‹ L'ésprit de la GauleChapitre 16 sur 58 · UE LA CLASSE LKTTIIÉE · texte numérisé non relu

UE LA CLASSE LKTTIIÉE

Il n'y .1 rien qui paraisse plus grand dans l'ordre social, au

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itè i nnstilué '''i fait, iln nnuns Ici ijn'iluppaiall idéalcmenl : un cher spirituel élu à vie pur lia représentants de toule la nimmunnuté. Ni Homo , ni la Grèce, n'avaienl rien connu de pareil. On dirait un droil nouveau issu de la foi nouvelle; c'est, nu fond, le vieux droit druidique. Les nntions païennes, qui, mémo devenues dm' Menues . résistèrent si longtemps à une telle centralisai ion, ne Turent sans doute point touchées de l'analogie : niais, pour la Gaule, elle ne | tut passer inaperçue, el il est permis lie croire que, si ses peuples se pivlèrenl si lanlemi'ii! à l'érection <lu sié^e apostolique, c'est qu'ils y rclrouvèreul la rcslauralion d'une de leurs nneîennes coutumes,

A la rigueur, en admet tant que Jésus ait inslilué saint Pierre comme son représentant sur la terre, c'est à saint l'ierre qu'il aurait appartenu, en vertu de cette délégation, de consacrer, à son tour, son successeur , et, ainsi, pour toute la suite des temps; el peul-être, en effet, cette lui aurait-elle Uni par prévaloir, si rien n'était venu entraver l'Église dans le dévelop-

pement logique de son absolutisme. Mais, précisément parce que ia hiérarchie chrétienne avait commencé d'une maniera naturelle et pour satisfaire tout simplement à des instincls d'harmonie sociale, le principe de l'élection n'avait pu manquer de devenir sa base; cl c'est ce qui, auparavant, élait arrivé aussi à la hiérarchie druidique.

César Irait»' malheureusement ce sujel avec sa brièvelé ordinaire. Il se contente de dire que, chez les druides, la dignité suprême étail a vie : qu'elle était conférée par 1rs sullragrs île l'ordre: que l'élection causai I parfois des troubles, el que souvent il y était procédé par avance: ee dont il finit, sans doute, voir le iiiolif dans li' désir île joindre les avantages de l'hérédité à ceux de l'élection. De ee que les druides, selon le témoignage du même historien, possédaient une sorlc de capitale où se lenaient leurs conciles annuels, il est peut-être permis de conjecturer (pu 1 c'est eu ce point central que résidait le primai.

siège «le l'urine délenninée qui cnnstilunil l'insigne essentiel de su dignité; e! celle circonstance s'arcnnle nssiy, bien avec la prérédonle: car, à l'idée de siège, se lie nalmelleiucnl celle de résidence. Là, prendrail donc aussi origine ce grand nom de présidence (/irteexl dans, dil César;, plus général que celui de ponlifieal, puisqu'il ne se limite poini au sacerdoce, pins humain que celui de royauté, puisqu'il est indépendant du tout rapport avec le despotisme anlique, el plus uiiveel a l'avenir (pie celui d'empire, puisqu'il rompt avec, tout souvenir des armes et du

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siège druidique, qui ne s'imposait qu'à une seule race, la supériorité de prétendre à la dominalion de loule la lerre; mais, loin que ce fut pour lui une supériorité véritable, ce n'était ià qu'une fausse grandeur: car, au lieu de s'adapter, comme le siège de la Caule , à la vérilé des nationalités, il ne tirait son éclat que du mépris qu'il eu taisait.

En principe, dans l'institution druidique, aussi bien que dans rinslilntiuuehrélienne, rien ne séparait le corps clérical du resle de lu société. Tout Caulois élait apte à eu l'aire partie, et nul ne

pouvait y entrer sans avoir prouvé qu'il en élait digne par ses qualités personnelles. La naissance n'avait pas plus de valeur (pie sous la loi chrétienne. « Tous les Gaulois, dil formellement César, se prétendent nés du même Dieu, et ils déclarent que ce sont les druides qui le leur ont enseigné, o Grande leçon, et que les historiens n'onl point relevée comme elle méritai! de lel iv. l'ourentreren participation des privilèges réservés à la classe des druides, il suffisait doue d'étudier et de s'instruire, et l'inilialïon relieuse ne faisait que sanctionner ce que l'esprit lui-même avnil fondé. On conçoit que le désir de s'élever à une position aussi recelée devait onlrelcnir dans foule la

