SCENE H
MADAME OHOXTE. LUCAS.
Venez-vous de vous mellre sous la prolectioii démon mari? il peut m'ordonnerde vous «"arder uéans ; mais à coup sûr. j<' ne lui obéirai pas. Allons vite, venez me rendre les clefs, cl ([U(^ je vous paye vos gages.
LUCAS, d'un ton pleureur ,
Je suis bien fâché de vous rf uilLer. (// se retourne pour rire.) Ha, ha. ha. ha.
MADAME ORONTE
Vous riez, je crois.
LUCAS, il pleure.
Cela m'afflige. {Il rit en se retournant.) Ma, ha, ha.
MADAME ORONTE
Qu'est-ce à dire donc'?
LUCAS
Rien, rien. (// rit.) lia, ha, ha. (Tristement.) Ça, madame, je vas vous rendre vos clefs.
MADAME ORONTE
Je veux savoir ele quoi vous riez.
b I, E:5l'HIT UK COMHADICTION
LUCAS, ne se cachant plus pour rire.
Tin. ha, ha, hal je ne peu pu me retenir; aussi ben me via tout chassé, je ne vous crain pu. Ma! ha! je riais dun drôle de tour que je vous ai fait. Ha, ha! tou franc, c'est que comme ly a longtemps que je sis las de votre himeur acariâtre, et que je veux vous planter là. j'ai di à par moi : Si Madame voit que je veux mon congé, a ne sera pas de st' avis : si je veux être pa5'é de mes gages, à me les requinra, pour n'être pas de mon opinion : oh! faut mieux qup je la- fâche, aQn qu'à me chasse par elle-même.
MADAME ORONTE
<^'uiii 1 afin que je vous chasse?
LUCAS
Je vous ai fait une querelle ; ha, ha... mais je vas vous bailler vos clefs.
MADAME ORONTE
Oui, pour me faire pièce vous avez résolu de me laisser tout d'un coup sans jardinier?
LUCAS
C'est pour ça que je m'en vas.
MADAME ORONTE
Vous vous en irez quand j'en aurai un autre.
LUCAS
Ce sera drès tout à l'heure.
MADAME ORONTE
"Vous attendrez au moins jusqu'à demain.
LUCAS
Demain, von s ne seriajs pu en train de me chasser, je veux vous quitter.
Oh! il ne sera pas dit que je serai voire dupe. Vous voulez me quitter, et moi je ne veux pas que vous me quittiez.
LUCAS
On ne requint point les gens malgré eux; et vous ête d'une himeur...
MADAME ORONTE
Ouais! mon humeur est donc bien terrible?
LUCAS
Tanquia que j'en soufYre tro.
MADAME ORONTE
Suis-je si méchante dans le fond?
LUCAS
Morgue nenni ; je sai bian que ce n'est pas par malice qu'où faite endéver tout le monde : mais c'est que vote volonté est du naturel des hiboux; a ne va jamais de compagnie avec la volonté des autres.
MADAME ORONTE
C'est une étrange chose que la prévention! car il n'y a guère do femme qui contredise moins que moi.
LUCAS
Gn'en'a guère, c'est vrai.
h ESrniT DE CONTRADICTION
MADAME OHONTK
.le ne c»>iitredis jamais, à le bien prendre; mais c'est que je n'aime point (ju'on me eontredise. Par exemple, je me sais lâchée contre toi pour ton obstination. Pourquoi t'obstines-tu à me cacher ce que je veux découvrir? Xe sais- je pas que tu es le conseil, l'oracle de mon mari? Il t'a fait confidence sans doute du dessein qu'il a pour Angélique".''
LUCAS
lié ! il m'en a dit queuque petite chose.
MADAME ORONTE
Ah! voilà parler cela!
LUCAS
Je me doute bien itou de la pensée de mademoiselle Angélique.
MADAME ORONTK
Oui?
LIGAS
.le sais ben encore mon avis à moi, su tou ça.
MADAME OHONTE
lié bien, Lucas ?
Ll'CAS
Mais, ni de ma pensée, ni de celle de Mon.sieu, ni de celle de votre fille, je ne vous en ftiiai non pu qu'il en pleut.
Lucas, Je t'en prie, dis-moi.
LUCAS
Vous n'en saurais rien, vous dis-je ; car je vous vois veui. \'ous êtes lantô sur le oui, luntVi sur ic non. .le la marirai. je ne la marirai pas; qu'en dit-il? qu'en dil-elle? et ton ça, jusqu'à ce qu'où voyais tous l-^s chemins que les autres tnûleiont, pour en prendre eun tout de g'ouingouois qui ne ravienne à pas enn de ceux-là.
MADAME ORONTK
Au contraire, je suis toujours dans le bon chemin, et «hacun se détourne de moi paimalice. En un mot, je sais qu'on a céans quelque dessein contraire au mien. Mais j'aperçois ma fille, il faut que je lui reparle encore. Holà, Angélique, holà; venez un peu ici.
LUCAS, à part.
Allons retrouvé Monsieu sous le barciau.