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Excepté en ce qui concerne In poésie et lu musique, on peut dire (pie la G;tule n'est jamais sortie de ce <|ui s'ajipclle justement l'enfance de l'art. Inspiré peut-être par un sentiment exagéré de ['immatérialité dans le domaine du beau, elle ne demandait
.1. ï . iMlilj III. 11. . p.lfi.ll.lll.- ... | . ■ ■- 1 .1,1. . II. ..,| ,.-.|. .
absolument étrangère à l'architecture, car le nombre et In mns.se de ses monuments attestent de notables eiïorts pour se donner satisfaction dans cette voie; mais, liée sans doute par des traditions (pie la religion lui détendait d'interrompre, elle n'a pas lait un pas au-tirla de ces premiers rudiments communs à presque tous les peuples, et que la hardiesse de l'Egypte a dépassés et transformés en chefs-d'œuvre devant le grandiose desquels la postérité s'incline encore. S'il est possible de dégager, du sein des constructions de ce genre, un principe général d'archilecluuiquc, c'est évidemment le respect des liirmi.'s nalurellcs de la pierre et le ciel ouvert, excepté dans les tombeaux; mais ce principe est si simple qu'il n'a certainement jamais servi à la conslilutiou d'aucune école.
On ne saurait poin tant méconnaili'eque In Gaule n'ait porté, dans la recherche de la Ibrmo, un goût spécial. Elle sentait In plastique avec une vivacilé dont témoigne la profusion des ornements quelle a déposés sur tous les objets usuels, et dans un mode qui n'appartient qu'à elle. Son style décoratif, produit naïf de son génie, ne ressemble à aucun autre, et, comme son architecture, il |iorle en lui-même un principe. Trop peu encouragée dans celle branche de l'art qui n'atteint jamais tout son lustre que lorsque farcbili'clui'e lui l'ail appel, elle n'a pas donné à ce principe tout le développement dont il était susceptible, mais il est aisé d'en constater la fécondité en en suivant la trace dans les monuments du moyen âge, car tout ce qui n'y procède ni du romain, ni du byzantin, y est d'origine celtique.
Sur ce point, la tradition de la Gaule ne saurait donc être considérée comme entièrement éteinte; mais ee n'est point par là qu'elle resplendit. Elle se concentre de préférence sur les deux branches de l'art qui, surtout dans leur alliance, il est vrai, affectent l ame le plus vivement, parce qu'elles lui offrent fex-
m F.SPRIT DE LA. GAULE.
pression la |i!us immédiate do lu vie. Pour la t.aule, comme pour • I.". |.. >j|.i.' « | m . ■ • lin i . |<m< i. f,i li ■ ..m, m |.
se fixer dans ses âges t'ulurs. ("omiiie lr sentaient bien ni>s pères, rien ne mène plus haut ni plus loin. Aussi avaient-ils, pour leurs poètes, un attachement sans bornes; ol quels poètes le génie île la liberté, si bien favorisé par celui île la religion, ne dcvnitil point leur susciter 4 Ils ne les séparaient point, dans leur estime, (les ministres ordinaires de la divinité ; le don céleste de l'inspiration leur paraissait une investiture snllisante; et ces divins entants de l' imaginât ion cl de l'harmonie puisaient naturellement leurs impressions à la même hauteur où la vénération publique les portait. On les entrevoit, à travers les récils des historiens, tout pénétrés des devoirs que leur sublime fonction leur imposait. Ils comprenaient que l'art n'atteint pas sa dignité quand il se borne à charnier les hommes, sans exciter, en même temps, leur enthousiasme pour tout ce qui l'ail la grandeur de la vie. Fidèles à l'esprit de la philosophie druidique, qui consistait surtout dans l'exaltation de la personnalité, ils se plaisaient à célébrer, comme nous le dit Lucain, la gloire des aines tories: et, en illustrant les héros, ils allumaient dans les cœurs le désir d'imiter, pour être nu jour chantés comme eux, ces types immortels. En même temps que le droit de récompense, leur ministère coulerait le droit de censure. ■ Sur des instruments semblables à nos Ivres, dit Diodore, ils chantent les louanges des uns et le blâme des autres. > On les a quelquefois comparés à Tyrléc qui, par l'énergie de ses accents, disposait, comme un dieu, de lu victoire ; niais, en se reportant à ce que les anciens racontent de leur iiilluence, il paraîtrait encore plus juste de leur donner la ligure d'un Orphée ou d'un Amphion. Outre la vertu d'animer les remballants, ils possédaient en effet la vertu plus précieuse encore de les câliner. « Ils savent se l'aire écouler de leurs ennemis, dit le môme historien, aussi bien que de leurs amis, et souvent, entre les deux années en bataille, quand les balailluns marchent déjà l'un sur l'autre, les glaives tires, les lances en arrêt, les bardes s'avancent au milieu des rangs et
suspendent tout à coup le combat commo s'ils venaient d'apaiser des lii'tcs féroces |iiir leurs enchantements. C'est ainsi que, chez les barbares les plus durs, la colère obéit à la salisse .1 Mars aux Muses. »
En regardant ces poêles sucrés comme la parole dont les druides étaient l'unie, c'est à eux qu'il faudrait appliquer l'emblème du dieu entraînant à sa suite les mortels enchaînés et ravis. Leur but n'était pas de recréer, par les vains accords de leur harpe, des auditeurs mollement rassemblés autour d'eux par le plaisir ; animés par une religion dunl ils se sentaient les plus rliKjiii'iifs ministres , ils regui'ilaieiil au-dessus do la terre, et, suivis de la multitude séduite , ils marchaient, en chantant, dans la voie que leur montraient les dieux.