deux pniirsinsiniiro. . Pnmponiiis Méln :ijn pie le familles

les plus distinguées du pays faisaient élever leurs enfouis dans ces

écoles. Pour quelques-uns, appare icul pour ceux qui visaient

à l'universalité des connaissances, le cours des études embrassai! jusqu'à une durée de vingt ans, ce <{iii donne à la lois la mesure el de l'étendue des programmes et de lu manière sérieuse dont ou se confierait à l'élude. Il y avait doue là un vaste système d'instruction publique, dont il esf plus facile de retrouver l'image en se reporlant aux mo-iirs du moyen âge qu'à celles de l'antiquité. Il était bien permis à un Romain de s'élonner; mais ce n'est postant du concours des éculiersel de la longueur de leurs éludes qu'il aurait dû s'étonner, que de rinlluence de celle instruction. Celait le savoir, en effet, ou plus généralement encore le mérite personnel, qui formait, dans cette sociélé d'élite, le principe (l'autorité le plus vital; et, du point de vue auquel le mouvement des siècles nous a désormais élevés, il nous est aisé de reconnailre que c'élait là le plus beau progrès hors des voies tidales de l'inégalité dont aucun peuple antique ait jamais eu l'idée.

Non-seulement la corporation druidique n'était pas une caste comme celles des brahmanes ou des lévites, mais elle n'était même pas une classe sacerdotale proprement dite, comme le cierge culhuliquc. I, 'antiquité, en décernant à ses membres le nom de philosophes, c'est-à-dire de représentants de la moralité et du savoir, a suffisamment indiqué qu'elle ne les considérait point comme îles prêtres. On s'en lérail, en effet, une très-lausse idée, si on les jugeait d'après le clergé du moyen âge. Les intérêts de leur ordre, loin de se séparer de ceux de

terre, et ils les embrassaient les nues et les autres dans un même regard de sagesse et de pieté. Aussi, dans ce mot célèbre de Platon, que la meilleure des républiques serait celle où le gouvernement appartiendrait aux philosophes, peut-on voir l'idéal auquel tendait, sous les auspices de la hiérarchie druidique, la société de la Gaule; el les Romains, en découvrant chez les druides ce double caractère de philosophes el de magistrats, auraient dû savoir reconnaître toute la grandeur de ce droit nouveau, l'our beaucoup, la qualité de druide n'émit sans doule qu'un titre, el, s'il esl permis île prendre ici le langage nimlerne. qu'un grade littéraire, laissant à échu qui en était revêtu toute liberté pour les Ibueliiuis publiques et privées; mais, pour ceux-là mêmes qui demeuraient strideineul dans le cadre de l'ordre, les directions d'activité el les emplois étaient nombreux : l'instruction publique, la surveillance des mœurs, lu justice civile et criminelle, les affaires diplomatiques, les hautes éludes throlngiques, plus encore que le ministère sacré, étaient de leur ressort; en principe, tous les éléments pacifique* de la société.

On peut juger, d'après te qo on vient île voir, que l'instruction publique était dès Inrs une gramle charge. I, 'esprit de l'enseignement elail contenu dans la belle triade que lliogène Laérlc nous a conservée, niais qu'il \audrail encore mieux pouvoir cilcr avec certitude telle qu'elle est modifiée dans un texte gallois: « Obéir aux lois de Dieu, làire le bien de l'homme, soutenir avec courage les accidents de la vie. » Ces écoles, ou, si l'on veut,

ces monastères, bien différents de noire Université de Paris, étaient situés lui ri des villes, dans In solitude majestueuse des huis. C'est là ijiie l'on se représente le plus volontiers ces pieux ci austères philosophes travaillant avec sollicitude au développement des générations nouvelles, ou demandant pour leurs méditations, aux vallées d'alentour, quelque asile [dos silencieux encore. Au lieu de ces scènes affreuses des .sanglants saerilires , dans le spectacle desquelles se sont trop complus j" -| Il < hl liiri' II*. >••••<• i MiHf^ .... tilpjlllis u-0'1<îIj]i •

peu de Irais, les vieux chênes, cl à se peindre, sur les gazons diaprés, les flots paisibles de leurs tuniques blanches.

