‹ L'esprit de J. Barbey d'AurevillyChapitre 4 sur 12 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Disons le mot, — car le moyen de ne pas le dire lorsqu'on parle de Catherine II ? — elle eut dessens, des sens mauvais, violents, terribles. Mais elle eut plus de bon sens encore, et c'est par le bon sens que sa gloire sera faite. — (VIII-337).

Elle est Pierre le-Grand devenu femme, mais non pas, certes I tombé en quenouille. Sous ce front

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carré, qui est le front de la sagesse, disent les physionomistes, elle n'a pas une idée de plus que celles qui sont sorties du front superbe et orageux de ce dompteur d'éléments et d'hommes que l'on appelle Pierre-le-Grand. Elle l'a compris, et lui l'a fécondée. Ce qui fit la force et l'éclat de son règne fut ce qui fit l'éclat et la force de celui de Pierre: ce fut d'avoir civilisé des barbares. Mais ce qui en a fait peut-être aussi la faiblesse, ce fut d'avoir touché à cette chose mystérieuse et sacrée, l'originalité d'un peuple. Espèce de sacrilège que la Russie pourrait bien un jour expier comme une faute ; car en européanisant trop vite un peuple aussi asiatique que le peuple russe, Pierre et Catherine ont tous les deux créé cette société artificielle dont Diderot disait, tout enivré qu'il fut par Catherine : « Elle pourrit avant de mûrir ! »

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