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qu'il est possible île mmirir utilement les uns nrnir les autres. Que de grandeur se Inisse soupçonner (Inns cette voie ! Dévouement en faveur île lu famille, en faveur du pays, en faveur môme il'un ami ; dévouement sue le rliamp de bataille, dévouement du
guerrier, de la prêtresse, du vieillard, cour lanl en publie,
par une mort sacrée, toute une existence de sainteté ; on devine des temps où l'effort du siicorde.ee devait être de modérer l'omporlcmenl des victimes.
Les Romains, incapables d'entrer dans les mystères de celle liturgie transcendante, n'y ont vu que le sang qui la souillait : et, ou nom de ce qu'ils nommaient leur humanité, ils l'ont aeeablée sous leurs mépris qui l'élmilTent encore. Ils se rappelaient pourtant avec orgueil leurs deux Déeins qui, pour le salul de l'armée menacée, s'étaient dévoues jadis aux divinités infernales, el il semble qu'il n'aurait pasdù leur être difficile d'apercevoir qu'en Gaule, excités par les licites lumières de l'autre vie, les Déeius, dans la paix rumine dans la guerre, ne cessaient de .se montrer. l'Iularquc va jusqu'à dire qu'il aurait mieux valu pour tous ees peuples n'avoir aucune notion de la Divinité, que
sarrilice le srm^, îles hommes: sentence généreuse', mais' qui a l'inconvénient d'envelopper (ont le mouvement religieux du catholicisme dans le même analhème que celui des druides, et qui trahi!, par là même, son infirmité. Avant lout. cl quelles que puissent être les imperfections du culte, il faut s'appliquer de toute son âme à Dieu el à l'immortalité, cl c'est ce qu'ont fait excellemment nos pères sous la loi d'Esus comme sous celle du Christ, enlrainés même, selon toute apparence, de l'une à l'autre par l'identité du dogme en ce qui concerne fofiicnrilé du sacri-
II est donc à croire que la postérité, tout en condamnant les druides sur ce point, ne le fera pas sans merci. Elle réprouvera leur liturgie comme fautive dans la forme el dans le fond : dans la forme, alleiiiln que l'idée de Dieu ne doit s'appuyer que sur "des images d'amour el de paix cl non sur des scènes de sang; dans le fond, parce qu'à aucun titre le suicide n'est agréable à Dieu ; mais elle jugera que leur intention était juste et pure, et
elle les excusera. Inspirés désormais par une (-un naissain* plus lumineuse que In leur de In nature divine, ilnnl la boulé guide éternellement la loiile-puissnneo, il nous esl plus facile qu'à eux de concevoir l'ordre vérilable dus sacrifices. iSous apercevons sans peine que, si nous devons, à l'exemple de nos pères, continuer à nous immoler devant Dieu, ce ne doit pas être en
ueus donnant la mort , mais, a tout ce qui nous empêche é
u contraire, eu uou : mener ici-bas ut
s délivrant de
Comme Dieu n'a en vue que nuire bien, il ne sut
irait se plaire
qu'aux dévouements qui nous prolilenl. Aussi n'c:
iteo pas l'in-
stinet qui nous attache â la
vie qui doit Être 1
'objet de nos
sacrifices, puisque c'est préci
fuient sur celle b;
ise que noire
immortalité repose. Mais sacril
ions, sans ménagera
eut, cet autre
instinct qui nous attache à tant
de superumlés qui
louspréoceu-
peut au detrimenl du but snciv taux biens, un holocauste dign sur ses autels, mais en les par ce but, au contraire, l'indigenci
: de lu vie, cl faisut a de lui, non point lagcant avec eux q Sacriliens-lui, sur
ïn les brûlant ne distrait de [oui, la cohue
de ces inslincls aveugles qui ne cessent de nous exciter à des actions et à des pensées plus eu rappurl avec la vie des êtres inférieurs qu'avec celle dont il a placé en nous l'idéal; mettons à néant devant lui notre égoïsme; arrachons impitoyablement de nos cœurs notre animalité, et soyons, à cet égard, à toute heure de notre existence, hosties vivantes. Voilà les saci'ilices humains que Dieu appelle, car c'est précisément en vue de (elles immolations qu'il nous fait vivre, trouvant, on duit le croire, dans le spectacle de ers mystiques attentats où notre àme lui représente à la l'ois le sacrificateur et la victime, le plus beau culte que l'humanité puisse lui rendre. Les sacrilices humains sont tellement liés à la passion de l'immortalité sous la l'orme qu'elle avait revêtue dans la Gaule, que, lorsqu'un la voit se troubler, ou peut juger que la religion elle-même faiblit. Si l'on peut s'en rapporter à César, c'est ce qui aurait eu lieu de son temps, car il affirme que l'on n'avait recours aux victimes volontaires que lorsque les condamnés à mort taisaient défaut, cl que le sang de ces derniers était réputé le plus agréable aux dieux. . La mort de
DE L'IDÉE DE DIBD
ceux qui sont saisis dans le, vol, dans If brigandage, nu dans quoiqu'on Ire crime, dit-il, est regardée comme plus agréable aux dieux ; mais. lorsqu'un manque de victimes de ce genre, on en vient au supplice île victimes immcenles i Ainsi, à l'époque de la conquête de la Gaule, les saerilices volontaires n'auraient eu. dans l'opinion du clergé, qu'une valeur de second ordre, et c'est aux exécutions de justice, que l'on aurait donné la préférence pour le service des libations sanglantes réclamées par les autels. Toute une décadence religieuse serait écrite dans ee seul fait. Le changement avait pu s'opérer d'aitlani pins aisément, que l'un et l'autre rile reposaient pareillement sur In religion. Chez les Gaulois, l'administration de In justice se trouvant cnmpri.se avec celle de la liturgie dans les attributions du corps sacerdotal, c'était au nom el en présence de Celui qui est la source du droit comme de la vérité qu'était rendue toule senlence, et c'était aussi en sno nom et en sa présence, et par conséquent devant ses autels, que devait en avoir lieu l'exécution. Bien que les principes des deux modes de saerilices fussent essenliellemenl différents, la forme pouvait donc êtee la même, et, dans les décadences, la forme suffit. Ainsi, l'influence du paganisme, tout autrement empreint d'humnnilé que le drnidisme. avait pu. sans difficulté, profiler de ce joiot pour se glisser jusque dans les 'sanctuaires de la Gaule et y modérer, par un compromis, les emportements de l'antique mysticisme. I.e sang Immain ne cessait pas d'y couler conformément aux exigences de la tradition, et même pouvnil-on dire que, plus il était coupable, plus il élnit agréable aux dieux: car. plus il était coupable, plus il élail juste de le répandre. Mais, pour être juste, l'effusion n'avait cependant plus rien de méritoire. Il n'y avait plus de sacrifice dans le sens moral, on. pour mieux dire, l'offrande do la matière s'était purement et simplement, substituée, comme dans le inonde païen, à celle des sentiments. En dehors de celle déviation des rites archaïques, à laquelle
1. ÊrlainuummU : n= VIII, De oi"klqi!es serres de la vamu.iaritk