Comme l'administration de Injustice n'est, en quelque sorte, qu'un prolongement de l'éducation, c'était Également aux druides ([n'appartenait de plein droit ce second genre de magistrature. Ils jugeaient, à la lois au civil et au criminel. < S'il s'est commis quelque- crime, dil César , s'il s'est fait un meurtre, s'il y a quelques contestations sur un héritage ou sur des limites de propriété, ee sont les druides qui décident. » Non-seulement les druides présidaient ainsi aux tribunaux dans chaque localité; mais ils tenaient, tous les ans, au centre de la Gaule, des assises générales, destinées apparemment aux causes mujeureset aux appels. C'était ce nicinc principe d'unité judiciaire auquel nous ne sommes revenus que par l'effort de la Révolution française. « A une époque déterminée de l'année, dit le mémo historien, les druides se réunissent an pays des Marmites, dans un lien consacré qui est regardé connue tonnant le point central de toute In Gaule; et, là, arrivent de toutes les parties de la Gaule ceux qui ont des procès, et ils les soumettent aux jugements cl aux arrêts de l'assemblée. • Outre les peines communes à toutes les législations, et dont, on aporeuit cà et là des exemples dans les récils des historiens, les amendes, les couliscations, la prison, le bannissement, In mort, les druides disposaient d'un châtiment terrible qu'exprime assez bien le nom d'excommunication, sous lequel il se releva an moyeu âge, pour y jouer, entre les mains du clergé romain, un rôle si considérable. <i Si un particulier, même un homme revêtu de pouvoirs publies,

riil César, ne su rend pas a leur jugenieul, ils If frappent d'inlerdietinn pour le sarrilico. Cille peine est clic/ cn\ rie In dernière gravité. Ceux f|i)i snnl sens le coup de l'inlci'riil sont rangés parmi les impies cl les scélérats: tout lu inonde se relire d'eux ; on fuit leur contact cl leur parole, de peur de recevoir d'eux, par contagion , quelque mal. ■ Qui ne croirait lire une page du douzième siècle:' C'étuil assurément une grande idée que d'avoir ainsi substitué à t'adinn du glaive celle de l'opinion.

A ce ministère de vengeance en finit adjoint un mitre non moins esscnliel à la bonne direction ries sociétés, cl que les générations modernes 11'onl point eouere su tirer du discrédit où l'a laissé tomber le moyen âge : c'était le minislcre des récompenses. I! est évident qu'un pareil minislcre ne peu! être confié qu'à un pouvoir investi d'un cjiraclcre essentiellement moral. La récompense n'a de mérite que celui qu'elle emprunte à la

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el qui, dans un Klnl bien réglé, devrait peut-être se poser parallèlement à celui de In pénalité, l'bisloire di; nos pères est encore |ilos abrégée que d'ordinaire. Leur illustre ennemi se borne à dire : t Les druides décernent lus récompenses et les peines. • On soit île plus, par un trait jeté au hasard riaos Spartien, qu'il y avait des récompenses spécialement instituées en vue de la chasteté. La célèbre institution du SniutOlériard, au sixième siècle, ne fut donc que la restauration, sous l'égide du christianisme, d'une ancienne coutume nationale par laquelle il était p.'ircilleiiienl fi il appela la religion pour le couronnement des

La juste autorité que reliraient de leur consécration officielle les citoyens rêvé! us du caractère druidique, ne pouvait manquer île s'étendre jusque dans le cercle des allâmes générales. Ainsi, comme on le voit par l'exemple ries Kdueus, ils jouissaient, dans la coiisliliition de quelques républiques, eu ce qui louchait à la nominal ion du chef de f filai, rie privilèges électoraux analogues à ceux de la noblesse. .Mais, rie plus, dans nue fédération d'Klals aussi complexe, à tous égards, que l'élail la (iaule d'alors, la diplomatie et le droit des gens rievaienl posséder une inllncnce de premier ordre, el les druides y avaient natureileme.nl la haute

DE L'OHritlE SOCIAL.