Il s'en rai laït qui-, dans la constitution de sa classe aristocratique, la Gaule eill aussi bien réussi nue dans celle de sa classe lettrée. Tandis i|ue celle-ci, libéralement recrutée et réunissent dans son sein toutes les diversités de l'esprit, est digne de servir de modèle a tous les siècles, l'autre, farinée d'une série de tyrans secondaires, n'est, à certains égards, que. l'avant- garde de la noblesse féodale. Au lieu de se vouer à guider et à tenir en ordre les rangs inférieurs de la société , elle ne servait qu'à les diviser, n les opnuvrir et à les entraîner inhumainement dans ses discordes. C'est elle qui est responsable du déchirement de la Gaule, et, par suite, de sou asservissement.
On trouve, dans César, un trait où se résument les conditions essentielles de celle aristocratie; c'est dans le récit de la conjuration d'Orgélorix. • Le jour tixé pour le procès, Orgélorix amène devant le tribunal tonte sa tribu, composée de dix mille
hommes, cl il y joint ses clients cl ses obérés, dont il avait un grand nombre. » Les nobles de l;i liante jouissaient donc de trois moyens généraux d'action : les gens de leur clan , les gens liés à eux librement, lésons engagés à leur service pur /obligation des dettes; el, soutenus par un lel entourage , iis se trouvaient en élut de résister à l'autorité publique et par conséquent de Taire loi.
On entrevoit, dans le vague des récits contemporains, lieux degrés de noblesse, que le même écrivain désigne sous les noms de iii ini ipes et d'equites. Ces derniers étaient des hommes libres, propriétaires d'un douiaim:. exempts de toute redevance sei'vilc, astreints* l'usage des armes cl investis d'une part dans l'autorité publique, par leur droit de délibération dans les assemblées. Il est probable que tous les hommes libres avaient cerlaiiH'inent jadis participé à ce droit aussi bien que les chevaliers ; mais, d'après César, il paraît qu'en l'ait, ils n'y parlicipaion! plus dans la plupart des élats gaulois. • L'autre classe, dit César, après avoir mentionné en première ligne la classe lettrée, est celle des fuites. Quand il s'élève quelque guerre, ee qui , avant l'arrivée de César, avait lieu tous les ans, soit pour porter, soit pour repousser les hostilités, tous, s'il le faut, prennent part à la guerre. »
C'est, du sein de eeltc classe, qui composait en réalilé la vraie population seule pleinement libre de lu Gaule, que sortaient les chefs de clan et de clientèle désignés sons le nom de principes. Comme il arrive chez tous les peuples qui ont gardé le souvenir
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demeurent exempts de déplacement el de mélange, les liens de famille continuaient à faire chez les Gaulois la base du ménage des champs, cl le chef de la communauté n'avait, en définitive, d'autre caractère que celui de chef de famille. Aussi le nom de Cklun, en gaélique, et de Ci'unli en kymrirjue, entre lesquels il tàut chercher le nom ancien, élail-il assez justement traduit par les Latins sous celui de eognatio, parenté. Originairement, la Gaule n'était qu'une réunion de familles administrées chacune par son chef. La dignité n'était pas héréditaire : elle résultait de l'élection faite en commun par tous les membres du clan. Le
ilinit de ki Ciiuli; le voulait ainsi ; car, ne reconnaissant pas le
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drl'ant de la naissant, l'élection intervint pour préciser la désignation des personnes. Mais il est aisé de pressentir que la préférence de l't-lecLiun n'avait pas dû tarder à se porter sur ceux ([lui désignait aux suffrages de la multitude la prépondérance des richesses, et par conséquent à si> runcenl rcr dans certaines liiinillcs supérieui'L's. Les clients, dont les nobles étaient toujours mailies de s'entourer à proportion de leur opulence, et à laide (lesquels ils pesaient sur In reste do la population, leur ouvraient naturel Ira ii'iit les voies ; et , de l'ail , les rieliesscs étant héréditaires, le pouvoir l'était indirectement aussi.
