‹ L'ésprit de la GauleChapitre 19 sur 58 · Êdairciummli .* 11° XIV; Sun les nous dkSena et Diiuida · texte numérisé non relu

Êdairciummli .* 11° XIV; Sun les nous dkSena et Diiuida

en 1 1 no \ in 11 mire l'iiisiitulion féminine cl In masculine. Chez Ira laminerions lies rives île l'Euxin, et même, dans îles temps moins anciens, c-Ik-k les Gaulois de la droite du ftliiu, le» femmes avaient même possédé le droit suprême de la liturgie, celui du sacrilice liuiiiain. Sli.ilniii nous représente celle cérémonie terrible pratiquée dans le camp des Cimbros par des prêtresses. Mais on peut emire que, dans la Gaule, ce droit était touillé en désuétude ; à moins qu'il n'en l'aille voir une dernière trace dans ee que rapporte St ration, du sacriliiT que luisaient annuellement de l'une d'enlre elles les prélresses d'une ile de l'emhoue.liure de la Loire. Ne IVd-ee qu'une fable, ce serait toujours une preuve que, dans ['opinion générale, les pi rlressos possédaient en principe. Ic inéuie privilège que les prêtres. De ce que l'on voyait autant de saiiite.lédaris les femmes que dans les hommes, il était en effet convenable do penser que leur nature n'était pas moins agréable que l'autre à la divinité '.

Au surplus, il semble que l'on puisse entrevoir dans un seul trait toute l'histoire des fournies de la Gaule. (Juuud les épouses desCimbros reconnurenl que l épée romaine venait de les rendre veuves, elles dépêchèrent vers Marins en suppliantes, pour lui demander l'esclavage sous les vestales; à cr moment suprême, effrayées de la l'éroee iiupudieité des païens, elles se rappelaient, avec une dernière lueur d'espérance, que Home renfermait dans son sein un collège de femmes chastes et sacrées, sons le patronage desquelles il devait élre permis à des lèmines gauloises de se réfugier; el peut-être, en effet, en se réclamant de l'iiisiitulion de Numa, ces infortunées ne taisaient-elles que se tourner par un mouvement d'instinct vers une institution de leur sang, el en quelque sorte vers une lointaine parenté. Je ne vois rien de plus signilientit' que cotte noble supplique de Iniil un peuple de femmes prêt à mourir. Le dur lu l - iu .-I .. % i,ir,. - s im^uaniiifc - - ■-■ Lapèrent dans l'immortalité.

t. Êilairciummlt : 11° XV; Sun les femmes kn Gaui.k.

I)E Lk SOCIÉTÉ GAULOISE ET DRUIMQUR

L'ordonnance de la socirU'- druidique ne devait èlre qu'un reflet de la constitution idéale que l'on imaginait dans le ciel. De même que l'unité se trouvait représentée dans le monde supérieur pur le dieu souverain, de même léfait-cllo dans le inonde inférieur par le primat ; et, do même que les puissances célestes composaient une hiérarchie régulière par la distinction de leurs propriétés respectives, de même les im-iuhrcs de l'ordre terrestre, par leur ili^iosilioii tiiélliiM.]ii|ue selon les luis sacrées du ternaire. Peut-Cire est-il permis de penser (pie la grande doctrine, de la préexistence n'avait pas été non plus sans influence sur le sentiment de justice qui avait porté les druides à suhsliiuer l'aristocratie naturelle à celle des castes. Dès que l'on reconnaît que la distribution des innéités qui distinguent les hommes dès leur Apparition sur la terre n'est point l'effet de l'arbitraire, il devient en effet conséquent, suivant les impulsions de la même loi, tic procurer à charnu, sans arbitraire, los conditions convenables ou droit de sa nature. De ce qu'il y a justice dans les naissances, il suit qu'il y ait justice dans les fonctions. C'est Dieu qui donne l'exemple. On ne peut dune s'empêcher de regretter que la société druidique ne se fit! pas

publique cl la justice; les bardes pour la prédiction et les arts ; les ovales pour le culte, pour la science, pour tous les rapports

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des lois et du chef de l'État. Les actions si essentielles et si nombreuses par lesquelles s'assurent l'aisance et la liberté de la vie, ne seraient donc point demeurées en dehors de toute discipline; l'administratiini générale de I agriculture et de l'industrie se serait coordonné!', et toute la population, dans son activité matérielle comme dans sa religion, aurait pris place sous les lois de la justice.

Put'zod bi Ci

DE L'ORDRE SOCIAL. U5 ' Un tel idéal sortait si naturellement du fond du druidisme qu'il n'est pas impossible qu'il se, fût présente aux aspiralions de plus d'un penseur. Du sein de leurs paisibles retraites, compatissant à la misère des peuples et à la violence des factions, les théologiens devaient rêver volontiers la paix cl l'harmonie, et ils les entrevoyaient peut-être dans l'avenir, sans en être toutefois assez doués par eux-mêmes pour obliger les hommes à y souscrire. Formée graduellement au milieu d'un étal social préexistant , l'inslitulinn druidique n'avait pu se proposer dès l'origine des vues si vastes; et la sociélé, issue de l'ordre patriarcal, (levait en conserver longtemps et l'empreinte et les conséquences. D'ailleurs, un tel ordre ne renfermait rien, en principe, qui fût absolument condamnable. Que chaque homme ait son champ, qu'il y entretienne sa famille ; qu'il soit en relations particulières avec ses voisins et ses proches; qu'il élise de concert avec eux un juge pour la paix; un chef pour la guerre; que, nourri par une instruction commune, il participe à l'unité de la nation par l'unité des sentiments et du langage, il semble qu'il n'y ait rien à demander de plus convenable, et que, sur ce premier fond, on puisse abandonner sans danger les familles au libre développement de leurs postérités. C'est ce qui avait dû nécessairement s'offrir à la religion dans un temps où les mœurs étaient simples et la terre vacante, et c'est ce qui reparait toutes les fois que les populations reviennent en quelque sorte à leur condition primitive par leur installation sur un territoire neuf. Aussi la manière dont ou voit l'organisation civile considérée dans la descendance d'Abraham , lors de sa réintégration dans le Chanaan , donne- t-cllc tres-hien l'idée de celte orgruiUntbii dans les commencements du druidisme. On se contrôle île faire le dénombrement des hommes capables de porter les armes, c'est-à-dirr dis létes do Hmiille, et de leur partager la propriété du sol par cercles de parenté. ■ Le Seigneur, est-il écrit dans les Nombres, parla à Moïse eu disant : Que la terre leur soit partagée en propriétés suivant le nombre des noms. A un plus grand nombre donne une plus grande part, à un moindre une plus petite; qu'à chacun d'eux, selon leur présent recensement, soit atlribuée une possession, de

