V. Eclaircissements : n° XIII ; Sun le muuage Gaulois
nnuté un comprit pas tous les biens, c'en était assez pour signifier en principe In justice et In solidarité qui doivent régner dans le mariage. Les Romains ne connaissaient rien qui fût à [n li>is si honorable et si intime ; car, liien que celle loi ne louchai qu'aux avances matériels, on sait assez que ceux-ci ne puraissonl jamais ihuis le druil qu'à la suite des autres. Partout l'état civil de la fommeesl la mesure de son élat moral. Eu Gaule, elle était réellement l'associée île l'époux. La femme, dit énergiquement la loi de Galles, sera selon la dignité de l'époux, du jonc où elle lui aura été accordée. » Aussi les anciens ne [rouvaianlils pas moins à admirer dans celle moitié de la nalion que dans l'autre. • Les femmes de In Gaule, dit Uiodore, ne rivalisent pas seulement aveu les hommes par la grandeur de leur taille : elles les égalent par les forces de l'âme. > C'est par ees Ibrees qu'elles avaient su faire reconnaître leur droit. Si l'action du mari élait prépondérante au dehors, lu leur l'était an dedans. La plupart des historiens l'uni un «■rime aux Gaulois de ce qu'ils
n elail-ce pas dire que, jusqu'à ce temps, I dans la main des mères? Ce, qui montre, aiavaient pour elles leurs époux et combiei
touchant de la délicatesse des rnieurs à eel égard, t 11 y a trois pudeurs de la femme, dit lé code : la première, quand son père, en sa -présence, dit qu'il l'a accordée au mari; la seconde, ijuand elle entre pour la première Ibis dans le lit du mari; la troisième, quand, au lever, elle parait pour la première fois devanl les hommes. Pour la première elle reçoit le don de l'amobyr; pour la seconde, le cowyll; pour In troisième, l'ugwcddi. * Kl ce qui suffit pour prouver In liante antiquité de celle institution, dont le contraste avec la licence des céréiuo-
Uft ESPRIT DE LA GAULE.
nies païennes est si frappant , p. 'est qu'nn !a retrouve chez les Germains. On peut croire aussi, ce qui n'importe pns moins à sa dignité, que la femme procédait au mariage avec une suffisante liberté. Elle élail primitivement mailresse de sa main nmme de son attachement. C'est ee qu'enseignait mie tradition
ne sa morale, en n ne pouvait manq jour où les Phoc
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t sa fille ; luqucl on avait invité le chef des ndaien! la décision de la jeune fille, . paraissant sur le seuil, avee la il parler pour elle, entraînée par irtime de l'étranger, elle avait tout
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7. les Gaulais d'Asie), il était inévitabli lation. Quelle est la jeune tille qui, l'agi ù regaixler autour d'elle , n'aurait seul
la vierge des Ségobrigesï
Il y a même lieu de penser que l'autorité des femmes s'élen- .1 hors du cercle domestique, nnn pas seulement, comme cz nous, par les libres influences de la conversation, mais par îles magistratures officielles. On sentait qu'il n'y avait pas icu de refuser une plaee régulière dans la société à des forces l'une nature spéciale, et qui, dans certains Milices, prennent me valeur incomparable. C'était surtout ù ce que nous appelecinns aujoiicd'lnii les travaux de la diplomatie qu'elles étaient appelées, et on le conçoit, puisque rien ne demande plus de I inesse d'esprit ri d'habileté dans le maniement des personnes que l'arl des licencia lions. Les États du Nord et de la Germanie n'étaient pas les seuls où l'on eût accordé aux femmes celle importance qui se témoigne si bien à la trace brillante iju'onl
DE L'ORDRK SOCIAL. 111 laissée dans riiistoîrc les Aurinia cl les Vclléila. La Gaule (lu Midi av.-iil h même ['niitimn'. qui . selon l'iuturquc. y i-emnnloil iiiix plus anciens temps i Avant d'avoir passé les Alpes, dit-il, et conquis la partie de l'Italie qu'ils habitent maintenant, les Celles, divisés par de grandes cl implacables discordes, étaient entrés en guerre civile, liais les lcimr.es, selunl avancées au milieu des armées. ]irirenl connaissance du différend cl le jiigorent avec, tant d'Équité et d'Iiabilelc, qu'une amitié admirable de Ions avec Ions prit naissance dans toutes les eilés et toutes les limiilles. C'est à cause de cela nue les Celles ont relenu la coutume d'employer les femmes dans les débats sur la paix et
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qui s'élèvenlentreenx et leurs allies. > Peut-être la laineuse légende des Sabines n'étail-ellc que la traduelion populaire de quelque alliance analogue, du temps où l'ilalie était eiicurc toute imprégnée de l'esprit des vieux Celtes Ombriens. Mais te qui n'était pour Ruine qu'un événement isolé, faisait pour la Gaule une tradition puissante. On voit même, par ce <|ue rapporte l'historien, que celait de la liante idée que les femmes avaient inspirée de leur capacité dans les négociations, qu'était née ia convention conclue entre les Carlhnginuis et les Gaulois, lors du passade d'Annilial en Italie, convention d'après laquelle les plaintes des étrangers devaient être portées à nu tribunal composé des femmes du pays. Ce <[uî montre en même temps que, dans ces contrées, les femmes n'étaient sans doute pas tout ù l'ail exclues de l'administration de la juslisc, puisque l'inslilutlun d'un tel tribunal suppose évidemment des précédents.