C'est parce, que le droil d'association n'avait point été limilé pur les luis, que les riches avaient fini par prendre ainsi le dessus. Nun-S( uleuienl ils se iiiisaicnt ass^iri' dans toutes les nllaiivs ci viies pin' leurs clii'iils , niais tout lioninie assez lin-Inné pour entretenir des gens de guerre . était libre d'attacher à sa personne toute la lorrc année qu'il voulait. Il devenait dune ainsi le centre d'une pelile société militaire qui ne douiaïuhil qu'à faire sentir son importance. • Les nubles, dit César , ont autour d'eu\ un nombre d'amliactes et de clients proportionné à l'éclat de leur famille et à l'étendue de leurs ressources; c'est là pour eux le crédit el la puissance. ■ C'est ainsi que l'on voit Dumnorix, après s'être enrichi par la ferme des iiupùts, arrivé chez les Kduens à un pouvoir de l'ait considérable. ■ Il avait réuni, dit l'historien, les moyens nécessaires à de grandes largesses, et il entretenait à ses li ais et gardait autour de sa personne un grand nombre (le cavaliers, puissant non-seulement chez ses concitoyens, mais jusque dans les états voisins. * Au lieu de consacrer , comme à Home , ses revenus au luxe et aux esclaves, ou les employait à équipée et à nourrir des partisans, el l'on se donnait ainsi la puissance, le plus grand des biens pour les «mes fortes cl ambitieuses '.
Les clients n'étaient pas tous de simples mercenaires ; beau-
i. Les tiommes puissants, à Home, entraient dons In menvï voie par un outre moyen, en entretenant des bandes de glndia leurs.
coup de chefs étaient entourés de véritables frères d'armes attachés à leur personne , a lu vie cl à la mort. César les désigne sous le nom de SoMurii, el Nicolas de Damas sous celui de .SùWiiiir, qu'il traduit, en grec, par dévoués. Leur chef partageait tout avec eux, et, cji revanche, jamais ils ne l'abandonnaient, quelle que fût sa fortune; et, s'il était tué, ils se faisaient (uer aussi. » Adiatomus, rapporte Nicolas de Damas, avait avec lui si\ cents de ces hommes d'élite qu'ils nomment, dans leur langue maternelle, Silodunes 1 , ce qui signilie dévoues. Ces hommes, après s'être liés par un serment, vivent et meurent avec leur chef; et aussi participent -ils eu quelque sorte à son pouvoir, el ils ont, avec lui, même vêtement el même nourriture. <■ César prononce avec raison le nom d'amitié, qui montre bien la grandeur du lien. < La condition de ces hommes, dit-il, est de jouir de tons les biens de la vie avec ceux auxquels ils se sont attachés par un pacte d'amitié. »
On conçoit sans peine toute la puissance que devaient donner de pmeillis bandes. Kl les permettaient à celui qui eu disposait de peser à volonté sur le dan, d'y violenter les lois, d'y froisser les personnes et de les obliger de passer peu à peu de l'étal primilil d'hommes libres à l'état d'hommes engagés, l'ouréviler
J. KC „...-rvi miliilV vi, -il tirlK^il par ■■ i....ir |.|.i> d mlir parti à prendre que de s'asservir soi-même. « En Gaule, disent les Commentaires, dans un passage souvent cilé, non-seulement dans tous les états, dans tous les cantons et dans toutes les subdivisions de territoire, mais presque dans chaque famille, il y a des partis, et les chefs de ces partis sont ceux qui, dans l'opinion générale, ont le plus d'autorité et à la décision et au jugement desquels ils s'en remettent pour toutes leurs affaires; et cela parait s'être établi d'ant'ienne date, de peur qu'aucun homme du peuple ne manque d'appui contre un plus puissant, car le protecteur ne souffre pas que les siens soient circonvenus et
Ai]iiil!ii])s: il est li'iiri^iiiL' l'iis^irh mn (ki^in 1 un iliri'ii'iuii'). Lu vrai m ml i -i ■) i it j m ■ [ci nul jn'nir êlé iwltiirr, ion l'uni', assin-ii 1 . PutUii'. roniriie César. ik'sii,'i!i- lits asi"i:ialiims ^uulnisi'S <li- <•<■ jjeure par le litre d'amilié (Miu.Win.)