façon que le sort partage la terre aux parentés et aux families. » C'esl également ce qui avait eu lieu ehez les tribus île la Germanie, si voisines à tant d'égards de leurs sieurs de ce eôté du Rhin. Seulement, en revenant tous les ans au partage des terres, elles ramenaient sans cesse les mœurs à leur point de départ , fournissant ainsi, dans leur perpétuelle jeunesse, le type social que la Gaule avait dù présenter égalemenl autrefois; c'est -à-dire qu'assise sur la jouissance d'uni' étendue sullisauie de lerrituire, foule existence y avait indépendance et dignité, tuais nui s'achetaient aux dépens de toute richesse sociale et de tout progrès, (jnniil o l ins! ilul ion politique, lotit Gaulois était primitivement. 'ippelé àl'éleeliou des chefs déliant, et. quelles que fussent les distinctions depuis introduites, ces! un droit qui l.'m..i t ;iijil t«l .1- 1. ,'iihH li.rid'ifii. -I. I- lit-.

Mais il s'en fallait que l'ordre social eùl conservé chez les Gaulois celle équité primitive. L'mégulilé des biens avait Uni par le pervertir depuis que la majorité de la nation se trouvait dépossédée de tout héritage. Loin que la hiérarchie druidique représentai le modèle destiné à s'incorporer graduellement loule I: lion, elle était comme lixée et encadrée,

entre la noblesse, el la plèbe, et réduite à composer, selon les lois du ternaire, un système régulier avec ces deux produils de la corruption. Qu'étaient devenues l'indépendance et la diguilé dans les lumillrs de l,-i troisième classe de la société? César nous le dit d'un mol. ■ La plèbe, n'osant rien par elle-même el n'étant consultée sur rien, est à peu près dans une condition d'esclavage. * Avec un si bel ordre religieux, la (iaule n'en était donc pas moins tombée dans un désordre civil si cruel, que son élat ne différait presque eu rien de celui qui, né pareillement tic l'abus des institutions primitives de la Germanie, désola si longtemps le moyen fige sous le nom de féodalité. Aux yeux de la philosophie, e est le même lood. Conséquence fatale de principes appuyés sur mie habitude invétérée, il parait

quand un voil qu'il a fallu au clui-lioni-mr dk-huil siècles pour commencer a relever l'homme de celle dégénérescence de ses droits. Pour l'éviter, il n'y aurait eu que deux voies : ou le pur-

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DE L'ORDRE SOCIAL. UT lage annuel des lei'res, ce i|ui était l'empêchement de toute grandeur imliislrii-lk' rl agricole ; ou le concert méthodique des travaux, ce qui, à moins d'une communion morale dont le drnidisme ne possédait pas le principe, n'eût clé que la substitution d'une tyrannie régulière à une tyrannie déréglée; et, pour si peu de différence, n'eût-ce pas été trop do peine?

L'ordre politique avait nécessairement dû se ressentir de eclte décomposition de l'ordre civil. La masse des citoyens n'avait pu entrer en domesticité sans que la démocratie tombât, car, en se donnant des maîtres, clic s'était nalurellement donné des représentants. Aussi le peuple étail-il désormais réduit à vivre au gré de l'aristocratie, en dehors do l'État, sans aucune influence sur la création des lois et des pouvoirs publics. Toutefois, le principe républicain était si profondément implanté dans le génie de la (iaule, que celui de la royauté ne put en Iriniiqibei''. Il ne prit guère place dans la nation que par l'étranger. Seulement, quand l'indépendance personnelle fut devenue un privilège, l'élection des magistrats, au lieu de se faire à l'unanimité, selon la coutume des premiers temps, ne s'opéra plus que par l'intermédiaire de la minorité, C'est un changement que Slnibnn consacre en deux mots. ■ La plupart des États de la (iaule, dil-il, étaient des aristocraties ; plus anciennement, la mult itude y élisait tous les ans un hégémon et un chef de guerre. . Les formes de la nomination, ainsi que les attributions de ces chefs de républiques, pouvaient varier d'un Étal à l'autre, et même dans chaque État , selon les circonstances, mais l'investit hit pur suffrages libres en constituai! partout le principe. Jusque dans la corruption de la démocratie, le principe républicain subsistait donc. La souveraineté était un fonds inaliénable que la cite gardait, el dont elle était continuel lement appelée à faire usage par de nouvelles élections. Nul ne commandait que par délégation spéciale, pour un temps, avec responsabilité, saur le cas d'usurpations assez fréquentes, mais châtiées par des réactions qui punissaient l'usurpateur par le supplice du feu. On peut même croire que le droit politique,

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