de la Pucelle et dans le dialogue De la' lecture des vieux romans, à laide des mêmes arguments et presque dans les mêmes termes. V. Les Œuures de M. Sarasin, Paris, 1656, in-4% p. 137-257.
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:lassique lui-même, en tant du moins que :elui-ci fait de 1' « honnêteté » la pierre de ouclie et la loi de l'art. Mais aussi le « secret » le Chapelain n'est un secret que par rapport i nous, qui pour la plupart l'ignorons. Au :vii'^ siècle, c'était le secret de Polichinelle, et 1 n'y avait écrivain, digne de ce nom, qui 'oulùt encourir la réprohation des « honnêtes ;ens », ou qui n'en appelât à leur sufîVage. Mais avant d'ahorder, dans le détail, cette règle » que les précieux ont imposée à tout eur siècle, il nous faut montrer que les autres règles », auxquelles on réduit, en général, tout appareil de la discipline classique, ont été ormulées aussi par les précieux, et ({ue Desjréaux notamment les tenait d'eux.