main. Dispersés entre tnnt du républiques perpétuellement divisées lit animées les unes eonlre les outres, ils y représentaient l'éléinni! vilal de l'unité. Opposés, pur leurs traditions r;l leur esprit, aux inclinai ions discordantes tli' la milïli'ssr, les idées de paix et de patrie rayonnaient d'elles-mêmes, aux yeux du peuple, autour de leurs personnes; et, si la finale n'en a pas moins Nui par se mettre en lambeaux, du moins est-il évident mie ce fut malgré eux. . La plus liante idée de leur jusliee, nous dit Slrabun, était iundi|uée dans tous ies esprits. Aussi leur remet I ait-on volontiers le jugement dos ullaires publiques aussi Lien que des affaires privées : et souvent, eu donnant une solution convenable aux diiïéremls qui avaient suscité la guerre, ils mit ramené la paix entre les partis déjà rangés en iiataillc. ■ Du resle, par un privilège spéeial el qui achève do eensaerer eu eux le génie paeiliipie qui les caractérise, ces nations si essenlieliemeut belliqueuses, el qui n'accordaient même pas à la vieillesse l'exemption dn service des armes, en dispensaient en (oule ueeasiun les druides. Connue les clercs du ino\rn âge. ils avaient su se taire considérer comme élevés de plein droit, prir la force dit l'esprit, au-dessus do la feree hrulale. Ils planaient, en quelque sorte, sur la société, après l'avoir tonnée. Dépourvus de (oule puissance de nul, ils se l'aisaioul suivre, même des eliefs, car l'opinion des peuples les soulenail.el l'autorilédeleur parole n'était pas au-dessous de celle du glaive. Tel était l'idéal do celle Itère corporation de philosophes, doul le pouvoir, dans les temps de leur splendeur, contrehn lançait celui des rois; ee qui faisait dire à Dion Chrysoslome, comme pour rejoindre la parole de Platon : u C/élaient en réalité .les druides qui régnaient ; et les rois, tout assis qu'ils fussent sur leurs sièges d'or, et quoique habitant des maisons magnifiques où ils étaient nourris splendidement, n'étaient que les ministres el les serviteurs des commandements des druides. >

Il sulîit de eel aperçu pour faire comprendre combien est erronée, toute répandue qu'elle soit, l'opinion qui confond le gouvernement des druides avec: celui des prêtres. Les druides étaient bien, comme les ont nommés les. anciens, des philosophes, mais ils u 'étaient nullement des prêtres, au droit sens

(in mot. Revêtus, pur l'effet de leur agrégation n l'ordre spirituel, d'un caractère sacre, ce caractère ne les enchaînait point au ministère de l'autel. Leurs fonctions, comme on vient de l'iiperi'cvoir, étaient d'une nature tout à fait différente. Les aurais chargés du service du culte, loin de leur être idrmtilîrs, étaient désignés par une appellation spéciale. Prise dans son ensemble, la classe lettrée se partageait en trois divisions liées entre elles, mais dont deux étaient subordonnées hiérarchiquement à la troisième. C'est à celle des druides, chargés de la direrlinn générale de la croyance et des mœurs, qu'npparlenait le premier rang. An dessous d'eu* se trouvaient, d'une part, sous le nom d'Ovales. (Oinjibl. nfi/ilil, en kymrit|iie; biiblh, en gaëlrqne), les prêtres chargés des cérémonies, des sacrements, des sacrifices cl généralement de tous les actes religieux concernant la nature: et. de l'autre part, les bailles, divins ministres de l'enthousiasme el de la poésie. « Chez tous les peuples gaulois, dit Strabon, il y a trois classes d'hommes qui sont honores d'une considération particulière : les liantes, les ovates et les druides. Les bardes sont chanteurs d'hymnes et poêles ; les ovales sont prêtres el interprètes île la nature : les druides, ou Ire la science de la nature, s'appliquent é la philosophie des mœurs. » La dislinetion des trois ordres est (aile, avec la même nellelé, par Ammien Mnrcellîn : seulement, il donne nux prêtres le nom d'Evhages. Après avoir dit que l'origine des éludes, devenues si Mûrissantes sous l'administration romaine , remontait , dans la Gaule, à In vieille institution druidique, : « Les bardes, ajoute-t-il . chantaient sur la lyre les grandes actions des hommes héroïques; lesevhagos, scrutant la nature, s'efforçaient, d'en découvrir les enchaîiieinenls el les sublimités: el, nu milieu, les druides, les plus élevés pnr l'esprit, comme l'n déclaré l'autorité de Pylhagore , se vouaient à l'étude des choses abstraites et profondes. »

C'était donc nu\ evhnges que revennit tout le menu (iélnil de la religion. C'est |iar eux qu'avaient pu se glisser des abus de dévotion du même genre que ceux qui ont suscité tant de critiques conlro l'Kglise romaine. Les eommunicalions avec la divinité étaient censées ne pouvoir s'opérer que par leur inlenné-

diaire, et, cnmim* chez les nuises, il élnil inlcrdil aux simples lidcles d'nlïiïr ru\-méuies li' san'ilice. Il fallait iivuii 1 rei;u do Dieu une investiture spéciale jiuur avoir le droil île se mollrc on rapporl avec lui. (l'est ce ilunl iiiminrr témoigne d'une manière formelle, t Los Gaulois ponseul, dil-il, que c'est purées prêtres, comme initiés à la nature divine et devenus ses inlcrloeu tours, line les sacrifices do grâces doivent être offerts aux dieux, cl que c'est par Jour intermédiaire que les bieul'ails doivent «Ire sollicités, i Le l'ait de la subordination au sacerdoce est doue incontestable; mais ce n'est pas à dos chrétiens de s'en donner, comme le faisaient les païens, puisque le christianisme