DE L'OBIIRE SOCIAL.
opprimés. ■ Et ailleurs : ■ La plupart, lorsqu'ils se trouvent dans la détresse nu par leurs dettes, ou par le poiils des impôts ou par la violence îles puissants, s'en savent envers les nobles: et ceuxci prennent sur eux les mêmes droits que les maîtres sur leurs esclaves 1 . »
Le mol d'esclaves est forcé : mais, au fond, l'on aperçoit nettement, dans la coutume que décrit l'historien, le principe de ce système de rcenmoinndolinii duquel est née la féodalité. Ile proche en proche, i hacuu cherchant un protecteur à sa portée, une bradai ton de pnileclorals devait tendre à se constituer. On
mé.meà un supérieur, et. finalement, l'aristocratie elle-même, loin de représenter la liberté, ne représentait plus qu'un vaste asservissement.
L'usage de In recommandation, conséquence naturelle du relâchement de l'autorité centrale, s'était si profondément implanté dans les nueurs. que l'administration romaine ellemême ne put le déraciner roiiqilétemenl. Comme une de ces plantes coupées, mais non extirpées, il ne tarda pas, dés le déclin de l'Empire, à refleurir de plus belle. Ces! im des sujets de plainte de Salvîen. c Ils se livrent, dit-il, à la tutelle et à la protection des plus puissants : ils se l'uni les dévoués des riches, cl passent, en quelque sorte, sous leur droit et leur juridiction. » Ces tyrannies privées, dont le débordement n'avait pu s'opérer qu'au mépris du droit unitaire qui respire au fond du druidisme, ne imniaraient pas moins [e droit unitaire de l'Empire, et l'un trouve, dans les codes de la décadence, plus d'un texte fulminé contre elles. Ainsi, dans le Code théodosien , livre III : « Quiconque, à quelque ordre qu'il appartienne, sera convaincu d'avoir pris des villages sous son protectorat , devra subir les peines édictées, d Mais que peut la loi où les mœurs conspirent contre elle? Aussi, quand survinrent les bandes germaniques, chez lesquelles le même système d associations et de recommandations se trouvait en vigueur de longue date, la coutume nationale, renforcée par la eoulume étrangère , prit-elle plus de fer-
t. V. Êclalni&ements : S» XII; Scb lr Skbvagk gaulois.
meté que jamais, jusqu'à tendre, dès lors, a devenir la loi normale du pays, el les tentatives de Charlomagne. pour la contenir par l'opposition d'un pouvoir central, durent bientôt échouer.
La catégorie de citoyens que César désigne sous le nom d'obérés, était, liien plus complètement encore que les clients, aux mains des riches, Ce n'étaient pus de simples débiteurs liés à Icuiscrénne.iers parleur délie ; c" étaient, pins généralement, des humilies, privés, par une cause ou pur une autre, de tout patrimoine, et ayant repris engagement avec, la terre sous certaines conditions pers ici lus. C'étaient de vrais serfs. Ils complétaient la puissance, du e.licf en le rendant maître de la main qui manœuvrait la charrue, comme il l'était déjà de celle qui maniait l'épée; et comme, dans une société livrée à ['anarchie, le nombre des gens déclassés va sans cesse croissant , les recrues de ce genre ne pouvaient manquer d'allluer el de se partager à l envi, au détriment de leur liberté, la culture du sol. Sous va ménage servile, le ménage rural primitif n'était pas seulement opprimé, mais poussé , peu à peu , a vider complètement la place. De même que les campagnes latines, autrolois occupées pur la Ileur des citoyens, avaient Imi par ne plus l'être (pie par îles esclaves, de même en élait-il de celles de la Gaule, sauf (es nuances d'humanité qui séparent le servage, ou le colonat. île
Par un mouvement connexe, le droit de justice, dernière expression de la liherté. tondait à passer lui-même dans les dépendances directes de la richesse. Dès qu'il n'y avait, plus, autour du grand propriétaire, que de la domesticité, c'était à lui qu'il appartenait naturellement, non-seulement de maintenir les obligations de ses serviteurs envers lui, mais de les enlivlenir, les uns à l'égard des autres, en ordre et en paix. Les clients, ui^si liii'n que les mannnls. par la suile de leur enchainemenl personnel, entraient, de l'ail . sous la juridiction directe de leur patron, cl c'est bien ce que dit César : « IJuc, dans le cercle des
et nu jugement du chef. » Les magistral lires générales, dépossédées du consentement des parties, tombaient donc peu à peu
DE L'ORDRE SOCIAL. 13S en désuétude, et les riches se trouvaient avoir tout acquis, même le droit de juger, Telle est IVigino antique de ces justices seigneuriales qui mit désolé le moyen âge et dont la terre de Gaule ne s'est alïranrliie avec tant d'eiïorls que depuis moins d'un siècle.
