AVEC LA M.ULT
EMl'IUT DE la GAULE.
l'nmhignité avait 11 ci i par ko prêter, les druides n'en avaient pas mains mis la main sur la grande manière de In peine de morl. Celte peine suprême ctmsliluail pour eux un note sacré. On ne wynit pus sens leur règne, comme sous celui du droil romain, une société enfermée dans le cercle brûlai de sa matérialité, dunnor aux hommes, en vertu de sa force cL sur la raison de son inférât, l'exemple de l'homicide. Ce n'était pas en dehors de Celui <jui eoolcre la vie, et sans se couvrir de son nom, mie la magistrature s'ingérait île dislriliuer In mort. Les malfaiteurs dont l'existence Estait reconnue contraire à l'harmonie de la communauté, étaient solennellement renvoyés à Dieu par les représentants de son autorité sur la ferre , et, s'il fallait comparer, jusque dans lu forme, l'usage de nos pères et celui (pie pratiquent aujourd'hui même les nations ti'S plus civilisées, il ne serait pas embarrassant de décider quel est, des deux spectacles, le plus condamnable, ou du saerilicalenr rendant au suprême dispensateur des destinées, au ehant des hymnes el devant une assemblée eu prières, le eriuiinel condamné, ou du nicrcenaii'c sans entrailles et sans llii le saisissant grossièrement aux yeux de la populace ébahie, pour l'égorger sur un tréteau, en guise de démonstration de pnlire. Je 1 m'arrête, car je n'ai point à mettre iei en ligne les allVeux bûchers, à la lueur desquels lis moyen âge a vu aussi sun clergé présider aux apprêts barbares de la mort . ee n'est pas la violation de la vie, c'est la violation de la conscience qui l'ail leur infamie : là aussi s'esl accomplie, sans mesure, rinnnofnlion des victimes innocentes et sans l'excuse du saecilice volontaire.
Mais, dès que l'on entre dans les lumières de l'immortalité, la peine capitale, de quelque majesté que l'on s'efforce de l'empreindre, se montre sous uu le! jnur, que la dignité des sociétés ne peul plus s'y accorder. La morl n'élaol pins qu'un simple liaouissE'inenl, il y a une sorte de làclielé, pour ne pas dire de eriminalilé, à se débarrasser des malfaiteurs en les envoyant infecter ailleurs l'univers, el, à ce point de vue, l'immolation des victimes innocentes paiatl même uiniiis scandaleuse que relie des victimes coupables. Ce défaut de respect de soi-même ni d'équité est si palpable, qu'il n'avait sans doute pu échapper
!)E L'IDEE DE DIEU
nu regard profond des druides, et l'antiquité nous a conservé une parlicularilc de leur législation qui indique, assez clairement qu'ils avaient tenté d'y remédier par un palliatif. Au lieu do faire comme nous, qiti précipitons dans l'abîme le condamné encore tout bouillant du l'eu de ses crimes, ils maintenaient, entre In sentence et l'exécution, un intervalle de cinq ans. Quel pouvait èlre le but d'une loi aussi singulière, sinon de donner au condamné le loisir de rentrer en lui-même et de se réformer avant de reparnilre au seuil d'une autre vie. Ile là, par conséquent, un troisième genre de sacriliee, parfaitement dislinel des deux autres et moins condamnable assurément. Plus d'un criminel, métamurpbnsé, durant ce sursis, par les efforts de In sainte magistrature préposée à sa garde, réhabilité, à ses yeux comme à ceux de ses semblables, par cinq années de repentir et de souffrances, et devenu digue de l'immortalité, devait courir de lui-même au-devant de la mort, comme au-devant du couronnement définitif de sou expiation, victime volontaire el victime de justice tout ensemble.
Il semble que, dans de telles conditions, le culte soil assez pur de (nul excès pour ne plus rien avoir de contradictoire à la religion, et qu'il suit même susceptible de lui fournir une de ses cérémonies les plus imposantes et les plus édifiantes Et cependant, en y regardant bien, on voit qu'ici encore Dieu l'arrête. Pourquoi, en effet, ne pas laisser à ce juge suprême le soin de déterminer lui-même le moment où l'aine, ayant dûment accompli ses réformes el donné à la société, par des pénilences proportionnées a ses crimes, toutes les réparations nécessaires, lient sortir enfin, en tonte assurance, du noviciat de cette vie el reprendre carrière autre part ? L'Iieure de la mort n'appartient qu'à Celui qui, dans les plans de son éternelle sagesse, règle, par correspondance, celle des naissances 1 .