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encore un trait d'analogie entre l'institution druidique el l'iuslilution du moyen fige, et, s'il y a faille, ce n'est point à l'exemple donné par le deuidismo qu'il finit l'attribuer, mais au principe du sacerdoce, qui n'est lui-même qu'une suite de l'inhabileté des multitudes.

Los ovales, indépendamment do leurs attributions dans le culte, constituaient donc généralement, ainsi que l'indiquent les témoignages que nous venons de citer, ce que l'on nommerait aujourd'hui le corps des savants. L'art d'ordonner des cérémonies agréables à la divinité el de découvrir ses volontés dans les mouvements des victimes, n élnil alors considéré que comme un chapitre spécial do la science de la nature; et c'est aussi l'opinion que l'on a longtemps continué de se faire de la magie, et de l'aslrologio. Ce n'est qu'une conséquence de l'idée que la divinité repose immédialemenl sous les phénomènes. Il était dune logique, si étrange que soit aujourd'hui un loi rapprochement, do réunir en un mémo liiisi eau la liturgie el fous les procédés an moyen desquels Nioniinr allcinl aux choses invisibles par l'intermédiaire des choses visibles et tangibles. Tels sont par excellence les procédés qui appartiennent au ressort de la

médecine. Celle science, qui se lie aux rednulables proble s

de la souiïrancc et de la mort, el qui, dans l'instinct des peuples, conserve toujours un caractère si mystique, ne pouvail donc manquer de former un des attributs principaux de l'ordre dos ovales. L' est ce que confirment, en effet, les monuments.

116 ES PU 1T IlE LA GAULE.

t Tibère, dil Pline, supprima les druides et celle classe de médecins cl do poêles. »

C'est dimc à cet ordre sacré qu'il convienl de rapporter ce qui se ivncnnlre Cl In chez les anciens louchant In médecine druidique. Ces traces, si vagues el si hnparfàiles qu'elles soient, suffisent pour moiilrer que l'arl ne séparai! ]iiis de cer- Iflincs [indiques sacramen lelles l'action des substances, comme pour l'aire marcher de IVoril , dans l;i guerison. les énergies de l'âme el celles du corps: au fond de son office, le médecin sentait un véritable sacerdoce, el ce fanatisme, si mêlé qu'il piU être de superstition et d'erreur, ne le rendait sans doute que plus liii't contre, le mal el plus dévoué. Le corps médical, que le Irisle moyen âge devnil laisser lornlier si bas, et auquel, par compensation, l'avenir re.-erve vriiisrinblahlcmenl lant d'imporporl:ince cl de grandeur, Irndnisiiit en principe à son tribunal la iialure leri'cslro; toul eulièrr, puisque, considéré dans sa |ilns hanle généralité comme le couservaleur de la race et lo défenseur des géuérnlions coulée les maii\ physiques, loules les sciences cl morne (unies les indiislries venaient, en quelque sorte, se inellre sons ses ordres en compagnie de la Itiérapen-

L'astronuinie préoccupai! assez la liante peur que l'en puisse penser qu'elle devait y Ibi'iner l'occupalion d'un corps particulier de savants. Pendant que les uns, suivant l'expression d'Aimnicn Marcellin. s'appliquaient à découvrir « les enrliainemenls et les sublimités de la nalure > en ce qui concerne le cercle de la terre, d'oui res devaient être attachés au même travail en ce qui concerne celui du ciel. On peut même croire que le goùl de In triparti Lion, si prononcé dans l'école druidique, avait dn se sntislàire jusque dans rétablissement des subdivisions de la classe lellrée. De même que, dans l'ordre des druides, ce. n'étaient sans doule point les mêmes personnes qui se livraient à l'élude de la métaphysique el aux labeurs lie rinslruclioii publique el de la magislralurc; de même, dans le corps des ovales, la liturgie, la médecine, l'astronomie correspondaient vraisemblablement à des groupes distincts : il snliisail. pour qu'il y eût corps, qu'il y eût, nu tend, le même esprit.

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