Dans celle décadence de la société gauloise sons les ompiélenienls de son aristocratie, bout écrits les véritables dangers de la richesse. Le principal, el il ne saurait être conjuré ipie par la double liirce de l'opinion et des lois, est la tendante des privilèges qu'elle confère sur les choses à dégénérer en privilèges sur les personnes. Eu effet, rien n'est plus facile à celui qui dispose des conditions nécessaires à l'existence d'un grand nombre, <;ue de s'en servir, pour instituer, entre lui et ceux qai sont dans le besoin, taules séries d'engagements, et l'expérience ne i! Ire (pie trop ipie, si li's associations, même sur le
pied i l'égalité, ne son! pas sans inconvénients, les associai ions sur le pied hiérarchique sent bien aulreiuen! stables el redoutables. Sans doute, le but de la civilisation n'étant pas de rendre Ions les hommes matériellenienl égaux, mais d'arriver à ce que. In dignilé humaine élanl é'galenienf respeclée eu Ions, chacun d'eux trouve nufoiir de lui toutes les eondilions nécessaires à son développement , on ne saurait se proposer, sans déraison, d'empêcher l'établissement des grandes fortunes : on ne le saurail làire sans gêner, à la fois, el la liberté des ciloyens el le progrès même du bien-être général; mais il ne faut pas perdre de vue i|ue les grandes l'm tories. une Cois établies, dnn-
el que l'inégalité civile conduit par une poule insensible à
I m.— ■<!■■■ |i»iiii.|u. La Ii^i-Ji l-ii ■ il ■ 1
i-senlemenl à ce que l'aristocratie ne dégénère pas, comme
chez nos pères, en tyrannie, mais à ee qu'elle contribue à sa manière, ei aussi clticaccmenl que les autres classes, nu bien commun de la société.
lïsnniT ne la gaui.h.
■ Dans Imite lu Gnnle , ilit César, il n'y a que den\ classes d'hommes qui soient comptés et honorés, 1rs druides et les chevaliers; car le peuple y lient ù peu près In plaire (1rs es {■laves, n'osnnl rien par lui-même el ne participant à aucune résolution ]iulilii|iie. • A ce seul si^ue, les historiens auraient dû reeuiiiiailre une société dans sa caducité. Originairement, sauf le cas de conquête, la main ipii gouverne la charme est toujours lilire, et ce n'esf qu'à In suite d'abus acumuiés durant îles siècles, (pie le labeur au moyen duquel l'iiomnic s'assujettit la nature devient , par mie contradiction douloureuse, le principe d'une élusse scrvile.
T-"i l< • itiul-i* f n-^nrdanl inq.ln il,-in. m me Cr. r--..
puisque selon César, ils se regardaient fous comme les curants du même Dieu , c'est un problème de savoir comment avail pu s'engendrer, parmi eux, une telle masse de plèbe
C'est ici qui- ki plions es! tonilir' 1 !' des mains ilr- l'auteur cl que s'arrête le nouveau este. Le chapitre IV devait contenir, après
trois autres sections sur' les' femmes, la p]>i| nii'lc i't la nixaiili:. Nous suppléons aillant que pnssilile ;'i cctli' malheureuse lacune
t'Ai,- [,1'iiniliL di' IHW. sur les l'emliies cl sur lu suckIl'' finuloiso el drui lique.