1. i/nreoYABDiu ou le incHAT de i.'.iiiK (le ternie composé dWi'rfrfliid™, dérive des deux siilisiaiiuTs kj'inrirpies fiifiii. àme, el minirim 011
lia ssuTiliL-o humain i'Iicz les Celles vieiinenl deirc rontirmees par In découverte il'iui le\Le ivlliijui' d'ime grandi; i ni] n n'in net-, et i|iii e.sl compris dans la «ariJdai au documents secrets des bardes gallois, anjour-
ESrilIT DE LA GADLE.
d'Imi [iiililiAs cri partie dans I" pays il" ilallcs. t*t seront traduits en français. Celle pièce esl irililuléo : Trimln di< Ihidisint il Ovii/udict. Voici lesiriadesquisu rapportent au sujet Iraité par M. Jean Reynaud.
THIADE XI 11
> Pour trois misons peut une vie cire retranchée d'entre les vivants, à savoir : quand il y » en domicilie par agression et pré médita lion ; et ijnand il y a eu homicide pur \oio occasionnelle et indirecte, comme si l'on a détruit les fruils cl les végétons qui sont pour la nourriture et le souliende la vie de l'homme: — el lorsqu'il vaut mieux, pour celui qui est mis à mort , de mourir que de vivre, comme pour le délivrer de peine («tréma on pour améliorer sa condition dans la transmigra lion (dans Abredj, ainsi qu'il arrive d'un homme qui donne sa vie eu sacrilice (litn'ralcmenl : • eu rachat de l'orne; > nueiilemMen) pour un méfaii punis sable, lorsqu'il ne peut autrement faire droit el salisfaetion pour ce qu'il a r.ommis, qu'en se présentant de bonne volonté, sur sommation de In justice, au châtiment mérité. •
« Par trois voies ii advient qu'un homme obtient le bonheur du sacrU lice Mu rachat île lainei. 1,'ihic est le cleil imeiil mérité .selon le droit du pays el le droit mutuel, pour méfait oulrageils; il savoir : est méfait outragcux, Hier cl bnilcr. assassiner et taire îuusaui-c et guel-apens, cl r r- f- 1 1 : i ■ le pays et la nalion. C'est-à-dire que doil être prive de vie celui
jugement de cours rie dmil muirrcl (jnry'i. on cri guerre par le droit du
uicme. sur la sommation île justice qu'il ciiPihI ilani sa conscience, ii la privation de vie, pour méfait oui râpeux cl digne île chàlimelll, qu'il sait avoir commis, et lorsqu'il ne peut autrement Taire droit cl salis'aciion pour l'offense qu'il a commise, qu'en se présentant de bonne volonté au châtiment qui lui est du pour ce qu'il a fait : — La troisième voie est
soutien de vérité cl de justice, et, eu luanilestonl sa miséricorde, obtient de mourir. Celui-ci est mis il mort peut' le bien qu'il a fait, et c'esl pourquoi il s'élève droit an Cercle de la rï'iirji,'- (de tlir\jnf>iii\ — Et. autrement que par ces trois voies, ne doit l'homme élre livré au sacriiiee par l'homme, parée qu'il n'y a que ilieu qui soit vrai juge de ee qui est autrement. — El le premier (des trois humilies sacrilièsi demeure dans la transmigration en la condition et rmlmv il homme, sans icloiuher dans un état inférieur, et les deux arr'res s'élèvent dans le Cercle de la h clic il e. (Nous savons, par les livres 1 ha rdiq lies, qu'il y a dans leur Ciel nu Cercle deFélieilé, beaucoup de degrés diiïérents, et sans doute la victime inno-
OigitizGd b/Cl
DE L'IDÉE DE DIEU
cente y enlrail dans une condition supérieure à la victime qui avait expié une faute; mais le texte ne dit rien là-dessus.) ■
TttlADE xv
■ l-es trois moyens d'accélérer In fin de la transmigration, c'est-à-dire, d'arriver au ciel : souffrir [la douleur physique/, 6 'entre- donner la mort dans les combats, et se présenter au sacrillce par droit, raison et nécessité, nlin du Lien faire; tandis que, sans ces trois moyens, nul ne peut s'affranchir de h Iriiiismigraliuri . si ce n'usl [Jus lard, à foire de temps : d'où l'on voit que e'esi par niiserieordc ei pour le Iticn des vivants que liieu a suscité l'universel combat et le meurtre mutuel qui sont incessamment parmi eux. >
Dans celle triade XV, ou peut dire que l'antiquité se révèle directement en levant les voiles du néo-druidisuic, et que c'est la vieille t ; il i J 1 1 ' en pei-SDiine qui liens parle. Celle leiTilile lliénrie dépasse l'explication du sacrifice humain : elle otlestc un effort d'une incontestable grandeur pour expliquer proviileriiielli'mcnt celui des aspects du spectacle de la nature qui trouble le plus la conscience humaine. {Note de t éditeur).