Bien que la participation à l'administration civile et même politique, dans certaines brandies et sous certaines formes dé-
féminine, le déni à cet é^iril n'est que seeiiiidaiiv cmqjai'.'il ive-
ment à celui qui pari de la religion. Le prcinier peut être considéré comme l'elTet d'une simple négligence, taudis que le second constitue une déclaration positive d'indignité. Hien ne témoigne enlrc les deux sexes une égalité plus essentielle que le privilège assigné à l'un des deux, à l'exclusion de l'autre, de servir d'iiileriuédiairo avec Dieu. L'un monte à volonté dans le
ksprit de la gaule.
ciel pour y puiser les prives dutil l'autre, sans tulle médiulinn virile, serait incapable ili' juuir. Ici, la différence n'est plus dans l'action sur In société, mais dans l'action sur l'infini. Kn principe, c'est un abiuic. I,a dis ton lance i|ui en résulte outre les deux types de l'être liumain esl si criante, ipie le moyen âge ne l'a sans cloute acceptée que sous la contrainte de ses deux dogmes capitaux, la chute par la séduction de la lia luit' féminine et la réhabilitation par l'iiiL'iiNialiim dans la nature masculine. Kl ranger à ces tbénries, le druiiiisme un pouvait être entraîné par la logique à la même conséquence. Il esl, il la vérilé, impossible, vu le défaut de monuments, de savoir au juste, quelle part il avait mile aux femmes dans le ministère sacré. Mais il sutlit d'èlrc assuré qu'elles en possédaient une considérable. Comme dans l'antique institution des pytlinnisscs et des sibylles, c'était ù des femmes qu'était attribué le droit des oracles, et la religion n'eu saurait concevoir de plus grand, puisqu'il forme une sorte de sacerdoce dont toutes les nia[iil'i'>lnliiiiis sou! censées surnaturelles. H existait en liretngne, clans les iles voisines dn continent .'(les monastère* de l'importance desquels un doit [n'endri' uni' idée d'autant plu* liante* (juc la renommée en débitait plus de merveilles. Celui de l'ile de Scna passait pour doué de puissances prodigieuses. > Il est célèbre, dit Mêla, par l'oracle du dieu de la Gaule ; on rapporte ([lie les prêtresses, sanctifiées par une virginité perpétuelle, y sont au nombre de neuf. Les Gaulois les nomment Se'nex, et ils croient qu'elles sont douées de vertus singulières, ijuïllos charment par leurs chants lu mer et les vents, qu'elles savent et qu'elles prédisent F avenir'. > On voit que le bruit publie commençait déjà à dmuier à ces prétresses la ligure des fées. Le nom de.Vwir, radical si caractéristique dans les langues anciennes, est manifestement l'analogue de celui de Sewmi, qui esl duuné aux druides sur le lias-relief do Paris. Vopiscus, parlant des prophélessrs gauloises que lit consulter Aurclien, emploie le nom de drttida, qui est encore plus clair, puisqu'il est exacleuient celui de druidesse. Il y avait donc une certaine