Nous terminerons par In dernière partie rie l'ancien teste : • Dé la Décadence. du druldisme, • qui était destinée ù former, après remaniement, les chapitres V et VI de l'œuvre actuelle: la ni* section de celle dernière partie eut fourni les éléments d'une conclusion intitulée : ■ De In Uenaissuncc de la Gaule. »
Les inspirations dont le druidîsme, en vertu de son propre principe, devait cire pénétre louchant les lémmcs, se trouvaient heureusement d'accord avec ic penchant naturel des mœurs chez les races du Nord. Dans ces climats plus retenus, îc règne de la chasteté protégeant davantage les femmes contre les passions qui, en donnant à leur corps la supériorité sur leur âme, les dégradent le plus profondément, rien ne saurait empêcher le juste équilibre des deux sexes de marclicr vers son établissement : c'est là que le type féminin semble appelé par la Providence à revêtir toute la grandeur dont il est susceptible, et il n'est pas possible qu'il s'y rende digne de la cunsidéralbu des hommes sons l'ohlenir. La différence dos forces physiques ne saurait l'aire obstacle, car, dans le Nord, la vivacité de la conception et du sentiment , plus développée cliez les lommos. leur assure un élément de compensa! bu sullisaul. L'expérience commune montre assez quelle autorité ne lardent pas à prendre les facultés de l'esprit, quel que soit le sexe, dans nue associalion de tous les jours. Il n'est besoin que de laisser les droits à eux-mêmes. C'est ce qui se voyait encore, aux temps de l'empire romain, chez les peuples de la Germanie , restés plus voisins de la spontanéité primitive que leurs frères de la Gaule. « Ils pensent, disait Tacite, qu'il y a dans le sexe féminin quelque chose de saint et d'inspiré, et ils ne méprisent ni ses
du mutinent . que le perfectionnement, du type féminin et de ses conditions, sociales, préparé par de si favorables disposition-, ion. il ■!>! <mui ■ ■-■■lu t. 1,1 y. n . I il. • ...il
contraires, lilies du Midi, n'étaient venues le déranger pour un temps. Il fallait peut-être qu'avant de mériter définitivement sa couronne, ce sexe généreux s'éprouvât dans les amertumes
■ I' I I I. ili-ri iriiln. Tll" , i l il li-, -.'..iltn , ru, II.- ni q I il
dut baisser la tète sous l'anathème qui lui attribuait la responsabilité de tous les maux qui affligent le genre humain. La reli-
gïnn même, dont In justice aurait dû être sou recours, l'accabla ; le mj'tlif du péché origine! devint le thème d'une condamnation
■ ■ - - - . I - ■ il- ■■h frit ■! \- I li-inm. . mm» ou
tribunal de Dieu; et cel arrêt, c\ue les mœurs brutales du Midi avaient seules dicte, devint In lui suprême dans Unis les pays du iiiiiii chrétien : ■ Ta concupiscence sera sur l'homme, cl il le dominera. >
Le retour à la Gaule ne serait doue pas inutile a la réhabilitation de ce sexe trop longtemps humilié, si la tradition n'était malheureusement plus effacée encore sur ee point que sur les autres. Les institutions de ce grand peuple , si informes à bien des égards qu'on les eût trouvées , auraient du moins marqué des iiriiicipes , et, n'y eût-on vu que des pressent imeuts, leur aulorilé en aurait t'ai! des guides précieux. Mais, bien (pi'il soit, impossible rie rentrer dans le détail des habitudes r'i des luis de
■<■■■> ■■• ■ | | ■ Ht I- II-
lités du paganisme et les réprobations do ['église, i|ue l'honnèlelé de notre sang l'epnusse pareillement. Aussi les moindres (rails mêrileut-ils d'èlre relevés. Ils sont, dans celle direction, notre seul moyen d'alliance avec nos pères, comme ces fragments d'architecture que l'on ramasse avec, tant de soin, Ion! mutilés qu'ils soient . parmi les déeombres de l'antiquité, alin (le. communiquer aux pins vastes ensembles la loi de leurs linéaments. Kt ce n'est pas seulement nuire peur liant naturel qui nous les recommande : ils conviennent à notre théologie préci-
>m-m-'iiI J- In in. m- -u qn.i « .-II-- \<-\ p.T.-. ...i mu
n'y introduit non plus mienne restriction sur !a terre à l'égalité des deux sexes, que consacre implicitement la loi commune de l'immortalité.
« Autant le mari reçoit d'argent rie réponse à titre de dot, rlii César, autant, estimation faite, il eu joint à celle dot de. son propre bien. Toute celle somme s'administre eonjninleuienl, cl l'on met en réserve les bénélices. Le survivant hérite à la l'ois de la double pari cl des bénélices '. ■ Quoique cette coinmu-